Junex: mise au point du Comité vigilance hydrocarbures

Le porte-parole du Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières,... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le porte-parole du Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières, Marc Brullemans.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

À la suite d'un article selon lequel Junex aurait abandonné la moitié de ses permis de recherche pétrolière et gazière au Québec l'an dernier, le Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières (CVHTR) a voulu remettre les pendules à l'heure.

Selon son porte-parole, Marc Brullemans, on peut établir «assez clairement» que l'entreprise québécoise n'a plutôt abandonné que le tiers de ses propriétés depuis cinq ans. «Dire que Junex a abandonné la moitié de ses permis l'année dernière me semble exagéré», affirme-t-il.

En 2011, sur les 453 permis en vigueur et couvrant 80 733 km2, Junex en détenait 112 couvrant une superficie totale de 20 685 km2.

«Sur ce plan, Junex est le principal joueur au Québec puisque le quart de la superficie de prospection au Québec lui appartenait. Il s'agit de droits immobiliers, rappelons-le. Si Junex abandonne 6700 km2, cela donne 32 % des propriétés détenues en 2011», explique le représentant du CVHTR. 

Or, dit-il, si l'on prend 2009, «l'année de gloire des gazières», c'est 109 permis que détient Junex couvrant 20 075 km2. «Donc, 6700/20 075 = 33 %. Pour 2012, Junex détenait 19 875 km2, ce qui fait que la proportion de permis abandonnés serait de 34 %», fait-il remarquer.

Selon lui, il faut établir de bons points de référence lorsque l'on donne des pourcentages. «Or, dans le cas de l'article en question, rien n'indique l'année de référence. Est-ce 2015? Et pourquoi prendrait-on 2015 puisque les dates d'échéance sont réparties tout au long d'un cycle de cinq ans?», se demande M. Brullemans.

Quant à l'information selon laquelle Junex aurait aussi largué des propriétés en milieu urbain à Trois-Rivières, le porte-parole du Comité fait la démonstration que la superficie libérée de la ville n'est que 9,7 %, soit 28,1 km2

«Junex a laissé tomber un sous-sol avec du shale sous la partie la plus populeuse de Trois-Rivières. Bref, Junex n'a pas délaissé Trois-Rivières, c'est plutôt que les temps sont durs chez Junex et que forer dans un tissu urbain aussi dense que celui de l'ancienne ville de Trois-Rivières n'a pas de sens», soutient M. Brullemans.

Résultat? Plus de 90 % du territoire trifluvien est dans la mire des gazières ou pétrolières, à son avis. «À plusieurs reprises, les membres du Comité ont alerté la Ville sur la Loi des hydrocarbures présentée le 7 juin dernier. Nous avons maintenant l'assurance, malheureusement, d'avoir eu raison», souligne-t-il.

Celui-ci a rappelé que la Loi, adoptée sous bâillon le 10 décembre, fut rendue publique le 14 mars dernier.

«On voit ici que l'UMQ et la FQM se sont fait jouer un tour. Les municipalités sous permis ne peuvent exclure des zones au domaine pétrolier ou gazier. Plus de 90 % de la Ville de Trois-Rivières peut donc être forée et fracturée, schéma d'aménagement rénové ou pas.

Il fut même entendu en chambre par le ministre Arcand que cela peut se faire (la fracturation ayant lieu à l'étape d'exploration) sans même qu'un BAPE ne soit possible. Plus incroyable encore, il semblerait, selon la partie gouvernementale, que les compagnies pourront renouveler sans fin les permis déjà existants avec l'ancien tarif de 10 cents l'hectare», rapporte M. Brullemans.

Heureusement, dit-il, «la campagne de dérogation au règlement sur l'eau d'Heurtel fonctionne à plein et l'opposition à la fracturation et à la Loi sur les hydrocarbures grandit de jour en jour».

«Autochtones, agriculteurs, citoyens informés, élus municipaux, de plus en plus de personnes fourbissent les armes. On ne se fera pas forer», a conclu celui pour qui Junex tente de calmer la grogne citoyenne qui gronde à la suite de l'adoption de la loi 106 «qui déroule le tapis rouge aux compagnies gazières et pétrolières».




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