Desjardins envisage une meilleure année au Centre-du-Québec

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L'économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau, a présenté aux gens d'affaires de la rive sud des perspectives encourageantes pour la région du Centre-du-Québec.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Même si la croissance sera inférieure à celle du Québec, les perspectives économiques s'améliorent pour le Centre-du-Québec avec des investissements qui sont appelés à demeurer dynamiques en 2017, soit autour de 830 millions de dollars. Voilà l'un des nombreux constats émis mercredi par l'économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau.

«À court terme, l'année 2017 s'annonce meilleure du point de vue économique. Au plan régional, il faudra faire preuve de combativité», a-t-elle lancé devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec.

À son avis, la progression attendue de l'emploi proviendra notamment du secteur manufacturier qui évoluera dans un environnement plus favorable, l'économie américaine prenant du mieux et le huard restant faible.

Par ailleurs, l'attraction et la rétention de la main-d'oeuvre demeurent un enjeu de premier plan. Pas moins de 49 300 emplois seront à pourvoir au Centre-du-Québec de 2015 à 2019, selon Emploi-Québec, dont 82 % afin de combler les départs à la retraite contre un taux provincial de 77 %.

La conférencière du jour a évoqué différents projets en cours sur la rive sud, dont ce partenariat économique entre Trois-Rivières et Bécancour, l'implantation d'une zone industrialo-portuaire à Bécancour et la poursuite de projets soutenus dans le cadre du Fonds de diversification économique.

Elle a même souligné la signature d'un partenariat entre la MRC de Bécancour et celle de Nicolet-Yamaska dans les domaines culturel et agricole ainsi que pour le transport des personnes. Tout comme elle n'a pas manqué d'évoquer la mise en place de la nouvelle initiative de Soutien aux petites entreprises de Nicolet-Bécancour, avec une enveloppe de 72 000 dollars sur trois ans. 

«En région, on travaille de plus en plus en équipe et on essaie de miser sur tous nos atouts», a-t-elle remarqué dans son analyse.

Apport de la migration interrégionale qui demeure important, accroissement démographique qui sera plus significatif dans Bécancour que Nicolet-Yamaska, emploi qui progressera modestement, taux de chômage qui diminuera, marché de la revente de maisons existantes qui s'essoufflera: voilà autant de faits saillants contenus dans l'étude.

Pour le Canada, Mme Noreau envisage une année modeste, mais en croissance. «Il y aura tout de même de la création d'emplois, les exportations sont à surveiller, mais les investissements des entreprises demeurent ralentis», a-t-elle indiqué.

Par contre, les investissements dans les infrastructures devraient donner un coup de main à l'économie l'an prochain. «Le dollar canadien demeurera sous la parité pour encore longtemps», a-t-elle fait savoir, situant le huard à 0,70 $ US à la fin de 2017. 

Un élargissement plus marqué des écarts de taux entre les États-Unis et le Canada au début de la prochaine année ne serait pas étranger à ce phénomène. Car, dit-elle, la Banque du Canada ne devrait pas changer les taux directeurs avant plusieurs trimestres, d'où son scénario de long statu quo.

Au Québec, la spécialiste note une confiance des PME à la hausse et un marché du travail qui s'est récemment amélioré. Quant à l'écart entre les exportations et les importations internationales, il s'est résorbé.

Les ombres au tableau? Des exportations qui ont du mal à reprendre leur tendance haussière après le recul au premier semestre et sur lesquelles planent plusieurs incertitudes (Brexit, accord sur le bois d'oeuvre, avenir de la CSeries), et une situation du condo qui demeure fragile.

Par contre, la Belle Province peut s'appuyer sur des investissements en infrastructures, une réforme fiscale au fédéral qui rehausse davantage les dépenses de consommation et un coussin financier du côté de l'État québécois.

L'invitée de la Chambre n'a pu s'empêcher de parler de la montée du protectionnisme, un phénomène de plus en plus en vogue partout sur la planète alors qu'il n'y a plus de «champion du libre-échange» chez nos voisins du Sud.

Mais, croit-elle, un nouvel élan protectionniste serait plutôt dommageable pour l'économie américaine. «L'ALENA a eu un impact modeste, mais positif pour les États-Unis selon plusieurs études et sa renégociation demeure un risque non négligeable pour le Canada», rapporte Mme Noreau.

Selon elle, la fermeture des frontières américaines aux produits étrangers est une arme à double tranchant et les risques de représailles sont importants. «Mais la réimposition des tarifs n'est pas nécessairement pour demain matin», pense l'économiste.

Cette dernière considère que l'on assiste à la décennie du rééquilibrage: endettement élevé des ménages et des gouvernements dans plusieurs pays, redéfinition des modèles des économies émergentes, morosité de l'investissement des entreprises, taux d'intérêt très bas depuis longtemps, rendements faibles sur les marchés financiers et vieillissement de la population mondiale.

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