Amenez-en, des vieux frigos!

David Heurtel, ministre de l'Environnement, a visité les... (Stéphane Lessard)

Agrandir

David Heurtel, ministre de l'Environnement, a visité les installations de PureShera en compagnie du président de l'entreprise, Jean Shoiry.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Grâce à un investissement de plusieurs millions de dollars, l'entreprise PureSphera pourra bientôt détruire les halocarbures compris dans les électroménagers frigorifiques qu'elle décontamine à son usine de Bécancour.

Cette entreprise existe depuis 2008, mais a aménagé à Bécancour il y a quelques mois. Tout ce qui est vieux frigo, climatiseur ou congélateur peut être acheminé à cette usine afin d'être démonté et vidé de son contenu toxique.

«Ici, on extrait les halocarbures et on les met dans des cylindres qui sont ensuite détruits aux États-Unis. Avec notre projet, on va investir quatre millions de dollars pour notre deuxième volet pour être capable de détruire ici les halocarbures. On sera la première installation au monde à faire tout ça sous le même toit», raconte Jean Shoiry, président de la compagnie.

Quinze personnes travaillent à l'usine de Bécancour. L'ajout de cette étape devrait permettre l'embauche de 55 personnes d'ici décembre 2017. Des ingénieurs, mais aussi des électrotechniciens et des manoeuvres seront embauchés.

L'entreprise a reçu une bonne nouvelle du gouvernement du Québec. Par le biais du programme ÉcoPerformance, Québec verse une subvention de cinq millions de dollars à PureSphera. 

La subvention aide l'entreprise dans sa volonté de récupérer les gaz du système de réfrigération et des agents de gonflement utilisés pour la mousse isolante contenue dans ces appareils. L'aide servira aussi à l'implantation des procédés pour la destruction des halocarbures.

Selon David Heurtel, le ministre de l'Environnement, les activités de PureSphera correspondent parfaitement aux objectifs visés par le gouvernement du Québec.

«PureSphera a développé une façon de faire qui lutte contre les changements climatiques et permet de créer des emplois. C'est ce qui va permettre au Québec de gagner la course des technologies vertes», déclare M. Heurtel, tout en soulignant que le marché du carbone récompense les entreprises qui développent de nouvelles technologies.

Le marché du carbone est la base sur laquelle repose le modèle d'affaires de PureSphera. L'entreprise est la seule en Amérique du Nord à convertir ses activités d'extraction et de destruction de chrolofluorocarbures (CFC) de la mousse isolante des frigos en crédits compensatoires. D'ailleurs, le ministre Heurtel a révélé que PureSphera a complété l'an dernier une vente de deux millions de dollars de crédits compensatoires à Gaz Métro.

L'ajout de l'étape de la destruction des gaz est comprise dans un projet global d'investissement de 17 millions de dollars. Ce plan comprend les fonctions de recyclage, de décontamination et de maximisation des pièces des anciens appareils électroménagers. Le fer, le plastique et le cuivre utilisés pour fabriquer des appareils réfrigérants sont récoltés pour servir dans d'autres activités.

«D'ici 2020, on peut générer un million de tonnes de réduction des gaz à effet de serre», observe M. Shoiry.

Un million de tonnes de gaz à effet de serre par année équivaut au retrait de 280 000 voitures des routes.

Une capacité de 170 000 appareils

PureSphera traite actuellement entre 2000 et 5000 appareils froids chaque mois. L'objectif de la compagnie est de recevoir entre 10 000 et 15 000 appareils par mois, car la capacité de l'usine est d'environ 170 000 unités par année.

«Il se vend 400 000 appareils froids par année au Québec, note M. Shoiry. Plus de 200 000 sont envoyés chaque année au rebut.»

Le président de l'entreprise compte parvenir à cet objectif en espérant la mise en place d'un règlement gouvernemental sur la récupération et la valorisation des produits par les entreprises. Cette mesure impliquerait l'imposition de frais servant à la disposition écoresponsable de ces articles.

«Ça existe déjà pour les pneus, pour les huiles», rappelle M. Shoiry, qui a hâte d'entendre une annonce.

Questionné à ce sujet, M. Heurtel n'a rien confirmé. Ce projet fait toutefois partie du plan d'action gouvernemental 2013-2020 sur les changements climatiques.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer