Protocole d'entente entre Shawinigan et Dunkerque

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie de Jean-Yves Frémont, adjoint au maire de Dunkerque, lors de la cérémonie civique de mardi matin, à l'hôtel de ville de Shawinigan.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La volonté de partage entre Shawinigan et Dunkerque pour stimuler l'entrepreneuriat dans ces communautés sera renforcée vendredi, avec la concrétisation d'un protocole d'entente en présence du premier ministre du Québec, Philippe Couillard et de celui de la France, Manuel Valls.

Ce nouveau chapitre dans les relations entre les deux villes a été souligné mardi matin, au Salon du maire de l'hôtel de ville de Shawinigan. Michel Angers recevait alors six représentants d'une délégation française venus découvrir notamment le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins.

Shawinigan et Dunkerque avaient déposé un projet de partenariat au Fonds franco-québécois de coopération décentralisée, mis en place en 2005. Cet outil permet de favoriser la réalisation de projets de coopération grâce à une subvention d'une durée maximale de deux ans.

Ce partenariat doit permettre la création d'une première communauté entrepreneuriale en France. Son développement sera documenté afin d'en faire profiter d'autres villes des deux côtés de l'Atlantique. L'expertise de Shawinigan a déjà servi au démarrage de communautés entrepreneuriales dans les MRC de Mékinac, de Maskinongé, des Chenaux, du Haut Saint-Maurice, ainsi qu'à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

En juin 2015, MM. Angers et Denis Morin, coordonnateur de la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan, se rendaient à Dunkerque pour expliquer leur concept lors d'une assemblée générale des BGE en France, des organismes qui jouent des missions comparables aux anciens centres locaux de développement.

Visiblement, cette communauté a également décidé de diversifier son économie afin qu'elle dépende le moins possible de l'humeur des multinationales. Elle emprunte donc le même sentier que Shawinigan, en n'attendant toutefois pas de se retrouver en face du mur avant d'agir.

«Il y a un peu plus de deux ans, nous avons engagé une réflexion par rapport à notre devenir économique», raconte Jean-Yves Frémont, adjoint au maire de Dunkerque et responsable du développement économique, du tourisme, de l'insertion et du port.

«Nous avons encore la chance d'avoir un tissu industriel et quelques entreprises dont vous connaissez bien la trajectoire, dans l'aluminium, qui sont actifs sur notre territoire. Mais nous avions le sentiment que cette industrie, porteuse de beaucoup d'emplois, est dans de nouvelles formes dans lesquelles on n'a plus les quantités d'emplois que l'on pouvait avoir. Nous ne pouvions plus regarder notre tissu industriel comme étant l'alpha et l'oméga du développement sur notre territoire.»

«Nous avions également identifié le fait que sur le territoire dunkerquois - 200 000 habitants - nous perdons un peu plus de 1000 habitants par an. Des personnes qui quittent pour des raisons économiques. Nous perdons en particulier des jeunes, bien qu'ayant des filières universitaires sur le territoire. Bref, nous faisions le constat qu'une force vive nous échappait.»

Cette prise de conscience a mené à la création des états généraux pour l'emploi local. De nombreux axes de travail ont été proposés, dont la création d'une maison d'entrepreneuriat, baptisée La Turbine, pour le développement de la PME. On comprend ainsi l'intérêt envers le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan, une inspiration pour la délégation, reconnaît M. Frémont. 

«La multiplication des acteurs et la facilité que l'on peut mettre dans un parcours, où dès qu'on arrive, on retrouve tous les opérateurs sur place et un accueil bienveillant des projets, c'est quelque chose de très important pour des créateurs d'entreprises», estime-t-il. «Nous trouvons ces outils bien alignés sur le territoire.»

L'adjoint au maire de Dunkerque ajoute que l'hypothèse de travail pour la future «Turbine - Maison de l'entrepreneuriat» suivait un raisonnement semblable. Le premier établissement ouvrira ses portes en 2017 et deux ans plus tard, une version semblable au CEADS ouvrira ses portes, dans un ancien entrepôt. En fait, M. Frémont mentionne que le milieu dunkerquois possède sensiblement les mêmes outils, mais il envie visiblement le degré de concertation locale.

De son côté, le maire de Shawinigan considère que ce partenariat sert l'évolution de sa communauté entrepreneuriale.

«Les échanges avec nos cousins français sont toujours aussi porteurs pour notre économie», explique M. Angers. «Ça nous rassure sur la démarche qu'on fait. De plus, nous sommes toujours dans un processus d'amélioration. On ne peut pas penser que notre concept de communauté entrepreneuriale est parfait à 100 %. Des échanges d'expertises vont nous permettre de nous améliorer.»

Dunkerque faisait partie de l'itinéraire d'une mission économique récemment réalisée par une délégation de Shawinigan. Le bilan de cette activité doit être dressé lors d'une conférence d'information, jeudi matin.

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