Des contradictions pour l'activité entrepreneuriale

Les deux professeurs de l'UQTR, Étienne St-Jean et... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Les deux professeurs de l'UQTR, Étienne St-Jean et Marc Duhamel, dévoilant les résultats du rapport sur l'activité entrepreneuriale québécoise.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) D'un côté, un Québec qui se situe parmi les meilleurs au monde pour son activité entrepreneuriale, de l'autre, une peur de l'échec en hausse et un faible sentiment de compétence pour se lancer en affaires: voilà autant d'indicateurs contradictoires qui ressortent d'une étude présentée mercredi par l'Institut de recherche sur les PME de l'UQTR.

Selon ce rapport sur l'activité entrepreneuriale québécoise issu de l'enquête 2015 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM), le taux d'entrepreneuriat émergent au Québec a connu une forte croissance depuis l'an dernier.

Si l'année 2014 avait enregistré un taux record dans les intentions d'entreprendre des Québécois, cette volonté s'est traduite, en 2015, par une importante progression dans la proportion d'entrepreneurs naissants et nouveaux.

En effet, le taux d'entrepreneuriat émergent (personnes en processus de création ou de démarrage d'entreprise) est passé de 10,5 % à 13,5 % au Québec, la province devançant ainsi tous les pays tirés par l'innovation (économie reposant sur les savoirs et une croissance des industries de services).

«Une compilation de nos résultats, depuis 2013, indique que les entrepreneurs émergents du Québec sont très dynamiques. Ils demeurent parmi les plus innovateurs et les plus ambitieux pour la croissance, en plus d'être tournés vers l'international, passant ainsi devant le reste du Canada pour tous ces indicateurs.

En contrepartie, les entrepreneurs émergents québécois utilisent de manière moins marquée les moyennes et hautes technologies», a indiqué Étienne St-Jean, professeur en management des PME à l'UQTR.

«Cette difficulté à s'outiller est un constat presque alarmant», renchérit l'autre coauteur du rapport québécois, Marc Duhamel.

Par ailleurs, les jeunes du Québec présentent une forte propension à démarrer une entreprise. Ils sont plus enclins à passer à l'action que dans le reste du Canada et les autres pays comparables. Même que l'activité entrepreneuriale émergente des 18-24 ans québécois (compilation 2013-2015) se révèle la plus forte de tous les pays tirés par l'innovation.

«Il n'y a pas que les jeunes qui se démarquent. Pour 2013 à 2015, l'activité entrepreneuriale émergente des Québécois âgés de 45 à 54 ans s'avère la plus élevée de tous les pays comparables. Cependant, celle des 55-64 ans figure parmi les plus faibles. Et on ne sait pas encore pourquoi», rapporte le professeur St-Jean.

À ce sujet, son collègue suggère de valoriser l'entrepreneuriat senior, qui est d'ailleurs une tendance dans les pays occidentaux. Considérant l'arrivée massive des baby-boomers au tournant de la retraite, il serait avantageux, croit-on, que ceux-ci restent économiquement actifs le plus longtemps possible. 

Le duo a aussi indiqué que l'activité entrepreneuriale se manifestait aussi par l'intrapreneuriat (démarrage de projets autonomes au sein d'une organisation). En 2015, pas moins de 8 % des travailleurs québécois étaient engagés dans des activités intrapreneuriales, plaçant ainsi le Québec au 5e rang des pays tirés par l'innovation. En combinant l'activité entrepreneuriale émergente à l'activité intrapreneuriale, le Québec se classe au 2e rang et se place devant le reste du Canada.

L'élan entrepreneurial enregistré au Québec est également appuyé par une progression des investisseurs informels alors que 5,5 % de la population a personnellement contribué aux capitaux propres d'une entreprise qui ne lui appartenait pas. Il s'agit d'une progression de 1,2 % par rapport à 2014.

Malgré une légère progression en 2015, le sentiment de compétence perçue pour démarrer une entreprise reste relativement bas au Québec. Depuis 2013, les opportunités d'affaires identifiées par les citoyens québécois sont à la baisse (58,6 % à 51 %). De plus, la peur de l'échec - constituant un frein à la création d'entreprises - a connu une augmentation (33,9 % à 40,9 %), alors que les intentions d'entreprendre ont accusé une légère baisse (15,6 % à 15 %).

L'enquête du GEM constitue la plus grande étude portant sur le dynamisme entrepreneurial dans le monde. Depuis 2013, le volet québécois de cette enquête est présenté par des chercheurs de l'Institut de recherche sur les PME. Cette année, les deux auteurs du rapport sont le professeur Étienne St-Jean, titulaire de la Chaire de recherche UQTR sur la carrière entrepreneuriale, et le professeur Marc Duhamel (finance et économique).

Le rapport sur l'activité entrepreneuriale québécoise (2015) a pu être produit grâce à la collaboration de l'équipe canadienne du GEM et au soutien financier du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation (MESI) du Québec. Une quarantaine d'experts se sont aussi exprimés au sujet des conditions-cadres de l'entrepreneuriat au Québec. Des entrepreneurs québécois ont également partagé leur rêve entrepreneurial. La version complète du rapport est disponible au www.uqtr.ca/etienne.st-jean.

Finalement, on a pu apprendre que les acteurs de l'éducation de la Mauricie accueilleront plus de 250 congressistes experts en entrepreneuriat et PME, du 25 au 28 octobre, alors que se tiendront conjointement un congrès international et un colloque sur le campus de l'UQTR. Ces deux événements sont organisés d'une part par l'Institut de recherche sur les PME de l'UQTR, l'initiateur du projet, et d'autre part par un effort combiné des établissements d'enseignement de la Mauricie - du primaire à l'université -, regroupés au sein de la Table régionale de l'éducation de la Mauricie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer