Salaire minimum: une hausse «insuffisante»

La question du salaire minimum à 15 $ l'heure... (La Presse)

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La question du salaire minimum à 15 $ l'heure a beaucoup fait jaser l'automne dernier. Différentes manifestations, comme celle-ci à Montréal, ont eu lieu un peu partout au Québec.

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Jonathan Filion
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Carrefour d'aide aux non-syndiqué-es (CANOS) de Trois-Rivières juge insuffisante l'augmentation progressive du salaire minimum d'ici 2020, annoncée jeudi par la ministre du Travail Dominique Vien, pour sortir les travailleurs au salaire minimum de la pauvreté.

Cette hausse débutera par une augmentation de 0,50 $ du salaire minimum le 1er mai prochain. Mme Vien a annoncé qu'après la hausse de cette année, le gouvernement prévoit des augmentations de 0,50 $ en 2018, de 0,35 $ en 2019 et de 0,35 $ en 2020.

Le CANOS dénonce le manque de volonté gouvernementale pour sortir les travailleurs de la pauvreté, d'autant plus que les augmentations annoncées pour les prochaines années sont de l'ordre des prévisions et non un engagement. Le gouvernement pourrait donc décider de ne pas procéder aux augmentations annoncées.

«Ce sont encore les contribuables qui feront les frais de l'exploitation salariale des travailleurs au salaire minimum, puisque le ministre Leitão préfère créer un environnement d'affaires compétitif pour les entreprises, en réduisant les taxes sur la masse salariale des entreprises, par exemple, plutôt que de sortir près d'un demi-million de travailleurs de la pauvreté en leur offrant un salaire décent», affirme Marie-Josée Magny, porte-parole du CANOS, par voie de communiqué.

Selon le CANOS, les commerces payant leurs employés au salaire minimum deviennent de plus en plus inaccessibles aux travailleurs en raison d'un revenu insuffisant. «Ils n'ont plus les moyens de se payer autre chose que des produits de base et essentiels, et cela s'il ne survient aucun imprévu», conclut Mme Magny.

Jeudi, la ministre a également annoncé une progression du taux horaire des salariés au pourboire, qui passera de 9,20 $ à 9,45 $.

Malgré les appels pour porter graduellement le salaire minimum à 15 $, afin de lutter contre la pauvreté, Mme Vien a lié cet objectif à la progression du salaire moyen.

«Moi, mon analyse ce matin, c'est qu'on ne va pas à 15 $ maintenant, on ne va pas à 15 $ la semaine prochaine, a-t-elle dit. On va être à 15 $ quand le salaire moyen au Québec sera à 30 $.»

Le chef péquiste Jean-François Lisée a affirmé que le gouvernement a pris sa décision après avoir subi les pressions de l'opposition et des syndicats pour hausser la salaire à 15 $ l'heure d'ici 2022.

«Je salue positivement cette décision, mais monter à 12,45 $ en 2020, ça pourrait être un peu accéléré», a-t-il dit.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, a exprimé sa déception que le gouvernement renonce à fixer plus rapidement l'atteinte du seuil de 15 $.

«Avec cette annonce qui est faite aujourd'hui, pour atteindre le 15 $ il faudra atteindre 2027. On est loin du compte», a-t-elle dit.

Selon Mme Chabot, le taux de 50 pour cent du salaire moyen aurait pu être annoncé dès aujourd'hui.

Avec La Presse canadienne

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