L'UPA veut faire partie de la solution

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La Fédération de l'Union des producteurs agricoles de la Mauricie estime qu'il faudra faire coopérer tous les intervenants et non juste pénaliser les agriculteurs, pour arriver à redonner la santé au lac Saint-Pierre.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Fédération de l'Union des producteurs agricoles de la Mauricie estime qu'il faudra faire coopérer tous les intervenants et non juste pénaliser les agriculteurs, pour arriver à redonner la santé au lac Saint-Pierre. «On veut faire partie de la solution», assure néanmoins le président de la FUPAM, Jean-Marie Giguère.

Les producteurs, dit-il, sont prêts à intervenir. Pour cela, il leur faudra toutefois non seulement de l'appui financier, mais aussi de l'expertise pour les soutenir, dit-il.

M. Giguère réagissait à la déclaration des maires riverains du lac Saint-Pierre qui ont lancé, jeudi, un appel à l'action et à la concertation dans ce dossier au terme d'une rencontre convoquée par les maires de Trois-Rivières et de Sorel-Tracy, mardi dernier, dans le cadre des travaux de la Table de concertation régionale du lac Saint-Pierre.

M. Giguère rappelle que les producteurs collaborent depuis longtemps à améliorer l'environnement et à minimiser les impacts de leurs interventions sur les écosystèmes.

Il cite l'exemple de la technique du semis direct qui a été adoptée par plusieurs et rappelle que depuis 25 ans, les terres inondables et cultivables situées sur les rives du lac Saint-Pierre ont été mises à la disposition de programmes de réhabilitation de la faune, notamment de l'oie blanche dont le cheptel est passé de 250 000 à 900 000 grâce à la coopération des agriculteurs.

Le côté pervers de cette affaire, c'est que ces mêmes oies blanches picorent sur de vastes étendues «et créent l'affaissement des bandes riveraines», signale de son côté le président de l'UPA du Centre-du-Québec, Daniel Abel.

Ce dernier indique que les agriculteurs deviennent une cible trop facile, dans le dossier du lac Saint-Pierre et assure qu'ils n'accepteront pas de faire seuls les frais des efforts qu'il faudra faire pour régler le problème de la qualité du fleuve.

Il y a une trentaine d'années, rappelle-t-il, alors que le milieu agricole n'était pas suivi d'aussi près et n'était pas sous le coup d'autant de restrictions qu'aujourd'hui, le lac Saint-Pierre ne vivait pas les problèmes environnementaux dramatiques qui affligent de nos jours son écosystème aquatique.

C'était une période, rappelle Daniel Abel, où il y avait encore des coups d'eau, le printemps, ce qui nettoyait les sédiments. Les sédiments qui empêchent le libre égouttement de l'eau du nord vers le fleuve étaient enlevés aussi par le gouvernement, mais plus aujourd'hui, explique-t-il. Cela a pour effet de créer de vastes zones d'eau morte où les poissons n'arrivent plus à frayer.

Les ponceaux et les embouchures de rivières ne sont plus libérés des sédiments accumulés. «Les façons de faire ont changé», explique-t-il, avec les résultats qu'on connaît maintenant.

Jean-Marie Giguère croit qu'il ne faut pas simplifier le problème en pensant que tous les maux du lac Saint-Pierre proviennent des agriculteurs. «On n'a qu'à penser aux déversements des eaux usées de la Ville de Montréal», illustre-t-il.

Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, rappelle d'ailleurs que les municipalités ont aussi leur rôle à jouer pour protéger le fleuve et se réjouit d'ailleurs que les «acteurs dans ce dossier se mobilisent».

Les constructions, les routes, les eaux usées municipales et bien d'autres dossiers font aussi partie d'éléments qui affectent le lac Saint-Pierre et qui doivent être gérés de manière à faire partie de la solution, estime-t-il.

M. Plante comprend mal pourquoi les maires ont fait une sortie publique pour dire que les ministères concernés par cette problématique ne sont pas au rendez-vous. «Ils sont pourtant partie prenante de la TCR. Ils étaient là lorsque le rapport a été fait. Les fonctionnaires siègent sur ce comité», fait-il valoir.

M. Giguère et M. Abel estiment tous deux que pour trouver des solutions du côté agricole, les terres devront devenir un peu des laboratoires ou des bancs d'essai. Pour cela, dit-il, «il faut que des crédits soient alloués. On veut que de l'argent soit alloué pour le littoral du lac Saint-Pierre», insiste M. Giguère. Le député Plante indique que les demandes ont été acheminées. «Ce n'est pas non et ce n'est pas oui. Ça chemine», dit-il.

Les deux fédérations régionales de l'UPA se sont rencontrées à Nicolet, mercredi soir, dans ce dossier et se sont dotées d'un plan d'action qui sera porté à l'attention de son palier provincial sous peu.

Les producteurs veulent conserver leurs terres et y faire pousser des productions rentables, indique M. Giguère. Comment y arriver sans pénaliser les producteurs agricoles?

«Personne n'a encore la réponse», estime M. Abel en ajoutant qu'il faudra des années pour arriver à ce que toutes les parties, dans ce dossier, incluant le lac Saint-Pierre, y trouvent leur compte. La question est maintenant la suivante, combien d'années encore le lac Saint-Pierre peut-il endurer ce que ses nombreux usagers lui infligent?




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