Soie d'Amérique: une plante qui commence à faire des petits

Le président de la Coopérative Monark, Daniel Allard,... (François Gervais)

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Le président de la Coopérative Monark, Daniel Allard, a animé ce tout premier Symposium international de la Soie d'Amérique.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «C'est une plante incroyable qui pousse comme du chiendent au Canada. L'asclépiade produit une fibre d'une douceur incomparable qui tient chaud sur les glaciers de l'Everest et peut dépolluer les océans... Un ingénieur québécois a redécouvert ce qui était au XVIIe siècle, à la cour de France, l'étoffe des rois. Et va ouvrir une nouvelle «route de la soie» qui sillonnera l'Amérique du Nord du Québec jusqu'au Mexique».

Cet extrait d'un article du Paris Match, publié en décembre dernier, démontre à quel point l'année 2016 aura été la consécration médiatique de la filière Soie d'Amérique.Et l'ascension de l'Everest par Jean-François Tardif avec le tout premier vêtement isolé d'asclépiade aura aussi contribué à l'effervescence de l'intérêt du public pour cette même filière.

D'ailleurs, cet alpiniste amateur était l'un des conférenciers au tout premier Symposium international de la Soie d'Amérique qui réunissait vendredi plus de 150 participants à l'Auberge Godefroy de Bécancour. 

«C'est avec l'objectif de mettre nos montres à la même heure que la Coopérative Monark a organisé cet important rendez-vous», a expliqué son président, Daniel Allard, visiblement fier d'avoir attiré des représentants de toute l'Amérique du Nord.

L'animateur de la journée a rappelé que l'aventure de la Soie d'Amérique avait pris son envol il y a cinq ans. 

«Aux pionniers de la première année se sont joints d'audacieux agriculteurs et agricultrices, plus de 100 entreprises agricoles du Québec, du Vermont et bientôt des provinces maritimes, de l'Ontario ainsi que d'autres états américains. En plus de leur sens de l'innovation, tous ces producteurs ont en commun leur situation géographique sur la route de migration du papillon grand monarque, emblème de notre regroupement coopératif», a-t-il lancé.

Selon lui, ces hommes et ces femmes ont su s'entourer de professionnels, «bien sûr, agronomes, ingénieurs», mais aussi de biologistes, d'entomologistes, de techniciens spécialisés et de «patenteux patentés», qui permettront, dit-il, d'ajouter aujourd'hui la profession de «soyerculteur» à la liste des spécialités agricoles.

«Ce premier symposium est l'occasion de faire le point ensemble sur nos réalisations qui ont permis d'importantes avancées technologiques. C'est aussi et surtout un moment privilégié pour souligner les acquis et de bien identifier les défis les plus pressants qui nous restent à surmonter», décrit M. Allard.

D'ailleurs, tout au long de la journée, les experts de cette production ont fait part de leurs travaux déjà effectués et à venir «pour sécuriser nos mises en culture et nos récoltes et préparer leur expansion».

Plusieurs aspects écologiques indispensables au succès de cette nouvelle production ont été également mis de l'avant.

Des spécialistes passionnés ont partagé leurs connaissances dans la gestion des opérations nécessaires à la culture du soyer dont la pollinisation des fleurs et le souci de protection des insectes accompagnant naturellement les asclépiades indigènes incluant le papillon monarque.

Mais pour Daniel Allard, cette nouvelle culture écologique ne saurait exister sans y attacher une logique économique. 

«La Filière agro-industrielle de la soie d'Amérique existe aujourd'hui grâce à la vision des protagonistes du volet industriel qui feront l'étalage des marchés déjà identifiés et ceux à venir», a-t-il indiqué en guise d'introduction au Symposium, avant de laisser la parole à un chercheur de l'Illinois, Winthrop Phippen.

À son avis, «c'est l'existence d'un marché prometteur qui a initié les premiers essais de mise en culture».

«L'audace et l'enthousiasme de François Simard ont convaincu d'abord un petit groupe de pionniers à s'engager dans un projet de prime abord contre nature. Aujourd'hui, le développement des applications et la réceptivité du marché nous obligent à accélérer nos plans de développement des cultures», poursuit l'agriculteur de Sainte-Thècle.

«Même si nous bénéficions des premières ébauches d'une régie de culture plus sécuritaire qu'au départ, nous devons continuer à chercher des moyens pour accroître la connaissance de la plante, de son environnement de prédilection et appliquer avec rigueur ces connaissances pour approvisionner de façon prévisible et récurrente le marché international des produits de base de soie d'Amérique», a-t-il conclu.

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