Une subvention de 1,5 M$ à Bioénergie La Tuque

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) C'est toute une brochette d'intervenants et de dirigeants qui se sont déplacés à La Tuque, lundi, pour l'annonce d'une aide financière de 1,5 M$ accordée à Bioénergie La Tuque (BELT).

Daniel McMahon, recteur de l'Université du Québec à... (Audrey Tremblay, La Tuque) - image 1.0

Agrandir

Daniel McMahon, recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Julie Boulet, ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, Pierre Arcand, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Normand Beaudoin, maire de La Tuque, Patrice J. Mangin, directeur général de BELT, Pierre Lapointe, président et chef de la direction de FPInnovations et Patrice Bergeron, président de BELT étaient présents pour l'annonce.

Audrey Tremblay, La Tuque

Québec a annoncé que l'argent servirait à soutenir la réalisation d'études de faisabilité technico-économiques qui pourraient coûter près de 4,6 M$ à BELT. Ces études constituent une étape préalable à l'implantation d'une bioraffinerie forestière commerciale à La Tuque d'ici 2023.

«L'implantation de cette future bioraffinerie dans la région de la Mauricie serait certainement un pas de géant (dans le développement de la filière des bioénergies). Nous sommes fiers aujourd'hui d'appuyer la réalisation des études de faisabilité. [...] Je suis très heureux et très impressionné par le travail qui a été accompli jusqu'ici par BELT», a commenté le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand. 

«C'est par l'énergie que le Québec est entré dans la modernité. Et c'est par la maîtrise des énergies renouvelables, dont la biomasse forestière, qu'il sera plus prospère», a-t-il ajouté.

Selon Québec, la bioraffinerie, approvisionnée à partir de résidus forestiers, est directement liée à la Politique énergétique 2030 dévoilée en avril et pourrait contribuer à l'atteinte des cibles du gouvernement, soit, notamment, de réduire la consommation de 40 % des produits pétroliers et d'augmenter de 25 % la production totale d'énergie renouvelable et de 50 % la production de bioénergie.

Rappelons que le projet de BELT consiste à installer la première bioraffinerie au Canada qui produira plus de 200 millions de litres par an de carburant totalement renouvelables.

On estime qu'entre 650 000 et 1,2 million de tonnes métriques de résidus de coupe issus de la région de la Haute-Mauricie pourraient être valorisés dans l'usine.

Un projet de près d'un milliard de dollars qui pourrait créer aux alentours de 490 emplois. L'objectif à court terme est d'aménager et d'opérer une usine de démonstration aux alentours de 2020, et une usine de taille commerciale en 2023.

«Le projet mobilisateur est bénéfique d'un point de vue économique parce qu'il permet non seulement de créer des emplois directs et indirects à partir de la biomasse forestière résiduelle de la région, mais également de miser sur la fabrication locale des principaux équipements. C'est ce qu'on appelle maximiser les retombées», a ajouté la ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet.

Le projet réunit plusieurs joueurs, notamment, des élus, des organismes de développement économique, des centres de recherche spécialisés et des universités. Plusieurs d'entre eux étaient d'ailleurs sur place pour l'annonce.

«Nous sommes témoins d'un renouveau historique du rôle de la forêt. Il était tout à fait naturel pour l'UQTR de s'inscrire dans ce projet capital et fort structurant pour la région [...] Le projet BELT ouvre la voie à de nombreuses collaborations avec nos unités de recherche associées au domaine de la bioénergie et du bioraffinage», a mentionné Daniel McMahon, recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Les dirigeants de BELT et de la Ville de La Tuque se réjouissaient de l'implication de Québec dans le projet. «C'est un rêve qui commence à se réaliser. La crise forestière nous a permis de mieux regarder notre forêt. [...] C'est un projet exceptionnel, innovateur et créateur d'emplois qui va assurer l'avenir de notre collectivité», a ajouté le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

«Nous visons un succès commercial, économique, social et environnemental. [...] Le projet est ambitieux, difficile, mais totalement réalisable», a commenté Patrice J. Mangin, directeur général de BELT.

Le ministre Arcand a d'ailleurs eu l'occasion de rencontrer des investisseurs potentiels. Impossible toutefois d'en savoir plus sur leur identité.

«Les gens croient au projet, mais là ils veulent savoir c'est quoi les coûts. [...] C'est pour ça qu'il faut arriver avec une étude de faisabilité avec une démonstration claire, nette et précise à ces investisseurs que le projet peut être rentable et je n'ai aucun doute que ce sera le cas», note M. Arcand.

Deux projets distincts

Québec a annoncé récemment des sommes d'argent à Parent dans un projet d'usine expérimentale qui sert à valoriser la biomasse forestière. On assure que ce sont deux produits différents, et que les projets sont même complémentaires.

«C'est une technologie différente dans le cas de Pyrobium. C'est complémentaire. On a suffisamment de biomasse ici pour pouvoir produire et faire ces changements-là», a affirmé le ministre Arcand.

La nation atikamekw sera consultée

Les dirigeants de la nation atikamekw avaient fait savoir leur déception la semaine dernière de ne pas avoir été consultés dans le projet. Le président de BELT assure qu'ils le seront.

«On a un devoir de consultation et d'accommodement qu'on va remplir. On va s'asseoir avec eux. Par contre, il faut un peu de temps, l'équipe vient d'être mise en place», a mentionné Patrice Bergeron, président de BELT. 

Le maire de La Tuque, pour sa part, est ouvert à la collaboration à condition que la nation atikamekw paie au même titre que la Ville.

«On va les consulter. S'ils veulent embarquer dans le projet, je n'ai aucun problème. J'ai rencontré Constant (Awashish) il y a quelques semaines. Je les ai invités à embarquer, mais s'ils embarquent, ils vont devoir financer tout comme la Ville», a lancé le maire.

Confondre les sceptiques

Il n'y a aucun doute que les experts croient au projet de BELT. Toutefois, des doutes subsistent encore au sein la population de la Haute-Mauricie. Mercredi, les dirigeants de BELT vont tenter de confondre les sceptiques devant la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice avec un résumé simple et précis du projet.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer