L'entreprise Produit de nos grand-mères se retrousse les manches

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Il ne reste que des ruines de l'édifice qui abritait les Produit de nos grand-mères, à Saint-Séverin.

François Gervais

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(Saint-Séverin) Au lendemain de l'incendie qui a complètement ravagé l'usine de production des Produit de nos grand-mères, à Saint-Séverin, l'heure était au bilan et à l'évaluation des dommages, vendredi pour la famille Déry, propriétaire de l'usine. Mais à travers les experts en sinistre et les nombreux curieux venus constater les dommages, les camions de livraison continuaient de venir chercher les commandes dans l'entrepôt situé en face qui, heureusement, n'a pas été touché. Preuve que malgré la tragédie, les affaires continuent de rouler.

Le propriétaire de l'entreprise, Nicolas Déry, n'a pas eu le temps de pleurer sur son sort. Déjà vendredi matin, le téléphone ne dérougissait pas, et le propriétaire, en compagnie de ses enfants qui sont en affaires avec lui, se retroussait les manches pour voir de quelle façon il pouvait reprendre les affaires le plus rapidement possible.

Car si l'entrepôt est plein à craquer d'un inventaire de près de 700 000 $ de nombreux produits qui pourront suffire à la demande des prochaines semaines pour les épiceries, il devient désormais urgent de trouver un endroit temporaire où la production pourra être relocalisée afin de fournir la demande de produits de mayonnaise de l'entreprise.

«C'est ce qui presse le plus pour nous. Encore ce matin, on a un camion réfrigéré qui part vers l'Ontario avec une commande de pots de mayonnaise. Mais il va falloir en refaire rapidement parce qu'on n'en a presque plus en inventaire», évoque Nicolas Déry.

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Nicolas Déry, propriétaire de l'usine, cherche désormais un endroit pour relocaliser sa production.

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Rebâtir

Si l'entreprise se cherche un endroit temporaire pour produire sa mayonnaise, elle devra aussi songer rapidement à sa relocalisation. Car oui, les propriétaires vont rebâtir et oui, les emplois seront conservés, martèle Nicolas Déry.

Toutefois, il est bien peu probable que les activités reprennent là où se trouvait la bâtisse, en plein coeur du village, à l'endroit même où, vendredi matin, on constatait qu'il ne restait que des ruines. «Je ne pense pas qu'on va pouvoir rebâtir à cet endroit. Nous avions un droit acquis parce que ça faisait plus de 40 ans que nous étions là, mais il y a des maisons tout autour et on n'a aucune possibilité d'expansion alors je ne pense pas que ça va être possible», constate M. Déry, indiquant être maintenant à la recherche d'un nouveau local ou encore d'un emplacement où bâtir une nouvelle usine.

Déjà, plusieurs ont levé la main pour accueillir l'entreprise dont le chiffre d'affaires grimpe à près de 7 M$ annuellement. Des collègues de l'Ontario et de Montréal, ont déjà téléphoné, eux qui aimeraient bien voir l'entreprise déménager et s'installer à proximité de leur centre de production. Mais Nicolas Déry semble déterminé à demeurer aux alentours, ne serait-ce que pour conserver sa main-d'oeuvre déjà formée.

Du côté de la municipalité, la mairesse Julie Trépanier a l'intention de rencontrer le propriétaire de l'entreprise dès le début de la semaine pour lui proposer des solutions afin de le voir demeurer dans la municipalité. «Nous avons identifié deux endroits qui pourraient être intéressants pour la relocalisation. C'est certain que la décision finale lui appartient, mais nous on espère beaucoup que ça reste chez nous. Plusieurs des employés demeurent à Saint-Séverin et se déplaçaient à pied ou en vélo», fait-elle remarquer, rappelant que Produit de nos grand-mères est l'employeur le plus important de Saint-Séverin, avec la scierie du Groupe Rémabec. Les revenus de taxation d'une telle entreprise sont aussi très importants pour le budget de la municipalité de 850 personnes. 

Pompiers

Les pompiers de la Régie des incendies du Centre-Mékinac sont revenus sur les lieux de l'incendie vendredi matin, par précaution. Alors que certaines personnes disaient voir de la fumée s'échapper de nouveau des ruines, il semble que ce soit plutôt les rayons du soleil qui aient fait évaporer le givre dès les petites heures du matin.

«Nous y sommes retournés pour ne prendre aucune chance, pour s'assurer que tout était bien éteint. La pelle mécanique était déjà sur place, alors nous avons emmené un camion autopompe citerne de 1500 gallons qu'on a pu répandre sur les ruines en remuant avec la pelle mécanique et en utilisant une caméra thermique. Mais il n'y avait plus de foyer d'incendie», confirme René Tourigny, directeur de la Régie du Centre-Mékinac.

Ce dernier s'est par ailleurs dit préoccupé par les propos rapportés par certains employés de l'entreprise dans les médias, jeudi, qui indiquaient qu'ils avaient remarqué que ça sentait la fumée depuis un certain moment lorsque l'incendie s'est déclaré. «On ne peut pas savoir si, dans ce cas-ci, ça aurait changé quelque chose. Mais de façon générale, lorsqu'il y a même juste une simple odeur de fumée, il faudrait toujours appeler les pompiers. Nous, avec nos équipements, on peut faire les vérifications nécessaires. Et nous préférons cent fois faire une vérification pour rien que de devoir comptabiliser des pertes importantes», ajoute René Tourigny.

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