Le ministre Blais justifie son projet de loi 70

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Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec des centaines de nouveaux demandeurs d'aide sociale aptes au travail en Mauricie et 22 300 postes à pourvoir d'ici 2019, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, mise sur son projet de loi 70 pour forcer la main à cette main-d'oeuvre disponible afin d'intégrer le marché du travail et répondre ainsi aux besoins des entreprises.

«En Mauricie, le taux de chômage est plus bas que la moyenne. Les employeurs parlent de plus en plus d'un problème de main-d'oeuvre. Il y a vraiment des emplois disponibles, comme en témoigne le placement en ligne d'Emploi-Québec avec ses centaines d'offres au quotidien, et qui ne demandent pas nécessairement une grande qualification», a-t-il confié au Nouvelliste.

Selon les données recueillies par son ministère, le Programme objectif emploi, prévu dans la future législation, aurait permis d'aider en Mauricie 380 hommes et 232 femmes aptes au travail qui en étaient à leur première demande d'aide sociale en 2014-2015. Or, pas moins de 87 % de ces premiers demandeurs sont des jeunes de moins de 35 ans.

«On veut créer une obligation pour les premiers demandeurs de rencontrer une personne au centre local d'emploi qui va faire son évaluation socioprofessionnelle. D'où viens-tu? As-tu suivi une formation? Qu'est-ce que t'aimerais faire dans la vie? Qu'est-ce qui te manque?», explique M. Blais.

Actuellement, son ministère n'a pas la capacité juridique d'obliger un premier demandeur à participer à ce type de rencontre. «On peut l'inviter, mais on a un problème avec le volontariat. Il y a beaucoup trop de personnes qui ne viennent pas. C'est un problème sérieux parce qu'on veut les aider et pour ça, on a besoin de les rencontrer. Mais on ne peut pas convoquer de manière à rendre obligatoire une rencontre d'évaluation. J'ai mentionné qu'on veut aller dans cette direction là. Si nécessaire, retenir le chèque de la personne, non pas le couper, jusqu'au moment de la rencontre», précise-t-il.

Celui-ci souligne que dans tout le Canada, seul le Québec, avec Terre-Neuve, n'oblige pas une rencontre d'évaluation alors que, dit-il, «rencontrer la personne et évaluer ses besoins, c'est la base».

«On veut que la personne définisse ses priorités avec de l'aide. Finir son secondaire 5, et il y a une bonification pour ça. Retourner au travail, les encadrer, utiliser des services comme le Carrefour jeunesse-emploi pour accueillir ces jeunes. Et un troisième parcours est possible, la pré-employabilité. Ils devront choisir entre ces trois parcours», affirme le ministre Blais.

«On leur demande de participer au minimum un an. Et s'ils ne participent pas, il y aura des coupes sur leur montant de base. On croit qu'il faut le faire pour stimuler vraiment la personne à progresser dans son cheminement. Il y a vraiment des opportunités, mais il faut stimuler un peu ces personnes-là, Si nécessaire, il y aura des bonifications, mais si nécessaire, des conséquences, s'ils se retirent trop rapidement du programme», a-t-il tenu à spécifier.

À son avis, «s'ils viennent nous voir, si on les encadre, nos chances de succès augmentent de façon très importante». «Je ne dis pas qu'on va réussir pour tout le monde. Mais on sait très bien que quand on les rencontre et qu'on les accompagne avec différents organismes en employabilité, on sait qu'on peut les amener vers un retour aux études ou un emploi», ajoute M. Blais.

Par ailleurs, le projet de loi 70 comprend deux autres volets. Le premier est plutôt administratif alors qu'il vise à clarifier le statut d'Emploi-Québec et le développement futur de Services Québec.

«La deuxième partie, c'est la capacité pour la Commission des partenaires du marché du travail de faire des demandes en termes de besoins de main-d'oeuvre au ministère de l'Éducation et l'obligation du ministère de répondre à ces demandes. Il y a une obligation très claire que l'éducation doit aussi s'occuper de l'adéquation formation-emploi», fait-il savoir.

Et à cela viennent s'ajouter des modifications à la loi de la formation de la main-d'oeuvre, cette obligation des entreprises d'investir au minimum 1 % de leur masse salariale en formation. Le nouveau cadre législatif permettrait aux entreprises de faire reconnaître leurs dépenses de stages et des bourses d'attraction seraient possibles dans des secteurs d'activités économiques où il y a pénurie de main-d'oeuvre.

«C'est un changement assez important pour que les entreprises participent davantage à la formation et que ces dépenses soient reconnues», a-t-il conclu.

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