Bois d'oeuvre: Normand Beaudoin inquiet

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Le dossier du bois d'oeuvre revêt une importance capitale pour la Mauricie.

La Presse

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(La Tuque) Le maire de La Tuque a eu la chance récemment de s'entretenir avec le négociateur en chef pour le Québec dans le cadre des négociations entre le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre, Raymond Chrétien. Normand Beaudoin a profité de cette rencontre pour le sensibiliser aux impacts qu'un conflit pourrait avoir dans la région, particulièrement à La Tuque.

Cette rencontre s'est tenue dans le cadre d'une réunion de travail du Comité sur la forêt de l'Union de municipalités du Québec (UMQ). Les membres présents ont sensibilisé M. Chrétien aux impacts néfastes d'un nouveau conflit commercial sur le bois d'oeuvre pour l'économie des régions forestières et de l'ensemble du Québec.

«La surenchère protectionniste qui a caractérisé les débats lors de la campagne présidentielle américaine laisse présager le pire pour le secteur forestier, non seulement dans la région de la Mauricie, mais aussi dans l'ensemble du Québec.

Alors que les négociations d'un nouvel accord sur le bois d'oeuvre se trouvent dans une impasse, il est impératif que le premier ministre du Canada et le président élu des États-Unis se rencontrent rapidement et concluent une entente de principe sur le bois d'oeuvre qui respecte les particularités forestières du Québec», a déclaré Normand Beaudoin.

Le maire de La Tuque a réitéré à M. Chrétien l'importance du secteur forestier en Haute-Mauricie où l'industrie forestière est le principal moteur économique et le principal employeur de la région. 

«J'ai fait valoir mes points de vue [...] Une bonne partie de la Ville de La Tuque et de la Mauricie au complet dépend de la forêt, alors c'est certain que ce qui va arriver va affecter la région», a-t-il souligné.

Normand Beaudoin semble quand même positif quant à l'avenir. Pour lui, les entreprises doivent se moderniser pour être plus performantes.

«La remarque que j'ai faite aussi, c'est que les compagnies forestières devraient investir dans leur équipement. Cela ferait en sorte qu'elles seraient plus productives. D'être plus productif pourrait couper les coûts de production et compenser les droits supplémentaires que les États-Unis ont l'intention d'imposer. [...] C'est dans les mains de M. Chrétien. Il en fera bien ce qu'il en veut dans ses recommandations», a commenté le maire.

Ce dernier n'a pas manqué de souligner à titre d'exemple les investissements que Produits forestiers Résolu souhaite faire à la scierie de Rivière-aux-Rats.

Par ailleurs, ce qui fait le plus peur au maire de La Tuque, c'est qu'on veuille imposer des quotas d'exportation. Cela aurait des répercussions dramatiques selon lui. «Des quotas, tu ne peux pas jouer avec ça. Ce serait très difficile», a mentionné Normand Beaudoin.

Les membres du Comité sur la forêt de l'UMQ ont aussi souligné à M. Chrétien que le Québec a fait ses devoirs et s'est doté en 2013 d'un régime forestier qui répond adéquatement aux règles d'un libre marché demandé par les Américains. Selon le comité, il s'avère essentiel que le gouvernement fédéral priorise, dans le cadre des négociations d'un nouvel accord, une exemption pour le Québec.

L'UMQ en mode solution

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a joint sa voix, mardi, au gouvernement du Québec afin qu'Ottawa soutienne financièrement l'industrie forestière québécoise. On estime que l'industrie aura besoin d'aide pour supporter «le choc tarifaire éventuel découlant du nouveau conflit commercial Canada-États-Unis sur le bois d'oeuvre». L'UMQ assure qu'elle ne ménage aucun effort dans ce dossier suivi de très près par son Comité sur la forêt.

«L'UMQ est prête, comme elle le démontre aujourd'hui, à travailler avec l'ensemble des partenaires pour trouver des solutions au conflit commercial Canada-États-Unis sur le bois d'oeuvre qui soient adaptées aux réalités forestières du Québec. Ce qui est en jeu, c'est l'économie de plus de 220 municipalités qui génère plus de 60 000 emplois directs sur l'ensemble du territoire québécois, et cela tant en milieu rural qu'urbain», a déclaré le maire de Saint-Félicien et membre du Comité sur la forêt de l'UMQ, Gilles Potvin. 

Rappelons également que, vendredi dernier, les membres du conseil d'administration de l'UMQ ont adopté à l'unanimité une résolution demandant au gouvernement du Canada de reconnaître les efforts réalisés par les communautés forestières du Québec dans la mise en oeuvre d'un nouveau 

régime répondant aux règles du libre-marché. L'UMQ rencontrera d'ailleurs à ce sujet la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, au cours des prochaines semaines.

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