Kiosques de Loto-Québec: l'aide doit continuer

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Les kiosques de vente de billets de loterie rapportent plus de 100 millions de dollars annuellement à Loto-Québec.

La Presse

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La révision du modèle d'affaires de Loto-Québec concernant la gestion de ses kiosques soulève certaines questions auprès d'opérateurs de la région qui souhaitent continuer dans la même veine à condition que la société d'État préserve son programme de soutien financier, ce qui est loin d'être une certitude.

Auparavant gérés uniquement par des organismes sans but lucratif, les kiosques de Loto-Québec pourront d'ici peu être sous la direction d'entreprises privées et d'OSBL. Le but visé par Loto-Québec est de miser sur un réseau de kiosques dynamique. Mais autant Jean-Claude Dubois que Marie-Pier Matteau souhaitent conserver leur lien d'affaires avec Loto-Québec.

M. Dubois est le directeur général du pavillon Saint-Arnaud de Trois-Rivières. Cet organisme sans but lucratif gère les kiosques de Loto-Québec du Carrefour de Trois-Rivières-Ouest, des Galeries du Cap et de la Plaza de la Mauricie à Shawinigan. L'ensemble des kiosques rapporte environ 25 000 $ de profits annuellement, soit environ 2,5 % du budget de fonctionnement de l'OSBL.

Chaque kiosque écoule environ pour 600 000$ de billets de loterie chaque année. Avec les dépenses associées aux salaires, vacances, frais de location et d'assurances, la profitabilité est loin d'être gagnée.

«On obtient environ 7 % des ventes, soit environ 42 000 $. Mais avec les coûts d'opération, on est déficitaire. Loto-Québec a lancé il y a quatre ou cinq ans un programme d'aide qui fait en sorte qu'on dégage entre 5000 $ et 10 000 $ par kiosque. Mais si Loto-Québec ne verse plus ces subventions, on mange de l'argent», dit M. Dubois

Directrice générale de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières qui gère le kiosque du centre commercial Les Rivières, Marie-Pier Matteau affirme avoir appris par les médias cette nouvelle approche de Loto-Québec. Loin de contester la vision qu'elle qualifie de plus entrepreneuriale de la société d'État, Mme Matteau croit elle aussi que le programme d'aide est essentiel pour dégager un bénéfice.

«Le retour sur les ventes n'est pas suffisant. On reçoit entre 8000 $ et 10 000 $ par année. Ça a baissé, mais tous les kiosques de Loto-Québec vendent moins. On sait qu'on performe bien. Mais ça prend le programme d'aide.»

Patrice Lavoie, porte-parole de Loto-Québec, affirme que la société d'État pourra aider au cas par cas les gestionnaires de kiosques s'ils en éprouvent le besoin. Mais la volonté de Loto-Québec est de miser ultimement sur un réseau de gestionnaires autosuffisants, ce réseau ayant passé de 121 à 109 kiosques en cinq ans.

«Loto-Québec a donné un soutien financier à l'ensemble des OSBL, soit 100 kiosques, en 2015-2016. Soutenir 100 kiosques n'a plus sa raison d'être. Ce ne sera plus l'objectif d'offrir autant de soutien. Si on doit soutenir l'essentiel de nos opérateurs, on diminue les revenus et les dividendes à verser au gouvernement du Québec», déclare M. Lavoie.

La Chambre de commerce fonctionne avec un budget de plus de 500 000 $. Selon Mme Matteau, si le kiosque passe à un autre gestionnaire, ça ne fera pas mourir l'organisme.

«Ce n'est pas précaire pour la survie de la chambre. Mais il faut savoir qu'une chambre de commerce, ça s'autofinance à 100 %. Trouver 8000 $ à 10 000 $, ce n'est pas si évident», raconte Mme Matteau, qui exprime le souhait d'exploiter plus d'un kiosque.

Selon Jean-Claude Dubois, les quelque 25 000 $ récoltés chaque année grâce aux kiosques de Loto-Québec lui permettent d'obtenir du financement d'une façon autre que d'organiser un tournoi de golf ou de vendre des tablettes de chocolat.

«Je suis d'accord à ce que Loto-Québec redynamise son réseau. Je ne me plains pas. On a toujours été bien traité», explique M. Dubois, qui souhaite que la société d'État ait un préjugé favorable aux OSBL qui répondent aux critères.

La capacité financière suffisante pour payer les dépenses d'un kiosque et l'expérience et la capacité de gestion font partie des critères de sélection du nouveau modèle fixé par Loto-Québec. Selon Patrice Lavoie, les OSBL ont toujours leur place.

«On souhaite que les OSBL postulent et obtiennent une place dans la banque d'opérateurs pour les phases 2 et 3 (des appels d'offres), en avril 2017 et en septembre 2017. On va se constituer une banque pour ne pas se retrouver sans opérateur si un OSBL nous remet les clés. C'est une perte de 350 000 $ par année chaque fois qu'on retire un kiosque», raconte M. Lavoie, en soulignant que Loto-Québec va remettre une compensation financière équivalente au profit d'une année aux OSBL qui ne seront pas retenus dans le processus de sélection.

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