Rivière-aux-Rats: «On est ici pour dire c'est assez»

En grève depuis vendredi, les travailleurs de la... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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En grève depuis vendredi, les travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats et le président du syndicat, Herman Martel (à gauche) réclament des augmentations salariales.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) En grève depuis vendredi, les travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats ont commencé à se faire entendre, et surtout à se faire voir à l'entrée de l'usine. Les employés, sans contrat de travail depuis juin 2015, étaient nombreux lundi. Ils revendiquent notamment un rattrapage salarial.

«Ce que l'on veut démontrer, c'est qu'on veut se faire respecter par l'employeur. On est prêt à négocier de bonne foi et non pas se faire encarcaner et se faire imposer des choses», a lancé d'entrée de jeu Herman Martel, président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la scierie Abitibi Consolidated division La Tuque (CSN).

La circulation a été ralentie dans le secteur en raison de la présence des syndiqués aux abords du pont de Rivière-aux-Rats. Toutefois, les travailleurs ne perturbent pas le transport.

«On sent un appui de la population de La Tuque [...] C'est certain que ç'a ralenti un peu la circulation, mais notre but ce n'est pas d'écoeurer les gens. C'est de signifier à l'employeur qu'il faut se rasseoir convenablement. Ce n'est pas à nous à plier et d'accepter n'importe quoi. [...] Présentement on n'arrête rien, mais on ne facilite pas le passage non plus», a souligné M. Martel.

Les travailleurs de la scierie ont rejeté les dernières offres patronales à 92 %. C'est sur le plan salarial que les discussions achoppent. L'employeur propose une convention collective d'une durée de sept ans avec une augmentation salariale globale de 13 %, soit en moyenne 1,9 % par année, et un rattrapage de l'ordre de 8 %. 

Pour sa part, le syndicat exige des augmentations de 3 % par année, et un rattrapage salarial de 10 %, pour combler les diminutions de salaire des dernières années. 

«Ce n'est pas compliqué, je gagne le même salaire qu'en 2004. Elle est où la logique là-dedans ? [...] On rit de nous autres, ça n'a aucun sens. Pendant que les dirigeants se graissent, nous qui produisons la richesse, sommes laissés pour compte. On est ici pour dire c'est assez», a lancé Jean-Pierre Nantel, un employé. 

«Produit forestier Résolu est censé exploiter la forêt, mais présentement c'est la main-d'oeuvre qui est exploitée. C'est inacceptable. Le coût de la vie augmente, les denrées, l'électricité, le carburant... On est obligé de faire des heures supplémentaires pour avoir un salaire qui a de l'allure. Normalement ça devrait être le beurre sur le pain, et actuellement, on a de la misère à avoir le pain», a-t-il ajouté.

Lundi en fin de journée, le syndicat était toujours sans nouvelle de l'employeur Produits forestiers Mauricie, une entreprise détenue majoritairement par Produits forestiers Résolu (PFR) et la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice. «On va être ici toute la semaine, tout le mois, toute l'année... Je ne sais pas où ça va arrêter, mais on est là tant et aussi longtemps qu'on ne se sera pas assis avec le boss et qu'on n'aura pas gain de cause», a affirmé Herman Martel.

D'ailleurs, une première roulotte de grève a été installée et une deuxième devrait arriver sous peu. Les travailleurs promettent d'être sur la ligne de piquetage 24 heures par jour et 7 jours par semaine. D'autres moyens de pression pourraient aussi être utilisés. Le syndicat affirme que la situation sera évaluée «au fur et à mesure».

L'employeur est prêt à négocier

Les deux parties impliquées dans le litige n'ont eu aucune discussion depuis le rejet des offres patronales, vendredi dernier. Toutefois, l'employeur s'est dit ouvert à la négociation. 

«On est en attente d'une demande de rencontre de leur part, d'une négociation ou d'une proposition quelconque. On souhaite être en mesure de trouver ensemble des pistes de solution, et c'est en s'assoyant qu'on va y arriver. On attend un retour de leur part», a fait savoir Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez PFR. Ce dernier a aussi confirmé que la production était arrêtée.

Lorsque les employés ont déclenché la grève vendredi dernier, ils se questionnaient à savoir si la présentation de l'important projet d'investissement d'une quinzaine de millions, quelques jours plus tôt, était un piège. L'employeur répond que non.

«On ne veut pas commencer à négocier sur la place publique, mais le projet d'investissement c'est une chose totalement distincte de la convention collective. Un ne va pas avec l'autre sauf qu'il est clair que pour être en mesure de faire un projet d'investissement de la sorte, on doit réunir des conditions. 

Ç'a n'a jamais été, d'aucune façon, relié au renouvellement de la convention collective. C'est deux choses totalement distinctes», a-t-il conclu.

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