Pour dompter l'éléphant dans la pièce

Louise Cadieux, professeur en management à l'UQTR, Martin... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Louise Cadieux, professeur en management à l'UQTR, Martin St-Pierre, directeur général à la CCIS, Mario Lamontagne, président de la CCIS et animateur au colloque, ainsi que le maire de Shawinigan, Michel Angers, lors de la présentation de la programmation du premier colloque pour soutenir la relève et le transfert d'entreprise mardi après-midi, au IGA Extra famille Baril de Shawinigan.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'enjeu de la relève et du transfert d'entreprise est devenu si important dans la région que la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan a jugé qu'il fallait organiser un colloque sur ce thème. L'événement se déroulera le 12 octobre, au Digihub.

La programmation a été dévoilée mardi après-midi au IGA Extra famille Baril de Shawinigan, une place d'affaires qui illustre un transfert réussi. Selena Baril s'est intégrée progressivement dans le commerce depuis neuf ans.

Si tout va pour le mieux au supermarché, Claude Baril convient qu'il n'incarne pas l'exemple à suivre dans la réflexion qui l'a mené à confier son entreprise à sa fille. Le décès de son frère a précipité sa décision, alors que dans les faits, un transfert à un membre de la famille implique un cheminement de... dix ans, suggère Louise Cadieux, professeure en management au département des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

«Je me suis réveillé un matin et ça m'a pété en pleine face», explique l'homme d'affaires. «J'étais rendu là. Quand mon frère est décédé, c'était clair dans ma tête, il me restait quatre ans à vivre! Ça pressait. Mais c'était important que la philosophie d'entreprise demeure. C'est moi qui avais engagé ces employés.»

Le 12 octobre, Mme Cadieux assumera la conférence d'ouverture et par la suite, quatre ateliers se suivront: la dimension humaine du plan de relève, la planification de la transmission, les aspects légaux et fiscaux et le financement. Plusieurs experts ont confirmé leur participation à l'événement.

Sur l'heure du midi, le directeur général de la CCIS, Martin St-Pierre, animera une conférence sous forme d'entrevue avec Luc Ménard, vice-président principal, Investissement chez Desjardins entreprises.

Mme Cadieux étudie le transfert d'entreprises depuis une vingtaine d'années à travers le monde.

«Les difficultés sont pareilles partout», explique-t-elle.

«Au Québec, on s'intéresse de près au transfert d'entreprise depuis quelques années. Le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation s'est vraiment impliqué dans la problématique du transfert. Au gouvernement, de même que dans les milieux professionnels comme chez les avocats, les fiscalistes, les gestionnaires de ressources humaines, il y a une conscientisation et des actions sont prises.»

Mais il reste un gros éléphant dans la pièce, ajoute la professeure.

«Le vrai problème, c'est que les entrepreneurs sont difficiles à mobiliser sur les activités qu'on va organiser pour les sensibiliser», poursuit-elle.

«C'est comme s'ils ne prenaient pas conscience que la préparation de la relève peut prendre dix ans. Ils vont y penser quand ils vivront quelque chose de marquant. Ils ne saisissent pas l'impact de leur décision, surtout ce qui va arriver au cédant, les deuils associés: quitter son bureau, prendre moins de place, perdre son statut social, son réseau. C'est une dynamique un peu curieuse: pour assurer la continuité de l'entreprise, il faut qu'ils s'enlèvent de là pour la donner à des mains plus jeunes qui l'amèneront encore plus loin. C'est extrêmement complexe.»

Selon Mme Cadieux, les acquéreurs se divisent à peu près également entre la famille, les employés ou un contact extérieur.

«Mais les transmissions familiales sont à la baisse», précise Mme Cadieux. «C'est une tendance lourde. Il y a moins d'enfants, qui sont plus scolarisés. Avec une profession, ils ne sont pas toujours intéressés à reprendre l'entreprise familiale.»

De plus, comme l'investissement requis en capital humain ne se conjugue pas nécessairement avec une enviable qualité de vie, certains préfèrent regarder vers d'autres horizons.

Pour ce premier colloque, M. St-Pierre souhaite attirer environ 75 participants le 12 octobre. Rappelons que la relève en entreprise faisait partie des quatre grands dossiers prioritaires identifiés par la CCIS en 2016-2017.

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