Centrale de Bécancour: «Non au statu quo»

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Pour le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, le statu quo n'est pas acceptable dans le dossier de la centrale de TransCanada à Bécancour.

Francois Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Alors que tout semble pointer vers le statu quo du côté de la centrale de TransCanada à Bécancour, le député Donald Martel réclame une commission parlementaire pour faire toute la lumière sur «ce fiasco libéral».

«Je vous demande que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles se donne un mandat d'initiative concernant la gestion et l'avenir de la centrale à gaz à Bécancour», écrit-il dans une lettre adressée au président Sylvain Pagé, datée du 1er novembre, et dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

Inutilisée depuis 2008, la centrale au gaz naturel de Bécancour, qui n'aura servi qu'une dizaine de mois, est le fruit d'un contrat d'approvisionnement liant Hydro-Québec Distribution et TransCanada Énergie signé en juin 2003. 

En raison d'un contexte de surplus d'électricité, la société d'État a suspendu, dès 2008, les activités de production d'électricité à la Centrale, avec une option de prolongation pour l'année 2009. Depuis, Hydro-Québec Distribution a exercé son option de prolongation de cette période de suspension subséquemment pour les années de 2011 à 2014. La Régie de l'énergie a approuvé chacune des demandes à cet égard. 

«Comme vous le savez sans doute, l'un des problèmes réside dans le fait qu'Hydro-Québec doit payer une compensation annuelle importante pour sa centrale, à hauteur de 150 millions de dollars, bien qu'elle soit inutilisée depuis 2008. Incluant le dédommagement de 2014, Hydro-Québec a ainsi versé 1,05 milliard $ à TransCanada depuis 2008 pour qu'elle garde fermée sa centrale», fait valoir M. Martel dans sa correspondance avant de qualifier le tout de «scandaleux» en entrevue exclusive.

En mai 2015, Hydro-Québec Distribution a signé deux protocoles d'ententes: un avec TransCanada Énergie et un avec Gaz Métro. Cette deuxième entente, qui chevauche la première conclue en 2003, est valable pendant 20 ans. Car Gaz Métro Solutions Énergie compte bâtir un site de stockage et de regazéification de GNL à proximité de la centrale à Bécancour, ce qui permettrait l'acheminement de gaz naturel à la centrale de TransCanada pendant les périodes de pointe hivernales, à compter du 1er décembre 2018.

«Malheureusement, ces deux ententes ont été suspendues par la Régie de l'énergie en juillet dernier, cette dernière reprochant à Hydro-Québec de ne pas avoir fait la démonstration de l'avantage économique de son projet et de ne pas être allée en appel d'offres», rappelle le député de Nicolet-Bécancour. 

Et jeudi dernier, le gouvernement a rendu public le rapport final du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, «dont les conclusions ne sont pas rassurantes», dit-il. En effet, le projet d'Hydro-Québec et de Gaz Métro ne serait pas plus avantageux qu'un simple raccordement au gazoduc déjà présent sur le site.

De plus, on y souligne qu'Hydro-Québec dispose d'autres moyens pour assurer son approvisionnement lors des périodes de grands froids, «alors que la centrale a précisément été construite pour combler ces mêmes besoins», fait remarquer M. Martel.

Dans ce contexte, celui-ci trouve «très surprenants» les propos tenus par le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, selon lesquels «il ne veut pas investir dans quelque chose qu'on n'aura pas de besoin». 

«Devant ces versions hautement contradictoires et inquiétantes, il m'apparaît nécessaire de faire toute la lumière sur ce dossier, considérant de plus les difficultés financières importantes occasionnées par la centrale. Un mandat d'initiative nous permettrait de questionner en commission parlementaire les principaux acteurs impliqués détenant de l'information pertinente et de mieux informer les citoyens», plaide le porte-parole de la CAQ en matière de développement économique régional.

Il lui apparaît donc impératif d'interroger le grand patron de la société d'État et le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, de même que toute autre personne que les membres de la Commission pourraient juger nécessaire de convoquer. 

«Il faut qu'on entende c'est quoi le plan de match d'Hydro-Québec et du gouvernement libéral. Il est primordial d'identifier les options envisageables afin de limiter les dommages financiers aux contribuables car le statu quo est inacceptable», a-t-il lancé au Nouvelliste.

Selon lui, cette centrale est un fiasco commercial qui porte la signature du Parti libéral. «Quelle gestion désastreuse de la part d'Hydro-Québec. En 2008, au moment de fermer les lumières et de mettre la clé dans la porte, on concluait déjà qu'Hydro-Québec avait mal fait ses prévisions énergétiques», poursuit le whip du deuxième groupe d'opposition.

Or, déplore-t-il, l'histoire se répète. «On a laissé miroiter un projet industriel avec Gaz Métro pour combler nos besoins en hiver, pour que, finalement, le pdg d'Hydro-Québec, Éric Martel, nous dise qu'on n'en aura pas de besoin. La mauvaise blague a assez duré. Qui s'occupe de la planification et des besoins énergétiques à Hydro-Québec?

Je ne peux pas croire qu'il n'y a personne au gouvernement qui les surveille. Les Québécois ont déjà versé plus d'un milliard de dollars pour, en fin de compte, de la ferraille et ils en ont encore jusqu'en 2026. Tout cela est troublant et franchement inquiétant», ajoute Donald Martel.

À son avis, «on paie 150 millions de dollars par année depuis longtemps et on ne sait pas encore pour combien de temps».

«C'est beaucoup d'argent. On a pratiquement jeté un milliard depuis la construction. Hydro-Québec a de sérieux comptes à rendre aux Québécois qui ont le droit de savoir c'est quoi le plan de match pour l'avenir. Je ne vois pas c'est quoi l'intérêt de laisser les Québécois dans le brouillard. On ne peut pas tout simplement retourner à la case départ», renchérit-il.

Pour ce dernier, les citoyens de Bécancour et les quatre millions de clients d'Hydro-Québec ont le droit de connaître les raisons de ce «fiasco économique et énergétique» car, dit-il, «quand on demande des informations ou quand on regarde les contrats, il y a beaucoup de choses qu'on ne peut pas connaître». 

«Laisser dormir cette centrale jusqu'en 2026 tout en payant des millions et des millions de dollars en pénalités n'est pas une solution acceptable. On ne peut pas demeurer avec cet éléphant blanc dans le paysage de la région», conclut celui qui souhaite une réponse rapide des membres de la Commission.

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