Une équipe d'experts pour la réalisation de la bioraffinerie

Patrice Mangin, directeur général de BELT, Marko Nokkala,... (Audrey Tremblay)

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Patrice Mangin, directeur général de BELT, Marko Nokkala, du VTT, Normand Beaudoin, maire de La Tuque, et Patrice Bergeron, président de BELT.

Audrey Tremblay

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Une trentaine d'experts dans le domaine de la bioénergie provenant du Canada et de l'Europe sont actuellement regroupés à La Tuque pour le lancement du projet de bioraffinerie à base de résidus de coupes forestières de La Tuque. Un projet de près d'un milliard de dollars qui pourrait créer autour de 490 emplois.

L'équipe de travail aura deux ans, soit de 2016 à 2018, pour réunir toutes les données nécessaires dans le cadre des études technico-économiques. Elle devra démontrer que toutes les conditions sont présentes pour faire de l'implantation d'une bioraffinerie à La Tuque un succès commercial et déterminer quelle est la meilleure solution technologique pour y arriver.

«On veut un plan d'usine. On espère pouvoir avoir une première idée, à plus ou moins 30 %, d'ici octobre 2018. Ça va être très dur, mais on va le faire [...] J'ai rarement vu un terrain aussi favorable. On va réussir», lance d'entrée de jeu Patrice Mangin, le directeur général de Bioénergie La Tuque (BELT) qui est également professeur en génie chimique et titulaire de la Chaire de recherche sur la bioéconomie et la bioénergie régionale à l'UQTR.

Ce dernier est clair, le projet est ambitieux, le délai est court, mais il est réalisable. D'ailleurs, les experts de cette équipe de travail rencontrés par Le Nouvelliste sont unanimes à ce sujet. Des gens ont fait le voyage de la Finlande pour participer à la rencontre. 

Ils veulent amener leur expertise et une vision de comparaison internationale. Selon eux, ils ont un angle différent afin de voir l'approvisionnement en produits de biomasse car le marketing de ce type de produit n'est pas identique à celui utilisé dans leur pays. 

«Je suis quelqu'un qui croit fermement dans l'industrie de la biomasse et de la bioénergie. Je crois aussi que le Canada, avec ses immenses ressources bioénergétiques, peut faire beaucoup mieux qu'il ne le fait maintenant. Vous êtes choyés d'avoir autant d'énergie hydroélectrique mais je crois que l'utilisation d'une plus grande proportion de bioénergie est définitivement une façon d'envisager l'avenir pour le Canada», a expliqué Marko Nokkala du VTT, le centre de recherche technique de la Finlande. 

Les autres experts proviennent de plusieurs centres reconnus dans le domaine, entre autres FPInnovations, l'UQTR, l'Université Laval et l'École Polytechnique de Montréal. Tout un chacun aura un rôle bien spécifique à jouer dans le projet. 

«On va être la voix du gouvernement du Canada dans ce projet-là. Nous apportons une contribution scientifique technique et un accompagnement au niveau politique [...] Le projet est réaliste et ambitieux, il faut le dire, mais l'équipe qu'on a réunie va faire que le projet sera réalisable», a commenté Marzouk Benali, chercheur scientifique principal de CanmetÉNERGIE, un organisme associé à Ressources naturelles Canada.

«Je m'occupe des aspects environnementaux et de l'approvisionnement en biomasse forestière. On va évaluer les impacts possibles sur les sols, la biodiversité sur l'eau de la récolte de biomasse. On va aussi regarder s'il y a des préoccupations locales particulières envers la récolte de biomasse», a pour sa part expliqué Évelyne Thiffault professeure adjointe au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval.

Rappelons que le projet de BELT consiste à installer la première bioraffinerie au Canada qui produira plus de 200 millions de litres par an de carburant totalement renouvelable. 

«Avec ce projet, La Tuque joue dans les ligues majeures. Nous sommes enfin rendus à l'étape où nous pouvons sérieusement nous préparer à recevoir cette nouvelle industrie chez nous. Nous sommes persuadés que toutes les conditions gagnantes sont réunies à La Tuque pour la réalisation de ce projet. Il reste à le prouver aux investisseurs», a commenté le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Ce dernier estime que c'est un projet de développement aussi important dans l'histoire que l'a été l'implantation de l'usine de pâte et papier en 1910. 

«C'est l'innovation et le futur, tout en ayant un caractère forestier qui fait partie de notre ADN. De plus, il s'agit non seulement d'un projet majeur pour notre région, mais c'est aussi un projet important pour le Québec et le Canada qui, on l'espère, fera des petits dans d'autres villes au pays pour créer des emplois. Le pays entier a les yeux tournés vers nous», a souligné le maire Beaudoin.

De son côté, le président de Bioénergie La Tuque et directeur du Service de développement économique et forestier (SDÉF) de Ville de La Tuque, Patrice Bergeron, est très heureux que le projet intéresse à ce point les experts dans le domaine qu'ils veulent tous participer à ce succès.

«Nous sommes très fiers de voir qu'il y a avec nous cette semaine 35 individus hautement qualifiés qui connaissent mieux que personne ce domaine et qui sont persuadés, tout comme nous, qu'on peut en faire un succès commercial», a commenté M. Bergeron.

Ce dernier croit fermement que cette équipe réussira à mettre sur pied d'ici 2018, «le meilleur projet de bioraffinerie forestière au monde.»

Les participants auront l'occasion de visiter le site Vallières, qui a été identifié par la Municipalité comme l'endroit parfait pour installer la future usine. Les membres de l'équipe vont aussi visiter un pyrolyseur mobile pouvant produire des huiles pyrolytiques sans eau et du bio-charbon à partir de résidus forestiers. 

Québec devrait annoncer en début de semaine prochaine sa participation financière dans le projet, un montant qui devrait se chiffrer autour de 1,5 million de dollars.

Les citoyens de La Tuque pourront également en apprendre davantage mercredi prochain alors que les dirigeants de BELT seront devant la chambre de commerce pour présenter le projet.

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