Finances personnelles: les pièges et les défis de l'année

Pour plusieurs d'entre nous, l'amorce d'une nouvelle année évoque la mise en... (La Presse)

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Gary Frost

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur.

Pour plusieurs d'entre nous, l'amorce d'une nouvelle année évoque la mise en oeuvre des grands classiques du palmarès perpétuel des résolutions du Nouvel An: perdre du poids, se remettre en forme, adopter un mode de vie plus sain, cesser de fumer, etc. À ce registre des bonnes idées, il y en a une qui s'imposera peut-être d'elle-même pour bon nombre de ménages en ces lendemains de veille du temps des Fêtes: la reprise du contrôle de ses finances personnelles. Vaste programme difficile à circonscrire et qui, devant la complexité des enjeux et solutions possibles, présente des traits quasi ésotériques pour le non initié.

Malgré tout, il demeure que, globalement, le principal dénominateur commun au chapitre des finances personnelles concerne le recours plus ou moins immodéré au crédit à la consommation. Dans la même veine, la solution à des situations d'endettement excessif ou le redressement de situations financières précaires ne saurait faire l'économie d'un budget bien établi et bien suivi. 

Cartes de crédit: vigilance requise

L'usage de la carte de crédit est un outil de paiement privilégié par un grand nombre de consommateurs. Un outil des plus pratiques certes, mais qui recèle des périls importants pour qui n'y prend garde. Par exemple, plusieurs consommateurs croient, à tort, qu'en effectuant mensuellement le paiement du minimum requis indiqué dans leur état de compte, ils évitent de payer des intérêts. Or, il n'en est rien. Lorsque le taux de crédit d'une carte se situe par exemple à 18 %, comme c'est souvent le cas, le paiement minimum est largement insuffisant pour couvrir les intérêts. 

Paiement minimum: 20 ans pour rembourser 1000 $?

Dans ces conditions par exemple, le consommateur dont le solde de carte de crédit est de 1000 $ et qui se limite à ne payer mensuellement que le minimum requis de 2 % mettra près de 20 ans à  rembourser sa dette (!!). À ce rythme, et à condition qu'aucun autre achat ne soit porté au compte le consommateur aura, au terme de cette période de remboursement de 20 ans, acquitté près de 2000 $ en frais d'intérêt seulement. 

Prêt de dépannage sur Internet: prudence

Besoin d'un petit coup de pouce pour affronter les premières nécessités pressantes? Depuis quelque temps, l'offre de petits prêts de dépannage, généralement entre 500 $ à 1500 $ a littéralement envahi l'univers des médias sociaux. Les prêteurs y font miroiter des solutions faciles et séduisantes pour les consommateurs en difficulté comme le versement du prêt au compte bancaire du consommateur dans les 24 heures sans étude du dossier de crédit. 

Avenue séduisante certes, mais qui commande néanmoins aux intéressés de bien s'informer avant de s'y engager.  Dans ce secteur d'activité, il n'est pas rare que les taux de crédit effectifs qui sont exigés à l'emprunteur soient de l'ordre de 200 %, 300 % et plus alors que le taux d'intérêt annoncé est de 30 % ou 32%!

Quant aux modalités de remboursement, il faut savoir que ces prêts de dépannage comportent des délais de remboursement très courts et si la situation financière du consommateur ne s'est pas améliorée entre-temps, cette avenue peut l'entraîner dans une spirale désavantageuse.  

Faire un budget: pour reprendre le contrôle  

Tous les planificateurs financiers et autres experts en gestion des finances personnelles s'évertuent à nous inciter à faire un budget. Pour ceux que l'exercice rebute, il faut savoir que plusieurs outils existent pour aider les consommateurs. Le site Tout bien calculé (toutbiencalcule.ca), un portail mis sur pied par des associations de consommateurs du Québec, est un bon exemple. On y explique entre autres comment et pourquoi faire un budget. On donne aussi accès à des applications mobiles, des logiciels, des guides et des outils de budget en ligne. 

Et si vous ne vous sentez pas à l'aise de vous lancer seul dans cette voie, vous pouvez demander de l'aide aux Associations coopératives d'économie familiales (ACEF) qui offrent gratuitement des services de consultation budgétaires. Les ACEF se retrouvent un peu partout au Québec, elles s'y connaissent en matière de finances personnelles et elles peuvent aider à faire votre budget, en plus de vous conseiller pour régler vos problèmes financiers. Plusieurs d'entre elles comptent autour de 50 ans d'existence. Leur expertise repose donc sur une solide expérience en la matière.

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur

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