Marché du travail en adaptation et changement positif

Pour l'analyste chez Emploi-Québec Mauricie Josée Bourassa, les... (François Gervais)

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Pour l'analyste chez Emploi-Québec Mauricie Josée Bourassa, les résultats de l'enquête indiquent un marché du travail actif en terme de mouvements de personnes.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est un marché du travail en adaptation, en mutation. Mais c'est un changement positif». Voilà comment l'analyste du marché du travail chez Emploi-Québec Mauricie, Josée Bourassa, interprète les données de l'Enquête sur le recrutement, l'emploi et les besoins de formation dans les établissements du Québec. Une étude qui fut réalisée par la firme SOM, à la demande d'Emploi-Québec, entre le 18 février et le 24 septembre 2015, et dont les résultats viennent d'être diffusés.

Son objectif est de dresser le portrait des caractéristiques et des besoins des établissements concernant la main-d'oeuvre, la formation et la gestion des ressources humaines. 

En Mauricie, l'enquête a permis de sonder 3392 établissements de cinq employés et plus, qui regroupent 84 897 employés. Ainsi, au cours de l'année 2014, 52 % des établissements, soit 1777, ont embauché du personnel, pour un total de 9722 embauches. «Cela indique un marché du travail actif en termes de mouvements de personnes», fait remarquer Mme Bourassa.

Sur le plan des grands secteurs d'activité économique, les services à la consommation prédominent avec 41 % de l'ensemble des embauches. «Cette proportion est nettement supérieure à celle qu'ils occupent au sein de l'emploi total», souligne-t-elle. 

Parmi les embauches effectuées en 2014, 61 % requéraient peu de formation (niveau moins qualifié). «Cela peut s'expliquer par un taux de roulement plus élevé», avance la spécialiste.

D'ailleurs, pour l'ensemble de la Mauricie, le taux de roulement pour l'année 2014 aura été de 12 %. Certains grands secteurs ont un taux de roulement plus élevé, c'est le cas du secteur primaire (20 %), des services à la consommation (16 %), alors que les services gouvernementaux obtiennent le taux le plus bas à 7 %.

En ce qui a trait aux compétences spécifiques et essentielles les plus recherchées par les employeurs, celles qui sont le plus souvent mentionnées relèvent du savoir-être, notamment l'habileté à travailler avec le public ou la clientèle (mentionnée pour 78 % des embauches), la capacité à travailler en équipe (73 %) et la connaissance des procédures et des méthodes de travail (72 %).

En 2014, 8 % des établissements, soit 264 établissements, ont eu des postes vacants pendant 4 mois et plus (456 postes). Ces postes vacants de longue durée représentent 0,5 % de l'emploi total des établissements. Les petits établissements semblent être plus souvent touchés par les difficultés de recrutement (postes vacants de longue durée). Par exemple, en 2014, parmi les établissements de 5 à 19 employés, les postes pour lesquels il y avait des difficultés de recrutement représentaient 8,1 % de leurs embauches alors que cette proportion est de 2,0 % pour les entreprises de 500 employés et plus.

«On observe qu'en proportion des embauches, les difficultés de recrutement touchent davantage les sciences naturelles et appliquées (24 %) et les métiers, transports et machineries (8,0 %), poursuit Mme Bourassa.

Parmi les établissements qui ont des postes vacants pour une durée de 4 mois et plus, 57 % affirment que cela a eu un impact sur leur production. Pour 46 % des établissements qui ont noté un impact sur leur production, cela s'est traduit par une diminution de service ou une quantité produite moindre ou une prolongation du délai de livraison (15 %). Les établissements ont notamment réagi à ces difficultés en optant pour des heures supplémentaires (36 %) et en effectuant des changements dans l'organisation du travail (31 %).

Par ailleurs, plusieurs raisons viennent expliquer les difficultés de recrutement. «Notons, par exemple, la rareté de main-d'oeuvre (40 %), le manque de candidats (37 %), les compétences professionnelles demandées (18 %), l'expérience demandée (18 %) et les conditions de travail qui ne conviennent pas aux candidats (14 %)», énumère la professionnelle d'Emploi-Québec Mauricie.

Finalement, en 2014, 63 % des établissements ont offert des activités de formation à leurs employés. Au total, ce sont 36 % (30 446) des employés couverts par l'enquête qui ont reçu une formation. En fait, 87 % des formations étaient données pour améliorer les compétences des travailleurs et 46 % permettaient d'adapter la main-d'oeuvre aux nouvelles technologies. La formation se fait surtout par des employés expérimentés (63 %) ou des consultants ou formateurs privés (60 %). Le 10 octobre dernier, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, est justement venu échanger au sujet de la main-d'oeuvre et l'emploi avec les membres du Conseil régional des partenaires du marché du travail de la Mauricie, maintenant présidé par Marie-Pier Matteau, directrice générale de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

À l'échelle provinciale, l'enquête a permis de sonder 31 467 établissements de cinq employés et plus, qui totalisaient 1 075 997 employés. Ses résultats contribueront à soutenir et améliorer la connaissance du marché du travail pour favoriser une meilleure adéquation entre l'offre et la demande.

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