Attaque frontale contre le Haut Saint-Maurice

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.... (Audrey Tremblay)

Agrandir

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Audrey Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) L'industrie du bois d'oeuvre va devoir encaisser un autre dur coup. Les exportations canadiennes de bois d'oeuvre vers les États-Unis seront frappées par des droits compensatoires qui avoisinent les 20 %.

La situation est très inquiétante selon le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, mais elle aurait pu être encore plus dramatique selon ses dires. Il dénonce la situation qu'il qualifie d'attaque frontale contre le Haut Saint-Maurice.

«Ce n'est pas une surprise», lance d'entrée de jeu le maire de La Tuque.

«C'est évident que c'est choquant de se faire imposer un 20 % absolument pour rien, mais je pense qu'on va être capable de passer à travers ça. Les États-Unis ont besoin de notre bois», ajoute-t-il.

Normand Beaudoin soutient que la frappe des États-Unis aurait pu être bien pire pour l'industrie forestière.

«C'est mieux de ne pas en avoir du tout, mais on s'attendait à peu près à 40 %. On va continuer de défendre notre point quand même. On va avoir des rencontres dans les prochains jours pour déterminer les actions qu'on va prendre», a souligné le maire de La Tuque.

Ce dernier n'a pas manqué de déplorer que les États-Unis pourraient imposer ces droits de manière rétroactive.

«Ce n'est vraiment pas correct de faire ça. Ce n'est pas ce qu'ils avaient mentionné», affirme le maire Beaudoin.

Québec a déjà mentionné être prêt à aider l'industrie dès l'imposition des droits compensatoires sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre. Le maire de La Tuque espère que des actions seront prises rapidement.

«M. Couillard a dit qu'il allait agir immédiatement, pas dans un mois ou dans une semaine, le lendemain. On a hâte de voir ça.» 

Normand Beaudoin va également continuer de mettre de la pression pour que le gouvernement fédéral agisse dans le dossier.

«Il est urgent que monsieur Trudeau fasse entendre raison à son homologue américain et annonce des mesures pour atténuer les impacts de ces droits compensatoires pour les familles de La Tuque et des quelque 220 autres municipalités dont les emplois et les revenus dépendent du secteur forestier», a ajouté le maire.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a aussi dénoncé la situation. L'UMQ presse Ottawa de donner suite à la demande des partenaires forestiers du Québec d'accorder des garanties de prêts aux entreprises qui subiront les contrecoups, alors que l'impact financier pourrait dépasser les 200 millions $ pour l'industrie québécoise. L'UMQ assure qu'elle défendra les intérêts des régions forestières face à ce nouveau conflit commercial sur le bois d'oeuvre.

Plusieurs entreprises de la Haute-Mauricie seront touchées par ces droits compensatoires. Le maire pense toutefois qu'elles devraient être en mesure de s'en sortir.

«Après la grève à Rivière-aux-Rats, ils ont parlé d'investissements. Ces investissements-là vont certainement leur permettre de minimiser leurs coûts de production qui vont compenser pour les droits compensatoires», note M. Beaudoin.

«Les usines qui sont proches de la forêt comme Rivière-aux-Rats ou l'usine de Parent qui est en plein milieu de la forêt sont des usines pour lesquelles ce sera plus facile de s'en sortir. C'est définitif que 20 % c'est vraiment désolant, mais ce n'est pas draconien comme 40 %», a-t-il poursuivi.

La Ville de La Tuque va également faire des efforts pour tenter d'aider les industries forestières sur son territoire «dans la mesure du possible».

«On va essayer d'aider l'industrie forestière selon nos moyens que ce soit avec le Service de développement économique et forestier ou d'autres façons. On l'a déjà fait à Parent...», mentionne le maire Beaudoin.

Chez Produit forestier Résolu (PFR), qui devra payer 12,82 % en droits compensatoires, on préfère attendre d'analyser et d'évaluer l'ensemble de la situation avant de chiffrer ou de commenter les impacts que ces droits auront sur l'entreprise. On rappelle qu'une décision sur les droits antidumping pourrait aussi avoir des impacts. On espère chez PFR que les gouvernements vont se mobiliser pour faire les pressions nécessaires pour que les droits compensatoires puissent disparaître.

Le président du Syndicat des travailleurs de Rivière-aux-Rats, Herman Martel, est également à l'affût de la situation.

«Selon les médias, c'est aux alentours de 13 %. Malgré le malheur ce n'est pas si pire pour nous autres. Par contre, on aimerait certainement mieux ne pas en avoir. [...] C'est inquiétant, mais ce qui est encourageant c'est que chez PFM (Produit forestier Mauricie) il y a des investissements», a-t-il commenté.

M. Martel a d'ailleurs interpellé à ce sujet le premier ministre Philippe Couillard lors de son récent passage à La Tuque.

«J'espère que le gouvernement va faire quelque chose autant pour les entreprises que pour les travailleurs. À la grandeur du Québec, il va y avoir des usines qui vont être touchées et des travailleurs vont perdre leur emploi. Ça prend des mesures concrètes [...] M. Couillard a été rassurant. Il a fait savoir qu'il serait là dès le jour un», note Herman Martel.

La Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice (CCIHSM) s'inquiète également de la situation et promet d'être présente pour ses membres.

«La chambre, comme tous les autres acteurs économiques, est préoccupée par la situation et en suit l'évolution. Nous serons prêts à soutenir nos membres, que ce soit de façon individuelle ou en interpellant l'alliance des chambres ou la Fédération», a lancé la présidente de la CCIHSM, Mélanie Ricard.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer