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La route est longue pour le recrutement en technologies de l'information

Un débat fort intéressant sur le recrutement et... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Un débat fort intéressant sur le recrutement et la rétention de main-d'oeuvre dans les technologies de l'information, mardi matin au DigiHub. De gauche à droite: Marie-Claude Brûlé (SANA), Mario Dauphinais (Groupe SFP), Jean-François Léveillé (Collège Shawinigan), Luc Loiselle (CGI) et Chantal Trépanier (SIM-Cognibox).

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Autant la croissance d'entreprises telles que CGI et SIM-Cognibox apportent-elles des opportunités d'emplois dans la région, autant le recrutement de programmeurs et de développeurs demeure pénible, malgré les outils et les initiatives déployés au cours des dernières années.

La Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan avait réuni cinq invités pour échanger sur ce problème récurrent, tôt mardi matin, au DigiHub. Une cinquantaine de personnes ont répondu à cette invitation.

Le constat de base n'étonne personne, le défi de recrutement dans les technologies de l'information demeure colossal en Mauricie. Pour y remédier, il faut attirer la main-d'oeuvre spécialisée, trouver des stratégies pour la retenir et développer des compétences très tôt dans le parcours scolaire des jeunes. Le milieu est sensibilisé à toutes ces réalités, mais visiblement, il reste des efforts à faire pour rencontrer les besoins des entreprises.

Mario Dauphinais, vice-président et associé au Groupe SFP, a lancé les discussions avec un constat brutal.

«Ça fait trente ans que je travaille en recrutement», raconte-t-il. «Essentiellement, ça prend aujourd'hui le double de temps à recruter des gens. Si on va dans les technologies de l'information, c'est encore plus long.»

Luc Loiselle, directeur, services-conseils, Centre de livraison global chez CGI Shawinigan, indique que tout près de 150 personnes travaillent maintenant sur la 5e Rue de la Pointe. En peu de temps, il est parvenu à identifier les défis à surmonter et ils ne se régleront pas en quelques années.

«En blague, je dis que certains programmes devraient fermer ou être contingentés pour en enligner davantage en techno», fait-elle remarquer. «Comme système d'éducation, on continue de produire des étudiants qui n'ont pas d'avenir, dans des programmes qui n'ont pas d'avenir, alors qu'il y a tellement d'emplois en TI! Ce n'est pas assez connu.»

Le Collège Shawinigan se démène pour attirer les jeunes en techniques de l'informatique. L'institution offre aussi deux attestations d'études collégiales, soit Programmation d'applications mobiles et Spécialiste en qualité logicielle, pour répondre encore plus rapidement aux besoins des entreprises de la région.

«En 2009-2010, nous avions 19 étudiants au DEC en informatique et il n'y avait aucune activité en TI en formation continue», rappelle Jean-François Léveillé, directeur adjoint des études au service de formation continue. «Aujourd'hui, si on combine le nombre d'étudiants au DEC et aux deux programmes d'AEC, nous en avons 95. Des entreprises ont donné le goût. Il y a déjà un travail d'amorcé et il faut le continuer.»

Problème toujours insoluble, l'intérêt des femmes pour cet univers. Chez SIM-Cognibox, Mme Trépanier mentionne que deux des trente développeurs ou programmeurs sont de sexe féminin. Chez CGI, M. Loiselle ne croit pas en dénombrer plus de 15 %.

«Au DEC en informatique, nous n'en avons à peu près pas», convient M. Léveillé. «Dans les AEC, nous en avons deux ou trois par cohorte. Ce n'est pas seulement un problème local. L'intérêt des filles dans les sciences est plus porté vers des domaines plus classiques et universitaires, beaucoup moins dans les technologies de l'information.»

Que recherchent-ils?

Marie-Claude Brûlé, coordonnatrice du Service d'aide aux nouveaux arrivants de Shawinigan, se retrouve sur la première ligne pour vendre sa ville aux immigrants. Depuis deux ans, mine de rien, 155 personnes de 28 nationalités sont débarquées au Centre-de-la-Mauricie. CGI est devenu un employeur de choix pour eux.

Lorsqu'elles arrivent d'un autre pays, ces personnes aiment être accompagnées pour trouver un quartier qui répond à leurs attentes, une garderie, une école, du transport en commun. Mme Trépanier fait également remarquer que des ressources comme une école alternative ou un centre de la petite enfance tout près du travail produisent un effet.

«Il faut aussi s'assurer que les gens aient les deux pieds à Shawinigan», illustre M. Loiselle. «Si l'un des conjoints ne travaille pas ici, l'autre va retourner dans son milieu.»

Le dirigeant de CGI ajoute que l'immigration représente une option, mais pas l'unique solution.

«Je ne peux pas croire qu'en Mauricie, on ne sera pas capable de trouver nos juniors et nos intermédiaires», souffle-t-il. 

De leur côté, les entreprises doivent créer un milieu de travail dynamique, avec des horaires flexibles et des activités sociales originales.

«Chez nous, il y a de la bière et du vin pour tout le monde le vendredi après-midi!», signale Mme Trépanier. «On parle de ce qui s'est passé, de nos bons coups. Ce n'est pas rien qu'en TI: dans n'importe quel domaine, un employeur plate, ça ne marche pas.»

«La rétention est très importante», renchérit M. Loiselle. «Avec les LinkedIn de ce monde, les gens sont ultra sollicités. Dans le monde des TI, à la minute où les gens s'ennuient, ils quittent.»




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