Scierie de Rivière-aux-Rats: une semaine de grève... aucune discussion

Les travailleurs ont installé des roulottes de grève.... (Audrey Tremblay)

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Les travailleurs ont installé des roulottes de grève. Ils sont présents 24 heures sur 24 à l'entrée de la scierie de Rivière-aux-Rats.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Une semaine s'est écoulée depuis le déclenchement de la grève des travailleurs de la scierie de Rivière-au-Rats et aucune discussion, ni même un contact, n'a eu lieu entre l'employeur et le syndicat. Les syndiqués s'organisent sur la ligne de piquetage, et continuent de revendiquer un meilleur salaire.

«On attend toujours que l'employeur nous relance avec des offres sérieuses. C'est évident qu'on n'ira pas s'asseoir pour parler de la pluie et du beau temps. On a vu dans les journaux que l'employeur était prêt à se rasseoir, mais on n'a pas eu de signal. [...] On est prêt à mener la bataille jusqu'au bout», a lancé d'entrée de jeu Herman Martel, président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la scierie Abitibi Consolidated division La Tuque (CSN).

«Pas de discussion, pas de négociation. On est au point mort», a confirmé Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez PFR. 

Le travail de sensibilisation se poursuit sur la ligne de piquetage. On n'empêche pas les camions d'entrer à la scierie, mais on prend le temps d'expliquer la situation à chaque conducteur.

«C'est agréable d'avoir le soutien massif de la population et des transporteurs», a affirmé Herman Martel.

D'ailleurs, les appuis sont nombreux à entendre résonner les bruits de klaxon sur la route 155 où se sont installés les travailleurs en grève. Certains camionneurs font même demi-tour. 

«On est un peu au courant du conflit, et on les appuie. C'est choquant pour leur salaire», a commenté un camionneur qui préfère garder l'anonymat.

«On est allé charger quand même. On n'a pas vraiment le choix, c'est notre travail et nos patrons nous poussent à y aller. [...] C'est un peu plus long que normalement, mais ça se passe bien», a-t-il ajouté.

Présentement, il n'y a plus aucune production dans la scierie. Par ailleurs, la livraison des commandes se poursuit et ce sont des cadres qui s'occupent du chargement. Des cadres qualifiés selon l'employeur.

«Ce sont des cadres qui travaillent. On fait un minimum de manutention. Les gens du syndicat ont été avertis. Ce sont des choses qui doivent être sorties et c'est pour ça qu'on le fait de cette façon-là, mais c'est le plus qu'on peut faire. On le fait en toute transparence. Il y a des commandes vendues et payées, il faut livrer», a expliqué M. Blackburn.

Par ailleurs, le syndicat dénonce la situation qu'il estime non sécuritaire. «L'employeur expédie les produits qu'il avait déjà vendus. Syndicalement, ça nous inquiète. Les gens qui opèrent la machinerie, ce sont des coordonnateurs de plancher qui n'opèrent jamais de machinerie lourde habituellement. C'est dangereux, une fausse manoeuvre pourrait tuer quelqu'un. Selon la loi, c'est correct, mais ça nous inquiète», a dénoncé Herman Martel.

Rappelons que les travailleurs de la scierie ont rejeté les dernières offres patronales à 92 %. C'est au niveau salarial que les discussions achoppent. L'employeur propose une convention collective d'une durée de sept ans avec une augmentation salariale globale de 13 %, soit en moyenne 1,9 % par année, et un rattrapage de l'ordre de 8 %. 

Pour sa part, le syndicat exige des augmentations de 3 % par année, et un rattrapage salarial de 10 %, pour combler les diminutions de salaire des dernières années.

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