Fin de la grève à la scierie de Rivière-aux-Rats

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Les syndiqués ont entériné l'entente de principe dans une proportion de 92 %.

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(La Tuque) Les syndiqués de la scierie de Rivière-aux-Rats ont mis un terme à la grève déclenchée le 16 septembre dernier. Réunis en assemblée générale à La Tuque, les travailleurs ont accepté dans une proportion de 92% l'entente de principe conclue mardi entre le comité de négociation et l'employeur.

«Nous avons mené une lutte exemplaire et nous en recueillons des gains importants. [...] Nous pouvons en être fiers et retourner au boulot la tête haute», a lancé Herman Martel, président du syndicat de la scierie de Rivière-aux-Rats.

La question salariale était au coeur du conflit avec l'employeur pour le renouvellement de la convention collective, échue depuis le mois de juin 2015. 

La nouvelle convention collective sera d'une durée de quatre ans avec une possibilité de prolongement de 36 mois si des investissements majeurs de la part de Produits forestiers Résolu sont réalisés dans la scierie. Des hausses salariales de l'ordre de 20 % sur quatre ans (26 à 27 % sur sept ans, en cas de prolongation) sont consenties par l'employeur. 

«Ça fait longtemps que ça ne s'est pas vu dans l'industrie, si cela s'est déjà vu. Je ne peux faire autrement que d'être fier d'avoir eu ces gains-là», a commenté M. Martel.

«Non seulement nous allons chercher des hausses beaucoup plus intéressantes, mais nous avons fait comprendre à l'employeur que le rattrapage devait se faire plus rapidement. Avec l'entente de principe proposée, au bout de trois ans, nous aurons récupéré l'ensemble des sacrifices que nous avons dû faire dans le passé», se réjouit Herman Martel. 

Ce dernier fait entre autres référence à une baisse de 10 % du revenu des travailleurs en 2010. 

En plus des enjeux salariaux, le syndicat a souligné que les membres avaient fait des gains notables sur plusieurs autres aspects, notamment, l'amélioration des clauses sur le mouvement de main-d'oeuvre, l'amélioration du régime d'assurance collective, la bonification de l'indemnité de licenciement et du système de boni de production. Les membres obtiennent également le plein contrôle sur leur régime de retraite. 

«On ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais je peux dire aujourd'hui que je suis très satisfait», a commenté David Gagné, un travailleur de la scierie. Son point de vue était d'ailleurs partagé par plusieurs autres collègues rencontrés par Le Nouvelliste.

Le Conseil central du Coeur du Québec-CSN s'est aussi réjoui du dénouement rapide et positif de ce conflit de travail. 

«Il est clair que les travailleurs ont développé un important rapport de force qui aura permis d'obtenir ces gains substantiels à la table de négociation», soutient le président du conseil central, Paul Lavergne.

Selon ce dernier, les travailleurs n'avaient pas le goût d'étirer le conflit inutilement et ils ont réussi à obtenir le respect de l'employeur. 

«L'exercice qu'on vient de vivre a soudé l'équipe. On parle d'un groupe qui a appris à se connaître à travers une épreuve. Tout le monde en sort grandi. Au-delà des bénéfices pécuniaires qui ont pu être retirés, de démontrer à l'employeur que ces gens-là ont une colonne vertébrale et qu'ils sont capables de se tenir debout, je pense que c'est un deuxième objectif très payant», a-t-il poursuivi.

En acceptant cette convention collective, le syndicat souligne que ses membres ont posé un geste concret pour assurer les conditions optimales à un investissement majeur de la part de l'employeur dans la scierie.

«C'est maintenant au tour du gouvernement et de PFR de s'entendre et de rendre possible le projet d'investissement de 17 millions de dollars annoncé en septembre dernier. Le syndicat et la FIM-CSN sont prêts à mettre l'épaule à la roue, mais il faut vite passer de la parole aux actes concrets», a souligné Alain Lampron, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN). 

Le syndicat des travailleurs entend bien appuyer l'employeur dans ses démarches dans la mesure du possible. Il faut dire que ces investissements majeurs viendraient assurer une pérennité d'emploi pour les employés.

L'employeur s'est également dit satisfait du dénouement du conflit. Il a fait savoir que le retour au travail des 115 employés se ferait progressivement dans les prochains jours et la situation devrait être de retour à la normale dans les prochaines semaines.

«L'acceptation avec un haut taux c'est une très bonne nouvelle. Je pense que ça nous permet de continuer de regarder vers l'avenir», a commenté Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits Forestiers Résolu.

Quant au projet de modernisation de 17 millions, les discussions se poursuivent avec le gouvernement. On veut toujours aller de l'avant avec les investissements qui permettraient de créer plusieurs emplois et d'ajouter un quart de travail à la scierie.

«On a amorcé des discussions avec le ministère pour avoir accès à des volumes de bois supplémentaires. [...] Il est clair que pour réaliser un projet dans lequel on va augmenter la production et la productivité, ça peut se faire uniquement si on est en mesure d'avoir davantage de fibre», a mentionné M. Blackburn.

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