IFFCO sur la glace... mais maintenu en vie

Chef de la direction à la Coop fédérée,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Chef de la direction à la Coop fédérée, Gaétan Desroches assume maintenant la présidence d'IFFCO Canada à la suite d'une réorganisation visant à réduire les effectifs en attendant la reprise du marché.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) À l'instar du temps qui prévalait jeudi, les nuages s'accrochent sur le projet d'usine d'engrais de Bécancour.

Même si les actionnaires croient toujours à sa réalisation, IFFCO s'impose un régime minceur jusqu'à ce que les conditions économiques soient favorables et que les cours mondiaux de l'urée remontent à nouveau.

«Le projet n'est pas mort. Mais on réduit nos dépenses au minimum», a fait savoir le chef de la direction, Gaétan Desroches, qui oeuvre au sein de la Coop fédérée. Celui-ci prend d'ailleurs la relève de Claude Lafleur, devenu simple membre du conseil d'administration d'IFFCO. Quant au responsable des communications régionales, Yvan Martin, il reste sur la liste de paie, tout en étant affecté à d'autres dossiers.

Même si son local de Bécancour reste disponible, les bureaux d'IFFCO, à Montréal, seront rapatriés à la Coop fédérée. Et l'avocat, David Tournier, aura la responsabilité de «maintenir la compagnie en vie».

«Les principaux actionnaires, IFFCO Inde, Investissement Québec et la Coop fédérée, sont encore dans le projet de façon continue et ils y croient. Car on aurait pu fermer le dossier et retirer nos billes. Mais on est prêt à faire feu lorsque les prix des commodités vont se replacer», assure M. Desroches tout en rappelant que les promoteurs ont les permis et les terrains en poche.

Déjà l'an dernier, on expliquait que les conditions de marché ne favorisaient pas la conclusion du financement requis et entravaient le calendrier du début de construction, le prix de l'urée étant à son plus bas niveau des dix dernières années.

Selon le président d'IFFCO Canada, la future usine de Bécancour, évaluée à deux milliards de dollars, reste un projet «très stratégique» pour la Coop fédérée. On sait que les travaux de construction nécessiteraient l'embauche de 1000 à 1500 travailleurs et qu'une fois réalisée, l'usine ferait travailler 250 personnes.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s'est montré déçu de l'état du dossier, mais dit comprendre la réalité du marché avec «un prix de l'urée à 191 dollars la tonne, mais un coût de production autour de 250 dollars».

«Tout le monde attend. Il faut bien se plier. On a besoin de patience, mais j'y crois jusqu'à nouvel ordre», a confié celui qui est à préparer une «petite séduction économique» le 26 octobre prochain, histoire de démontrer «qu'il s'en passe des choses».

Chronologie

> Août 2012:

Un décret ministériel fixant la contribution maximale d'Investissement Québec permet d'apprendre la venue du projet IFFCO à Bécancour.

> Octobre 2012: 

IFFCO confirme sa venue à Bécancour. L'usine de production d'urée est alors évaluée à 1,2 milliard de dollars et doit voir le jour d'ici 2017 à Bécancour. L'investissement doit générer quelque 1500 emplois durant la construction alors prévue de 2014 à 2017 et l'usine fera travailler entre 200 et 300 personnes.

> Décembre 2012:

IFFCO entame les démarches en vue de l'obtention des autorisations environnementales.

> Février 2013:

IFFCO décide de s'installer sur les anciens terrains de Norsk Hydro alors que le groupe indien avait plutôt une option d'achat sur les espaces situés de l'autre côté de la rue.

> Janvier 2014:

Dans son rapport, le BAPE se veut favorable à sa réalisation. Au terme de son analyse, la commission d'enquête conclut que le projet répond à un besoin et que la proposition déposée par IFFCO Canada est acceptable d'un point de vue écologique, social et économique.

> Avril 2014:

Le gouvernement du Québec autorise le projet. Un décret ministériel est adopté, sous la recommandation du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

> Avril 2014:

Évalué à 1,6 milliard $, l'investissement d'IFFCO dans une usine d'engrais à Bécancour ne se réalisera pas si l'entreprise n'obtient pas la garantie d'approvisionnement en gaz de schiste américain sur laquelle elle comptait, et qui tarde à venir.

> Mai 2014:

IFFCO Canada annonce la nomination de Claude Lafleur à titre de chef de la direction.

> Septembre 2014:

Bien que le projet d'usine d'engrais à Bécancour ne soit pas encore compromis, IFFCO Canada se voit contrainte de reporter son démarrage en 2018.

> Décembre 2014:

IFFCO met sur la glace son projet d'usine d'engrais à Bécancour.

> Juin 2015:

IFFCO Canada réussit à obtenir une entente de principe avec une entreprise spécialisée afin d'assurer un approvisionnement stable en gaz et relance ainsi le projet de Bécancour.

> Décembre 2015:

IFFCO met sur la glace à nouveau son projet d'usine d'engrais à Bécancour, maintenant évalué à 2 milliards $.

> Octobre 2016:

IFFCO réduit sa structure, mais garde le projet en vie.

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