Sévigny veut que les municipalités comptent

Le président de la CCIS, Mario Lamontagne, le... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le président de la CCIS, Mario Lamontagne, le président de l'UMQ, Bernard Sévigny et le maire de Shawinigan, Michel Angers lors de l'activité de jeudi midi à l'Auberge Gouverneur.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Après une période de fortes turbulences provoquées par les révélations à la commission Charbonneau et la période d'austérité budgétaire imposée par le gouvernement libéral, le président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny, sent enfin un véritable intérêt du palier supérieur pour développer un partenariat avec ses membres.

Les premiers indices lui sont apparus à la suite du dévoilement d'une nouvelle enveloppe de 100 millions $ pour le développement économique régional le 25 octobre, dont les modalités d'attribution seraient établies avec les municipalités.

M. Sévigny s'est arrêté à l'Auberge Gouverneur de Shawinigan, jeudi midi, dans le cadre de sa tournée des régions. Seulement une trentaine de personnes s'étaient déplacées pour assister au dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan.

Durant environ une heure, il a répondu à des questions touchant le rôle des municipalités dans le développement économique. L'activité incluait également le maire de Shawinigan, Michel Angers ainsi que le président de la CCIS, Mario Lamontagne. Le directeur général de l'organisme, Martin St-Pierre, assumait l'animation.

Les deux élus sont devenus particulièrement volubiles lorsque le thème des stratégies de développement a été abordé.

Au fil des années, ils ont constaté que de grandes orientations nationales étaient proposées par le gouvernement du Québec sans que les principales concernées, les municipalités, soient impliquées dans leur élaboration. Ils ont nommément cité les stratégies du numérique et maritime, le Plan Nord ou les programmes de réfection des infrastructures pour illustrer leurs propos. 

Le 12 octobre, le premier ministre Philippe Couillard annonçait aussi la création d'un conseil consultatif sur l'économie et l'innovation... dont la presque totalité des 27 membres proviennent de Montréal.

Ironiquement, l'UMQ travaillait parallèlement à la mise en place du même genre de comité. Ce «laboratoire d'idées» sera lancé la semaine prochaine et un rapport doit être produit en mai. Les régions du Québec y seront beaucoup mieux représentées, pointe M. Sévigny.

«Nous avons un rôle à jouer, celui de s'imposer», constate-t-il.

«Dernièrement, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé un réinvestissement de 100 millions de dollars par année dans le développement local et régional. Rapidement, nous avons parlé au ministre des affaires municipales et M. (Martin) Coiteux nous a mentionné que les paramètres à définir, nous allons en discuter. Ça, c'est nouveau. On ne voyait jamais ça avant.»

«Dans les programmes d'infrastructures, nous sommes trois qui payons, mais il n'y en a toujours que deux qui décident du programme», ajoute-t-il. «Le troisième paye et n'a pas un mot à dire. On essaie de briser ça.»

M. Sévigny croit que les municipalités récoltent tranquillement les fruits de leur collaboration après avoir subi un douloureux couperet de 300 millions de dollars dans le cadre de la négociation du nouveau pacte fiscal.

«Depuis 50 ans, c'était la huitième fois que le gouvernement du Québec passait la hache dans les transferts aux municipalités», rappelle-t-il. «Pour la première fois, nous avons joué le jeu et nous avons troqué ça pour autre chose. On ne paraît pas toujours bien là-dedans, mais ça nous a permis de revenir sur une entente de partenariat, de travailler un projet de loi sur l'autonomie municipale. Ce changement d'attitude commence à donner des résultats.»

Les maires souhaitent que cette ouverture se rende jusqu'à Investissement Québec. M. Sévigny fait remarquer que «si on n'a pas un projet de 22 millions $, on n'est pas sur leur radar.»

Nouveau modèle

Le maire de Shawinigan ne s'est pas fait prier pour parler des conséquences des coupes qui l'ont incité à condamner son centre local de développement, comme à plusieurs autres endroits au Québec. M. Sévigny connaît ce refrain.

«Les conséquences ont été graves», convient-il. «Couper 115 millions $ d'aide directe à des organisations qui accompagnaient des entreprises, ça a été catastrophique. Les municipalités ont puisé dans leurs propres fonds pour compenser, en partie.»

Par contre, le président de l'UMQ considère que les municipalités doivent saisir l'occasion pour définir leur propre modèle. Les conférences régionales des élus et les centres locaux de développement s'étaient déployés sans nuance d'un bout à l'autre du Québec.

«Le choc a été absorbé, la poussière est retombée. C'est le temps de discuter sérieusement et de s'organiser. Laissons les municipalités décider. Il faut aussi de l'argent: le développement économique, ça ne se fait pas avec des prières!»

M. Sévigny a également profité de son passage pour visiter le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et le DigiHub. En soirée, il participait à une réunion avec les élus municipaux de la région.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer