Que faire pour retenir les consommateurs?

Stéphane Daoust, propriétaire du nouveau Café Le Filozen,... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Stéphane Daoust, propriétaire du nouveau Café Le Filozen, sur l'avenue de Grand-Mère.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À une période de l'année où l'avidité des consommateurs atteint son paroxysme, les commerçants locaux s'attendent à voir leurs ventes exploser.

Pour certains d'entre eux, décembre se terminera plutôt sur une note frustrante à l'idée de savoir que de nombreux clients potentiels auront préféré garnir les caisses enregistreuses des bannières connues des grandes villes plutôt que de franchir leur porte.

Comment intéresser les gens à un commerce local, qui ne dispose souvent pas des moyens ou des outils de promotion pour envahir l'esprit du consommateur?

Voilà un sujet redondant qui a néanmoins été débattu avec passion jeudi matin au Café le Filozen, une nouvelle adresse du secteur Grand-Mère qui souhaite devenir un rendez-vous pour échanger sur divers enjeux de société, en particulier ceux qui touchent cette ancienne gloire industrielle qui a vu son tissu commercial piquer du nez depuis quelques décennies.

L'activité était organisée dans le cadre de la journée d'ouverture officielle du café, propriété de Stéphane Daoust. Dès 9 h, Claudine Drolet, responsable des communications et des événements à la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, animait une discussion sur le riche passé industriel de Grand-Mère dominé par l'ex-usine Laurentide et les perspectives d'avenir du secteur. 

Une dizaine de personnes étaient rassemblées pour participer aux échanges, qui ont bifurqué vers l'achat local. Évidemment, quand les grandes usines cessent leur exploitation, les commerçants souffrent, certains ferment leurs portes et incitent alors les consommateurs à changer leurs habitudes. Il ne s'agit évidemment que d'un début d'explication qui en vaut bien d'autres.

Stéphane Duchesneau, propriétaire de Grand-Mère Nature et de Choco Impact, a particulièrement stimulé la discussion sur l'achat local. Pour la survie commerciale du secteur, il demeure impératif d'augmenter la conscience sociale des consommateurs sur l'importance de leurs choix, selon lui.

Les campagnes de promotion traditionnelles ne suffisent plus. Il prétend qu'il faut regarder chaque personne dans les yeux et la prendre par la main pour lui faire découvrir les petits trésors qui se cachent dans les centres-villes. Un travail de marathonien, on s'en doute.

En fait, le défi de convaincre la population d'acheter localement semble sans fin, avec une kyrielle d'initiatives couronnées de plus ou moins de succès au fil des années. Malgré tout, M. Duchesneau souhaite ajouter une brique en 2017.

«Je veux démarrer quelque chose, un outil pour inciter les gens à acheter localement», annonce-t-il. «Il faut partir un noyau de gens convaincus. Ce sera un début pour travailler sur la conscience du monde. Les gens doivent sentir que le geste qu'ils posent est bénéfique pour leur communauté.»

Cette rencontre permettait également de jaser un peu de politique municipale, ce dont André Grosleau, un habitué des séances publiques à l'hôtel de ville de Shawinigan, ne s'est pas privé. Il est notamment revenu avec son idée de ligue de citoyens à partir d'une représentation de chaque secteur. Présent au rendez-vous, le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, en a sûrement pris bonne note.

Les échanges se sont ainsi étendus sur deux heures, au plus grand plaisir de M. Daoust qui souhaite faire du Café Filozen un rendez-vous pour les assemblées de cuisine. Animées ou pas, il compte voir ces discussions se multiplier en cette année électorale, qui provoque habituellement davantage de débats dans le secteur Grand-Mère que n'importe où ailleurs à Shawinigan.

«J'aimerais qu'on devienne un carrefour de contenu», image celui qui estime recevoir environ 150 clients par jour depuis son ouverture, au début octobre. «On veut accueillir les gens qui ont besoin de se regrouper, de parler et de partager.»

M. Daoust a déjà testé la température de l'eau pour se lancer comme conseiller municipal. L'idée ne lui traverse pas l'esprit pour le prochain rendez-vous du 5 novembre.

«Je peux avoir autant d'impact sur le mouvement social avec mon café qu'en étant politicien», fait-il remarquer.

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