Hydro revoit son bilan de puissance

Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, a parlé... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, a parlé des défis et des orientations de la société d'État devant les membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une centrale Gentilly-2 qui ne serait pas nécessaire aujourd'hui, une entente moins pressante avec TransCanada Energy (TCE) à Bécancour, aucun projet d'acquisition dans le nucléaire et aucune négociation avec Alcoa sur des réductions de tarifs préférentiels: voilà ce que le grand patron d'Hydro-Québec, Éric Martel, a révélé en rafale à la presse régionale, en marge de sa conférence devant les membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

Profitant de son passage en région, mercredi, pour effectuer une première visite des installations nucléaires, le président-directeur général a confié que celles-ci ne manquent pas au portefeuille énergétique de la société d'État.

«On est à revoir notre bilan de puissance car le changement de comportement et les nouvelles constructions déjouent nos modèles. On a des surplus d'énergie», a-t-il avoué. 

D'où cette période de réflexion hivernale concernant TransCanada Energy. «On veut garder cette option ouverte, mais il y a moins de pression devant nous», admet M. Martel.

À ce sujet, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, demande que le rapport du BAPE, relatif au projet d'utilisation par Gaz Métro et Hydro-Québec de la centrale au gaz de Bécancour lors des périodes de pointe hivernale, soit rendu public immédiatement.

Selon lui, cette centrale demeure «l'exemple le plus parlant de la mauvaise gestion libérale». Reconduite pour 20 ans, soit jusqu'en 2036, l'entente avec TransCanada prévoit toujours des pénalités financières annuelles de plus de 100 millions de dollars.

«C'est aux libéraux de réparer leur propre erreur et de trouver une solution afin de mettre à contribution la centrale de Bécancour et maximiser sa valeur, au profit des consommateurs. Pour cela, ça prend les conclusions du BAPE. Le ministre Heurtel doit s'engager à les rendre publiques sans délai», a lancé le critique en matière de développement économique régional pour la CAQ.

Par ailleurs, au début de l'été, Alcoa faisait connaître son désir de renégocier l'entente d'approvisionnement en électricité afin d'obtenir des rabais pour son aluminerie de Bécancour. À défaut d'un nouvel accord, la multinationale avait même laissé planer une menace de décisions difficiles, pouvant aller jusqu'à la fermeture de cette usine de 1000 employés. Or, Éric Martel a été clair: «ce n'est pas sur la table».

Dans son allocution, il a exprimé son intention de «faire des acquisitions d'actifs dans d'autres pays». «Ce n'est pas dans nos plans d'entrer dans le nucléaire», a-t-il tenu à préciser, parlant plutôt de deux créneaux en particulier, soit la transmission à haute tension et l'hydroélectricité.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, Hydro-Québec fait travailler près de 1400 personnes et investit plus de 270 millions de dollars en acquisition de biens et services. «On est le plus gros investisseur au Québec, avec quatre milliards de dollars, et nous menons 1045 projets de front», s'est-il plu à souligner.

Dès son arrivée en poste en 2015, M. Martel s'est attaqué au fléchissement de la satisfaction de la population et de l'engagement des employés. «Nous avons les tarifs résidentiels les plus bas de l'Amérique du Nord. Hydro-Québec est un vaisseau amiral pour l'économie québécoise, remettant quatre milliards de dollars par année dans les coffres de l'État», a-t-il affirmé. 

Or, celui-ci a partagé à son auditoire une préoccupation, soit une demande qui stagne depuis 2007. «C'est du jamais vu. C'est un enjeu. Sans croissance, notre contribution au gouvernement diminuera», a prévenu celui qui attribue ce phénomène, entre autres, à la fermeture d'usines de pâtes et papiers qui aura entraîné des pertes de revenus annuelles de 80 millions de dollars.

Son objectif? Doubler les recettes d'ici 15 ans afin d'augmenter les profits. Être une référence en matière de service à la clientèle, limiter la hausse tarifaire à un niveau inférieur ou égal à l'inflation et contribuer au développement économique et à la transition énergétique du Québec: voilà d'autres buts visés par le pdg.

Et de toute évidence, il veut se rapprocher de la clientèle. «On a intérêt à expliquer Hydro-Québec. On n'a rien à cacher», soutient celui qui a évoqué les différentes campagnes publicitaires, le recours aux médias sociaux et applications mobiles et les relations avec le milieu, en matière d'acceptabilité sociale.

Prônant la productivité, M. Martel a rappelé que la société d'État affichait son plus bas niveau de main-d'oeuvre en 30 ans, soit moins de 20 000 employés.

«Et on ne doit pas nous imposer d'acheter de l'énergie dont on n'a pas besoin», a-t-il lancé, faisant allusion à la filière éolienne.

Quant à l'amélioration des pratiques d'achat, elle devrait générer des économies de 75 millions de dollars cette année, 125 millions de dollars l'an prochain, et 150 millions de dollars en 2018 alors que l'optimisation des technologies de l'information et des communications devrait permettre d'épargner 68 millions de dollars en 2016.

Des avenues de croissance? L'exportation, dira-t-il. «Il y a une opportunité énorme en Nouvelle-Angleterre», avant d'ajouter comme autre moyen de développement la commercialisation des innovations et l'augmentation de la puissance du parc de production.

«Il faut mieux faire, voir grand, bâtir demain», a conclu le conférencier du jour.

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