Bon Vendredi fou... responsable

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En magasin ou en ligne, les commerces déploient des stratégies et de la psychologie pour inciter les consommateurs à délier les cordons de leur bourse.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a tous vu ces images troublantes de foules de consommateurs serrés les uns contre les autres devant des commerces qui, en s'ouvrant, donnent lieu à des scènes d'émeutes au cours desquelles des employés sont piétinés, des personnes sont blessées et même meurent.

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Les professeurs Claudia Pelletier et David Crête de l'UQTR.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le professeur Laurent Turcot de l'UQTR.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Ajoutez une bonne série d'accrochages dans les stationnements impliquant des conducteurs pressés et distraits et vous aurez le Vendredi fou, mieux connu aux États-Unis sous le nom de Black Friday.

Cette orgie de consommation est un rituel annuel pour 100 millions d'Américains. C'est que «les consommateurs sont convaincus qu'ils vont faire de bonnes affaires», explique David Crête, professeur de marketing à l'UQTR.

Le même consommateur est aussi persuadé, grâce aux stratégies de marketing, qu'il aura «accès à quelque chose à laquelle les autres consommateurs n'ont pas nécessairement accès. C'est une technique de persuasion», explique-t-il.

Entre le rêve et la réalité, toutefois, il y a souvent un monde. Le célèbre site web Amazon, par exemple, s'est amusé à modifier constamment le prix de certains biens de consommation avant le Vendredi fou, dit-il. Le jour venu, lorsqu'un rabais est enfin annoncé sur le prix régulier pour le Vendredi fou, plus personne ne peut savoir que ce prix est vraiment un rabais, illustre-t-il.

Au Canada, c'est l'Après-Noël (Boxing Day) qui permet davantage aux consommateurs d'obtenir de vrais rabais, dit-il. «Les commerçants ont des stocks à écouler», fait-il valoir.

Qu'il s'agisse du Vendredi fou ou de l'Après-Noël, les commerçants cherchent constamment des prétextes «pour agiter le marché et exciter la consommation», explique le professeur Crête. Le mot d'ordre, c'est donc la vigilance, dit-il.

C'est encore plus vrai quand la consommation se fait en ligne.

Avec l'avènement d'Internet, les commerces ont graduellement introduit un nouveau festival de la consommation appelé le Cyber lundi qui suit directement le Vendredi fou, souligne le professeur Laurent Turcot de l'UQTR, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs et divertissements.

Le professeur Turcot estime même que le Vendredi fou est en train de perdre son importance face au Cyber lundi. «Sur des plateformes comme Amazon ou, en Chine, Alibaba, des milliards $ sont dépensés chaque année. Si l'on tenait le Vendredi fou et le Cyber lundi en même temps, il y a des gens qui resteraient chez eux au lieu de faire des emplettes», dit-il.

C'est vrai qu'il est plutôt agréable de faire ses achats de Noël en pantoufles dans le confort de son foyer. Pourtant, si l'on en croit la professeure Claudia Pelletier du département de marketing et des systèmes d'information de l'UQTR, c'est pourtant là qu'il faut être le plus vigilant et faire preuve de la plus grande prudence.

«Beaucoup de grandes entreprises ont en effet subi des attaques» dans le cyberespace, rappelle-t-elle. On n'a qu'à se souvenir de la chaîne de magasins Target, le troisième plus gros détaillant aux États-Unis, qui avait fait l'objet d'un vol de données de 40 millions de cartes de crédit et de débit de consommateurs, en 2013. La grosseur du commerce n'est donc pas en lien direct avec la sécurité, constate-t-elle.

Le consommateur ne peut donc être protégé à 100 % sur le web, mais il peut malgré tout faire quelques gestes pour tenter d'éviter les principaux pièges.

D'abord, quand on magasine en ligne, «il faut s'assurer que le site sur lequel on se trouve est bel et bien le bon», conseille la professeure Pelletier.

Parfois, les pirates informatiques arrivent à ouvrir un site web trafiqué dont l'adresse web ne présente qu'une simple lettre de différence avec l'adresse réelle à laquelle un consommateur veut accéder. «C'est le hameçonnage dans sa forme classique», dit-elle.

Il faut aussi que le site où l'on magasine soit sécurisé. La mention https (le s voulant dire sécurisé) devant l'adresse web est un bon indicateur.

Malgré tout , «il n'y a pas de recette magique» pour s'assurer que tout est sécuritaire à 100 %, reconnaît la spécialiste. Il faut néanmoins être attentif aux informations qui nous sont demandées par les sites. Des questions trop indiscrètes, comme demander le numéro d'assurance sociale pour le simple achat d'un bien de consommation, peuvent indiquer que quelque chose ne va pas, prévient-elle.

«On ne peut pas plaider contre l'achat en ligne. On est en 2016, fait-elle valoir, mais il faut prendre ses précautions, notamment changer ses mots de passe» de temps en temps, illustre-t-elle.

En magasin et même en ligne, les commerces déploient des stratégies et de la psychologie pour inciter les consommateurs à délier les cordons de leur bourse, rappelle le professeur Crête.

Le mot d'ordre quand on consomme, dit-il, c'est aussi d'être conscient de toutes ces choses. Cela permet d'éviter de nombreux pièges de la consommation.

Bon Vendredi fou... responsable.

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