Revenu: la région en bas du palmarès

En Mauricie et au Centre-du-Québec, le revenu disponible... (François Gervais)

Agrandir

En Mauricie et au Centre-du-Québec, le revenu disponible par habitant est parmi les plus faibles du Québec.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le Québec a continué d'être en queue de peloton en 2015 en ce qui a trait au revenu disponible par habitant, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), mais d'après des données préliminaires, le portrait s'annonce plus encourageant pour 2016.

Si la croissance réelle du revenu disponible par habitant s'est établie à 1,9 pour cent en 2015 au Québec - alors qu'elle n'avait été que de 0,4 pour cent en 2014 - la province ne se classe qu'au 11e rang, sur un total de 13, à l'échelle nationale. Seuls le Yukon et l'Alberta ont moins bien fait, avec des croissances respectives de 1,4 et 1,1 pour cent.

En dollars courants, le revenu des Québécois a été de 26 857 $, un montant inférieur d'environ 5800 $ à la moyenne canadienne. Cette performance est bonne pour le dernier rang, derrière l'Île-du-Prince-Édouard, à 27 280 $. Depuis 2010, ces deux provinces occupent le bas du classement, note l'ISQ.

Autant en Mauricie qu'au Centre-du-Québec, le revenu disponible par habitant en dollars courants a été inférieur à la moyenne provinciale pendant cette période. Il a été de 24 477 $ en Maurice et de 24 888 $ au Centre-du-Québec. Les deux régions se classent respectivement au 14e et 13e rang au palmarès provincial.

En Mauricie, c'est du côté de La Tuque que ce revenu était le plus bas avec 22 236 $, tandis que c'est à Trois-Rivières qu'il était le plus élevé avec 25 355 $. Au Centre-du-Québec, Bécancour est arrivée en tête de lice avec 25 092 $ alors que la MRC de l'Érable a fermé la marche à 23 887 $.

C'est la Capitale-Nationale qui, pour une troisième année consécutive, affiche le revenu par habitant le plus élevé, à 28 279 $, suivie respectivement par la Montérégie ainsi que les Laurentides. Montréal occupe le quatrième rang.

À l'inverse, avec un revenu par habitant disponible de 24 085 $, le Nord-du-Québec occupe la 17e et dernière place du classement québécois.

«Le Canada affiche une meilleure performance en ce qui a trait aux revenus de locations et de revenus nets découlant de la propriété, explique Stéphane Ladouceur, analyste en statistiques économiques régionales à l'ISQ. Au Québec, la rémunération des salariés augmente à la même vitesse que le reste du pays. Le Canada fait toutefois meilleure figure pour d'autres indicateurs.»

En excluant les transferts gouvernementaux comme les prestations d'assurance-emploi, les crédits d'impôt remboursables ou l'aide sociale, l'écart entre le Québec et le Canada aurait été encore plus grand, indique l'agence québécoise de statistiques.

En 2015, les Québécois ont reçu en moyenne 1055 $ de plus en transferts que le reste des Canadiens. Au total, les citoyens québécois ont reçu plus de 51 milliards $ en transferts en 2015. Cette augmentation de 5,2 pour cent est principalement attribuable à la bonification de la prestation universelle pour la garde d'enfants.

De plus, l'ISQ note que le bassin de la population en âge de travailler se rétrécit plus rapidement au Québec par rapport à la moyenne nationale, ce qui pèse sur la croissance des revenus.

Entre 2005 et 2015, le poids démographique des personnes âgées entre 15 et 64 ans a fléchi de 2,7 points de pourcentage pour s'établir à environ 67 pour cent, alors que dans le reste du Canada, le repli a été de 1,1 pour cent, à 68 pour cent. 

«Je trouve que c'est le facteur le plus pertinent pour expliquer la sous-performance du Québec dans les dernières années, a expliqué l'économiste principale au Mouvement Desjardins, Hélène Bégin. Le choc démographique est déjà à l'oeuvre au Québec. Avec moins de gens en âge de travailler, les revenus tirés des salaires vont inévitablement reculer.»

Néanmoins, d'après des données préliminaires, l'année 2016 s'annonce bien meilleure, notamment grâce à la performance du marché de l'emploi, qui a dépassé les attentes avec la création de quelque 36 000 postes.

Pour les trois premiers trimestres de 2016, la croissance des salaires, en dollars constants, était de 3,4 pour cent au Québec, a indiqué M. Ladouceur. Le revenu disponible par habitant s'établit ainsi à 27 670 $.

L'économiste principale chez Desjardins qualifie de «revirement» la dernière année, mais elle prévient qu'il y a tout de même loin de la coupe aux lèvres.

«On ne pourra pas effacer le recul des 10 dernières années, qui ont été plus difficiles, avec une seule bonne année», prévient Mme Bégin.

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer