Unifor à Trois-Rivières: crises importantes pour une même région

Deux dossiers chauds attendaient le directeur québécois d'Unifor,... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Deux dossiers chauds attendaient le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, lors de son passage à Trois-Rivières, soit la grève chez Delastek et le litige du bois d'oeuvre.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Poursuivant leur tournée du Québec pour y rencontrer les sections locales, les dirigeants du syndicat Unifor ont profité de leur passage à Trois-Rivières lundi pour traiter des deux grands dossiers chauds en région: la grève chez Delastek et le conflit sur le bois d'oeuvre.

Dans le premier cas, Unifor a rappelé son intention de maintenir la pression sur les donneurs d'ouvrage comme Bombardier pour provoquer la fin de cette grève qui dure maintenant depuis deux ans à Shawinigan.

«Qu'on m'explique comment il se fait que Bombardier installe des pièces qui seraient supposément en recherche et développement sur les appareils CSeries qui sont pourtant en production? Ça n'a pas de sens. Cet appareil est en phase production, il n'est plus en recherche et développement. Les mécaniciens posent les pièces fabriquées par des scabs», a lancé le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné.

Selon lui, un maximum de cinq personnes était en recherche et développement avant le conflit alors que maintenant, «il y a plus d'une vingtaine de travailleurs à ce département». «À la lumière de ces données, ça nous semble évident que des scabs font notre travail en plus de ceux que le tribunal a déjà reconnus», affirme-t-il.

À son avis, les grands donneurs d'ouvrage doivent cesser d'encourager une entreprise «qui ne respecte pas les lois au Québec». «Nous avons parcouru les salons d'affaires en aéronautique au cours des derniers mois afin de sensibiliser les clients potentiels et actuels de Delastek à ce conflit de travail. Nous sommes à organiser d'autres actions pour l'avenir», a fait savoir le porte-parole syndical.

Celui-ci a indiqué que des discussions avaient eu lieu avec le gouvernement pour trouver une façon de relancer les négociations.

«On arrive à une étape cruciale. C'est un bien triste anniversaire. À mon point de vue, ce conflit est assez insoluble par l'intransigeance de l'employeur. Ça n'a aucun sens qu'on ne puisse pas départager ce qui est du travail de recherche et développement et à quel moment ça doit passer en production. Il va falloir trouver vraiment un mécanisme pour qu'un arbitre tranche ce différend», poursuit M. Gagné. 

Pour le syndicat, ce conflit illustre de manière flagrante le déséquilibre qui existe dans le rapport de force «puisque l'entreprise Delastek continue de produire comme si de rien n'était alors que cinquante travailleurs sont à la rue».

«Personne n'est heureux d'être en conflit. On va soutenir nos membres qui mènent un combat important. Nous défendons la portée de notre accréditation syndicale», renchérit-il.

En ce qui concerne le conflit sur le bois d'oeuvre, Unifor a exprimé sa déception quant au peu de mesures prévues dans les budgets fédéral et québécois pour contrer les répercussions de la crise appréhendée.

«Ce qui nous préoccupe, c'est d'avoir une taxe de 40 % dès le 24 avril, rétroactive de 90 jours. Ça prend un soutien financier aux entreprises. À défaut, les premiers touchés seront les travailleurs forestiers. C'est assez dramatique», prédit-il, disant craindre l'effet domino sur l'approvisionnement des usines et l'impact dans des communautés comme Parent. 

Le syndicat demande donc des mesures spécifiques pour aider les industries à survivre pendant la crise ainsi qu'un programme de soutien pour les travailleurs.

«La pire chose qui puisse arriver est que les travailleurs quittent les régions, il sera à peu près impossible de repartir des usines par la suite puisqu'il n'y aura plus de main-d'oeuvre qualifiée », a expliqué Renaud Gagné.

Mise en place d'un programme spécial d'assurance-emploi pour les travailleuses et travailleurs qui seraient affectés, accès à un programme de soutien pour les entreprises concernées, incitatifs fiscaux et autres pour l'utilisation du bois dans la construction, exigences à utiliser le bois dans les travaux d'infrastructure lorsque c'est possible, programmes de soutien à la diversification de la production en soutenant les conversions d'usines, campagne de promotion du régime forestier québécois: voilà autant de demandes qui seront soumises au premier ministre Justin Trudeau.

«Il est minuit moins cinq, nos élus doivent prendre conscience des impacts dévastateurs que ce conflit engendrera. Au Québec, cette industrie représente près de 60 000 emplois et l'économie de 135 municipalités dépend exclusivement de la forêt. Avec un chiffre d'affaires de 15 milliards, la foresterie est l'un des plus importants secteurs industriels, c'est majeur», a-t-il conclu, tout en avouant que la lutte s'annonce longue.




À lire aussi

  • Delastek parmi les doléances

    Affaires

    Delastek parmi les doléances

    En marge de la tenue du Conseil québécois d'Unifor qui se déroule du 3 au 5 mai, les 300 déléguées et délégués attendus défileront jeudi dans les... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer