Élection de Trump: entre méfiance et prudence dans la région

Le président de GROUPÉ et PDG de FAB... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le président de GROUPÉ et PDG de FAB 3R, Yves Lacroix, tempère les propos tenus par de nombreux analystes économiques à la suite de l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Louiseville) Heureux hasard, le Partenariat économique Mauricie-Rive Sud, mieux connu sous le nom de GROUPÉ, tenait une activité mercredi à Louiseville, quelques heures à peine après l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

C'était donc l'occasion pour les entrepreneurs d'ici d'échanger et de créer des liens d'affaires, mais aussi d'aborder le sujet chaud de l'heure sur la planète.

La dernière campagne du magnat de l'immobilier en a scandalisé plusieurs pour diverses raisons. Le thème de l'économie a été abordé et bon nombre d'experts anticipaient avec inquiétude le début d'une nouvelle ère marquée par le protectionnisme.

Le Mouvement Desjardins prédit d'ailleurs que le Québec pourrait entrer en récession advenant que Trump décide de déchirer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Une telle décision s'avérerait catastrophique puisque plus de la moitié de l'économie canadienne dépend des exportations vers les États-Unis.

Qu'en pensent les gens d'affaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec? Certains ne cachent pas leur appréhension alors que d'autres préfèrent laisser la chance au coureur.

C'est le cas du président de GROUPÉ, Yves Lacroix. Conscient que le milliardaire a peut-être manqué l'occasion de se taire à quelques reprises, il prévient que son objectif de vouloir redresser l'économie américaine pourrait sourire au marché canadien.

«Si l'économie aux États-Unis se porte bien, il y a de fortes chances que ce soit le cas chez nous. Pour ce qui est des exportations, encore là, si le taux de chômage diminue, les Américains n'auront pas de problème à ce que nos produits entrent chez eux», mentionne M. Lacroix, président-directeur général de FAB 3R.

«Les frontières ne se fermeront pas, le Canada et les États-Unis sont des partenaires de longue date trop importants pour ça. Il existe une dépendance manufacturière entre les deux pays, qui sont habitués de travailler ensemble.»

L'homme d'affaires rappelle que «déficeler un accord de libre-échange», ça prend du temps. Or, entre ce que Donald Trump dit comme candidat à la présidentielle et ce qu'il fera une fois installé au Bureau ovale, il y a un monde de différence. «Je l'ai trouvé plus posé dans son discours de victoire, je le trouvais davantage rassembleur. Il a remis certaines choses en contexte.»

Yves Lacroix met aussi en garde les penseurs de l'apocalypse économique. À ses yeux, les démocrates sont davantage portés sur le protectionnisme que les républicains. «On oublie le Buy American Provision de l'administration Obama. Oui, monsieur Trump a tenu quelques discours erratiques, mais les républicains ne sont pas reconnus pour être les plus protectionnistes.»

Qu'à cela ne tienne, la question du bois d'oeuvre a déjà été soulevée par plusieurs analystes économiques. Qu'arrivera-t-il à l'industrie de la forêt au Canada avec l'arrivée de Donald Trump, qui a entre autres misé sur un fort appui dans les régions ayant dû négocier avec des problèmes liés à la production forestière?

Actionnaire chez Camions Western Star Mauricie à Bécancour, Francis Charland travaille étroitement avec des gens de l'industrie forestière. «Si Trump fait tout ce qu'il a dit pendant sa campagne, ce n'est pas une bonne nouvelle pour le monde en forêt. Si les usines réduisent leur production, ça aura un impact néfaste sur les entreprises de transport comme la nôtre. On comprend que Trump travaillera d'abord pour les Américains, mais nous devrons trouver un moyen aussi pour protéger notre économie. Sinon, il faudra peut-être penser à d'autres marchés.»

Le président de l'Abattoir Lafrance à Shawinigan, Guillaume Pham, va dans le même sens, même s'il ne travaille pas dans l'exportation vers les États-Unis. «Le courant conservateur qu'on a constaté en Europe a atteint l'Amérique. Dans ma business, la hausse du dollar américain a un effet bénéfique car ils viennent chercher la matière ici, mais j'ai hâte de voir quels seront les impacts sur l'industrie alimentaire en général. Le prix de la viande a presque doublé ces dernières années...»

Quatrième rencontre à Louiseville

GROUPÉ a tenu mercredi sa quatrième grande assemblée, cette fois du côté de Louiseville. Des dizaines d'entrepreneurs avaient répondu à l'appel du coordonnateur Alexandre Ollive. 

Une trentaine de projets visant à développer des liens entre les gens d'affaires ont été dévoilés. Le Partenariat regroupe désormais une centaine d'entreprises, dont 41 nouvelles. Parmi les projets, on note la création d'une coentreprise entre le cabinet d'ingénierie Johnston-Vermette et l'industriel Hydrexcel.

M. Ollive a aussi annoncé que GROUPÉ travaille au marketing territorial de la Mauricie ainsi que de la Rive Sud afin de mieux faire connaître les nombreux atouts de la région, notamment en développant des outils que les entrepreneurs utiliseront pour attirer la main-d'oeuvre et de nouveaux investissements.

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