Salaire minimum: une hausse insuffisante pour vivre décemment

Des organismes de la Mauricie et du Centre-du-Québec... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Des organismes de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont manifesté afin de réclamer au gouvernement une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La hausse de 0,50 $ qui a porté le salaire minimum à 11,25 $ l'heure, le 1er mai, ne réjouit pas grand monde, semble-t-il.

À l'occasion de la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, une coalition d'organismes des milieux communautaire, syndical et étudiant du Centre-du-Québec et de la Mauricie a en effet bravé la pluie et le froid afin de manifester au sujet de cette faible hausse et de demander au gouvernement du Québec de prendre des mesures concrètes pour assurer des conditions de travail décentes aux travailleurs qui gagnent le salaire minimum.

Selon le milieu syndical, le salaire minimum devrait être plutôt de 15 $ l'heure pour permettre aux travailleurs de combler leurs besoins de base comme se loger, se nourrir et s'habiller tout en dégageant une faible marge de manoeuvre pour faire face aux imprévus et s'accorder un peu de loisirs.

Paul Lavergne, président du Conseil central CSN du Coeur-du-Québec, indique que la question du salaire minimum touche environ 25 % de la population au Québec. Or, «à l'heure actuelle, avec l'augmentation qu'il y a, une personne qui travaillerait 40 heures par semaine, 50 semaines par année, fait 22 500 $, ce qui est sous le seuil de la pauvreté», dit-il.

Ce dernier indique que hausser le salaire minimum, c'est stimuler l'économie locale et régionale. «Les gens à bas salaire ne vont pas mettre ça dans des abris fiscaux. Ils vont dépenser localement», plaide-t-il.

François Melançon de l'Association des groupes d'éducation populaire autonome de Centre-du-Québec indique qu'une étude a été faite par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques «qui montre que pour sortir de la pauvreté et avoir un minimum décent pour pouvoir vivre et avoir la tête au-dessus de l'eau, ça prend autour de 15 $ ou 15,10 $ si l'on fait une moyenne au Québec», dit-il.

«Les travailleurs à faible revenu, ce sont en majorité des femmes», indique Marie-Line Audet, porte-parole du mouvement communautaire au sein de la Coalition interrégionale. Ces femmes travaillent dans des métiers traditionnellement occupés par des femmes «et c'est souvent dans ces milieux-là que le salaire est le plus bas», dit-elle.

Le rehaussement du salaire minimum est «un moyen de lutter contre la pauvreté». C'est aussi un moyen d'assurer de la stabilité dans les groupes communautaires qui aident les personnes en situation de pauvreté, explique-t-elle.

Coralie Sarrazin, représentante des étudiants de la Mauricie et du Centre-du-Québec, indique que «60 % des étudiants sont aussi des travailleurs à plein temps et beaucoup d'étudiants sont payés au salaire minimum», dit-elle. Avec un salaire minimum de 15 $ l'heure, ces derniers «pourraient consacrer moins d'heures au travail et davantage aux études» tout en réduisant leur niveau d'endettement.

Joanne Blais, la directrice de la Table de concertation des femmes de la Mauricie indique que la région est l'une des pires au Québec «quand on parle du revenu annuel moyen. Les femmes sont sous la moyenne du Québec et plus de 50 % des femmes ont moins de 20 000 $ par année, en ce moment, dans notre région», dit-elle, à cause de la situation économique et des nombreuses pertes d'emplois bien rémunérés issus des usines de papier, par exemple.

Des gens vont s'opposer à l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure en raison des pertes d'emplois que cela occasionnerait, indique M. Lavergne, un discours que tiennent certains économistes, dit-il. «Mais le salaire minimum a déjà été à 4 $ l'heure et aujourd'hui, il est rendu à 11 $. Or, ça n'a pas détruit le Québec», fait-il valoir.

Les manifestants ont fait valoir, lundi, qu'il n'est pas normal que des travailleurs à plein temps au salaire minimum aient à recourir aux banques alimentaires.




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