Le Canada et le Mexique prêts à renégocier l'ALENA

Donald Trump a remis en question certains accords... (AP, Matt Rourke)

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Donald Trump a remis en question certains accords commerciaux, comme l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le Partenariat transpacifique (PTP).

AP, Matt Rourke

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Agence France-Presse

Le Canada et le Mexique sont prêts à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), comme le souhaite le président élu Donald Trump qui avait même évoqué pendant la campagne électorale américaine sa pure abrogation.

«Si les Américains veulent parler de l'ALENA ou de n'importe quel autre accord commercial, (le Canada) est toujours ouvert pour en discuter avec eux», a indiqué jeudi le premier ministre canadien Justin Trudeau, farouche défenseur du libre-échange.

La veille, la ministre mexicaine des Affaires étrangères Claudia Ruiz Massieu avait relevé sur CNN que l'accession de M. Trump à la Maison-Blanche était «l'occasion de réfléchir si nous devons moderniser» le traité économique «d'une manière qui soit encore plus avantageuse pour les trois pays signataires».

L'ALENA a «produit de grands résultats» et le Mexique est «disposé à discuter avec le nouveau gouvernement (américain) et avec le Canada (pour) le moderniser, pas le renégocier», a-t-elle insisté.

À l'inverse, Donald Trump a plaidé durant sa campagne pour un retour à davantage de protectionnisme aux États-Unis, évoquant maintes fois une renégociation, voire une abrogation, de l'ALENA.

Ce traité a été conclu par Washington et Ottawa en 1989, puis étendu au Mexique cinq ans plus tard.

Mais pour le chef du gouvernement libéral canadien, une éventuelle renégociation doit permettre de «voir comment les travailleurs et les citoyens des deux pays peuvent tirer plus d'avantages et comment augmenter la croissance économique».

Les gouvernements «doivent s'assurer que (...) davantage de personnes ressentent dans les trois pays les bénéfices de cet accord d'intégration», a abondé Mme Ruiz Massieu.

Justin Trudeau a par ailleurs indiqué qu'il s'était entretenu mercredi soir avec Donald Trump. «L'appel a été court, mais c'est un démarrage fort de ce qui va être une relation constructive», a-t-il relevé jeudi.

Au futur président américain, qui entrera en fonction le 20 janvier, «j'ai dit combien la relation (entre les deux pays nord-américains) est importante, combien je suis impatient de continuer à travailler à la promotion des intérêts canadiens et des opportunités pour tous, et que nos deux pays ont beaucoup à réaliser ensemble», a poursuivi le dirigeant libéral.

À Mexico, le président Enrique Pena Nieto avait annoncé mercredi qu'il s'était entendu, au cours d'un échange téléphonique, avec M. Trump. Les deux hommes se rencontreront avant son entrée en fonction fin janvier et établiront un programme de travail conjoint.

L'élection de Donald Trump a fait chuter mercredi le peso mexicain de 7,18 % et la bourse de 2,23 % dans la crainte de conséquences négatives pour le pays. La devise mexicaine a poursuivi sa chute jeudi avec une baisse de 2,88 %, un dollar s'échangeant contre 20,80 pesos, tandis que la bourse mexicaine plongeait de 4,57 %.

Mexico souhaite discuter sans tarder de l'Aléna avec l'équipe de transition de M. Trump, avant même sa prise de fonction, a noté la ministre mexicaine des Affaires étrangères.

Partenaires commerciaux privilégiés, aux économies profondément intégrées grâce notamment à l'Aléna, le Canada et les Etats-Unis ont réalisé des échanges de 670 milliards de dollars américains en 2015.

Le commerce bilatéral entre le Mexique et les États-Unis s'est de son côté élevé à 531 milliards de dollars en 2015.

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