Les marchés luttent pour ne pas céder à la panique

Un employé japonais d'un firme de courtage financier... (AFP, Behrouz Mehri)

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Un employé japonais d'un firme de courtage financier regarde les résultats de l'élection américaine.

AFP, Behrouz Mehri

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Agence France-Presse
Tokyo

Avec un sentiment de déjà vu cinq mois après le Brexit, les places financières s'affolaient mercredi suite à la victoire de Donald Trump aux États-Unis, tandis que le dollar chutait et le peso mexicain tombait à son plus bas niveau historique.

Cinq mois après le Brexit, les marchés financiers ont de nouveau été pris par surprise mercredi par la victoire de Donald Trump à la présidence des États-Unis et luttaient pour ne pas céder à la panique.

Pour la finance mondiale, l'Histoire bégayait mercredi matin. Comme en juin où les investisseurs s'étaient couchés confiants avant le référendum britannique et s'étaient réveillés avec un Brexit, ils ont rêvé cette nuit d'Hillary Clinton présidente pour découvrir ce matin que ce sera Donald Trump.

Mais si les places financières s'ajustaient logiquement à un résultat qu'il n'avait pas anticipé, l'effroi n'était toutefois pas au rendez-vous et la réaction était finalement moins marquée qu'après le scrutin britannique.

«Les investisseurs sont dans une phase de retour à la réalité», observe auprès de l'AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. «Ensuite, ils vont regarder de beaucoup plus près le programme de Donald Trump».

«La réaction est un peu similaire à celle après le vote en faveur du Brexit, avec d'une part la surprise générée par le résultat et d'autre part les conséquences liées à cette élection car en s'en tenant au programme de Donald Trump, de vrais changements économiques se profilent», estime également auprès de l'AFP Patrick Jacq, un spécialiste du marché de la dette de BNP Paribas.

Le premier discours, à la tonalité plutôt consensuelle, de Donald Trump a clairement tempéré les craintes les plus marquées.

La réaction est «défensive sur les marchés actions» mais «ce n'est pas aussi puissant que le Brexit», note pour sa part auprès de l'AFP, Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

Maintenant, «le marché va surveiller avec beaucoup d'attention la manière dont il va mettre en place sa politique», ajoute-t-il. Il y aura donc certainement une «phase d'attente et d'observation qui va suivre sur le programme et les réactions mondiales».

Juste après l'ouverture, les Bourses européennes résistaient particulièrement bien. La Bourse de Paris a ainsi ouvert en net recul de 2,83% mais ne perdait plus que 2% vers 3h40, contre près de 7% juste après l'ouverture qui a suivi l'annonce du vote en faveur du Brexit.

La Bourse de Londres suivait la même voie. Après une baisse de 1,87% au démarrage, la perte de réduisait à 0,73% 40 minutes plus tard.

Francfort restait par contre pour sa part sur un recul similaire de 1,68% contre 1,76% à l'ouverture.

Les investisseurs se tournaient néanmoins vers le refuge traditionnel des marchés obligataires, et tout particulièrement la dette allemande et son taux d'emprunt à 10 ans, le fameux «Bund», référence du marché qui enregistrait un nette détente.

Le peso dans les limbes, l'or prisé

Les marchés asiatiques ont davantage souffert. À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei, pourtant confiant en début de matinée, a chuté de 5,36% à la clôture, incitant le ministère des Finances et la Banque du Japon (BoJ) à convoquer une réunion d'urgence.

Sydney a fini en recul de près de 2% et Hong Kong de 2,20%.

Même fébrilité du côté des devises: le dollar fléchissait à 103,40 yens vers 3h00 contre 105,14 yens mardi vers 17h00. Idem face à l'euro qui grimpait à 1,1126 dollar contre 1,1020 dollar mardi.

Mais c'est la monnaie mexicaine, baromètre de l'opinion des marchés ces dernières semaines sur l'issue du scrutin américain, qui a dévissé le plus, tombant en fin de matinée à Tokyo à 20,7818 pesos pour un dollar, son plus bas niveau historique, contre 18,1634 pesos un peu plus tôt, soit une amplitude de 14%. Vers 3h40, il s'établissait à 20,145 pesos.

Le Mexique redoute un succès de Donald Trump, du fait des menaces du milliardaire de renégocier les accords de libre-échange, d'expulser des États-Unis des millions de migrants illégaux et de faire payer le voisin du Sud pour la construction d'un mur sur leur frontière commune.

«L'élection est cruciale non seulement pour le peso mexicain, mais pour le Mexique», a commenté pour l'agence Bloomberg News Juan Carlos Rodado, spécialiste de l'Amérique latine chez Natixis à New York.

Dans ce contexte, l'or, valeur refuge, s'est nettement apprécié, à 1302,85 dollars l'once, contre 1268,30 dollars en début de matinée.

Après le choc initial, «on peut s'attendre à une accalmie sur les marchés, en écho à ce qui s'est passé après le vote du Brexit», pronostique cependant Capital Economics. «Mais Trump étant imprévisible, un risque d'explosion pourra surgir à tout moment dans les mois et années à venir».

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