Avec ou sans chalets?

Josée Castonguay et Jean-Luc Bellemare, propriétaires du Camping... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Josée Castonguay et Jean-Luc Bellemare, propriétaires du Camping lac Bellemare, et leurs enfants, Kevin, Marc-Antoine et Cynthia , également impliqués dans l'entreprise, devant le premier chalet construit par les promoteurs, sans autorisation. - Photo: Sylvain Mayer

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Les propriétaires du Camping lac Bellemare, à Saint-Mathieu-du-Parc, veulent intégrer 13 chalets locatifs sur leur site, sauf qu'ils rencontrent une opposition de certains résidents qui redoutent les conséquences de ce nouveau développement sur leur qualité de vie.

Le conseil municipal tente d'arbitrer le différend, mais le maire, Claude McManus, assure que la volonté de procéder à une modification au zonage pour permettre ces nouvelles constructions sera confirmée à la séance régulière du 3 avril.

Le Camping lac Bellemare avait été inauguré en 2012. Des citoyens du secteur se sont opposés de toutes leurs forces à la réalisation de ce projet, tenant à conserver ce milieu naturel.

Jean-Luc Bellemare et Josée Castonguay ont persévéré et finalement, une centaine d'espaces ont été développés, dont une quarantaine pour des roulottes.

Conformément à leur plan présenté à la Municipalité en 2010, les propriétaires souhaitent maintenant intégrer des chalets locatifs à leur offre. Étant donné que le zonage actuel ne le permet pas, des démarches ont été entreprises l'automne dernier pour ajouter des usages.

«La définition d'un camping comprend des tentes, des roulottes, mais pas des chalets», souligne le maire, Claude McManus. «C'est un élément additionnel et pour le permettre, il faut que ce soit accepté par la population.»

L'évolution du dossier laisse présager que des citoyens exigeront une demande d'approbation référendaire après l'adoption du deuxième projet de règlement, même si des échanges se poursuivent entre la Municipalité, l'Association des propriétaires des lacs Bellemare et Bill et les promoteurs pour trouver un terrain d'entente.

«Nous allons maintenir le projet initial, celui qui permettra d'avoir des chalets à cet endroit», confirme le maire. «Nous allons adopter le deuxième projet de règlement et après, on verra si les gens veulent. S'ils demandent un référendum, le conseil municipal aura à décider si on y va ou pas.»

Confiance

Les propriétaires du camping n'en reviennent pas des courbettes auxquelles ils doivent s'astreindre pour réaliser un projet qui avait été annoncé noir sur blanc. 

Dans la dernière version de la lettre d'entente qui circule avec l'association, on leur demande d'«ajouter des conifères et des espèces d'arbres à croissance rapide de manière aléatoire dans la pente» entre le lac et un plateau. On exige également de prohiber les lumières des roulottes après le couvre-feu. Mme Castonguay se demande en quoi ces exigences riment avec l'ajout de 13 chalets.

«C'est illogique», déplore-t-elle. «Ne pas vouloir de lumières après les roulottes! Pour nos assurances, les gens n'ont pas le choix d'en avoir.»

M. Bellemare déplore qu'à l'automne 2015, il avait demandé un permis pour la construction de chalets et selon sa compréhension, il n'existait aucun problème de zonage à ce moment.

Il estime à près de 15 000 $ les frais engendrés pour les services d'un arpenteur et d'un ingénieur par la suite, avant d'apprendre que finalement, la présence de chalets exigerait une modification au zonage. «À qui peut-on faire confiance?», se demande-t-il.

Sur ce point, M. McManus doute fortement qu'une telle autorisation ait été donnée. Dans son esprit, il a toujours été clair que la construction de chalets n'était pas autorisée avec le zonage actuel.

À bout de patience, l'homme d'affaires a décidé d'entreprendre tout de même la construction d'un premier chalet, l'automne dernier. Sans permis, ce qui, convient-il, a été mal perçu par des citoyens.

---Si le projet rencontre trop de résistance, il réservera un autre usage à cette construction. Par contre, il promet qu'il ajouterait alors des roulottes, ce que lui permet le zonage actuel. Il croit qu'il pourrait en additionner une centaine près du lac.

«En plus, ce serait payant», fait-il remarquer. «Le bord de l'eau est toujours attirant.»

M. McManus fait remarquer que la lettre d'entente prévoit aussi que les propriétaires du camping s'engagent à ne pas aménager d'emplacements supplémentaires de camping sur le même plateau, correspondant à la troisième phase de développement, s'ils peuvent construire leurs 13 chalets.

«Ils pourraient faire 200 terrains de camping là-dedans et personne ne pourrait les arrêter», croit le maire. «On dit aux citoyens qu'il y aurait des chalets, mais sans 200 terrains de plus. C'est un avantage, surtout que les chalets ne sont pas tous sur le bord du lac.»

«Le projet n'est pas mauvais», ajoute M. McManus. «Nous avons confiance aux propriétaires, mais c'est sûr qu'en commençant la construction d'un chalet sans permis, ça n'aide pas. Règle générale, ils ont toujours été collaborateurs.»

Du côté de l'Association des propriétaires des lacs Bellemare et Bill, le président, Réjean Tremblay, préfère se tenir loin de la controverse pendant cette négociation. Il représente une trentaine de membres. «Il y a eu des désaccords, mais nous essayons de trouver un terrain d'entente», résume-t-il.




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