Une école d'été pour parler des énergies renouvelables

Simon Barnabé, professeur à l'UQTR, Olivier Naef, de... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Simon Barnabé, professeur à l'UQTR, Olivier Naef, de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale, Évelyne Thiffault, professeure à l'Université Laval, Thierry Villemin, de l'Université de Savoie Mont Blanc, et Nancy Déziel, conseillère de la Ville de Shawinigan.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Ville de Shawinigan et l'Université du Québec à Trois-Rivières sont les hôtesses, jusqu'au 23 août, de la deuxième édition de l'École internationale d'été sur les énergies renouvelables. La toute première s'était tenue à Évian-les-Bains, en France.

L'événement, d'une durée de 10 jours et qui prendra fin le 24 août, regroupe quelque 25 étudiants de France, de Suisse, de Belgique, d'Afrique et du Québec.

Cette école est organisée en collaboration avec l'Université Savoie Mont Blanc, la Haute école spécialisée de Suisse occidentale et l'Institut international d'ingénierie, de l'eau et de l'environnement.

«Quand on fait de la recherche, quand on fait du développement, de l'enseignement et des échanges internationaux, c'est toujours très bon pour les étudiants», indique le principal organisateur, le professeur Simon Barnabé de l'UQTR.

Les participants vont repartir avec des connaissances à jour au sujet des différentes formes d'énergies renouvelables, indique-t-il.

Les spécialistes se succèdent toute la semaine afin de livrer les plus récentes connaissances en matière d'énergies renouvelables, dont l'énergie solaire photovoltaïque, le solaire thermique et les techniques de construction permettant de recourir à de moins grandes quantités d'énergie pour se chauffer et se rafraîchir, l'hydrogène énergétique, les batteries électriques pour les véhicules et bien entendu, toute la question de la bioénergie, un sujet qui connaît des avancées dans la région forestière de La Tuque notamment.

Une des conférencières au menu, la professeure Évelyne Thiffault de l'Université Laval, estime que pour assurer la transition du pétrole et du charbon vers des énergies moins polluantes, il faut «un écosystème de solutions», c'est-à-dire un éventail de diverses sources énergétiques.

La biomasse, au Québec, a un avenir prometteur et pourrait occuper un pourcentage important de notre portefeuille énergétique, dit-elle, mais elle ne peut répondre à tous les besoins.

L'usage de la biomasse comme source d'énergie a suscité des réactions très négatives, au cours des dernières années, du côté des groupes environnementaux qui y voient un acte de destruction des écosystèmes, voire un crime contre l'humanité, rappelle la chercheuse. Ces réactions sont principalement survenues lorsqu'on s'est mis à cultiver d'immenses superficies de maïs pour faire de l'éthanol et lorsque des tourbières entières ont été détruites, à Bornéo, pour créer des monocultures de palmiers.

La professeure Thiffault reconnaît que des erreurs ont été commises «et l'on va sûrement en commettre d'autres», avoue-t-elle humblement. La conférencière invite toutefois à s'appuyer solidement sur la science afin d'anticiper la portée des gestes qui seront posés pour exploiter la biomasse forestière à des fins énergétiques.

À cet effet, propose-t-elle, il faut augmenter le rendement des cultures par diverses techniques, comme la sélection génétique, valoriser les terres négligées, comme les sols salins par exemple et faire des aménagements forestiers durables.

Les résidus forestiers, c'est-à-dire les branches rejetées lors de l'abattage ou les arbres trop petits, brûlés partiellement ou malades, représentent une biomasse importante. Toutefois, les chercheurs ont à l'oeil l'impact du prélèvement de ces résidus puisqu'ils constituent une source d'éléments nutritifs importante pour le sol et les végétaux.

Y a-t-il des risques d'en prélever trop? À ce sujet, les analyses se multiplient. Jusqu'à présent, les chercheurs constatent que les impacts sont plus importants dans les sols sablonneux et pauvres en matières organiques. Il existe des cartes pan-canadiennes qui mentionnent ces zones où il vaut mieux faire usage du principe de précaution, explique la professeure Thiffault.

Pour l'instant, la recherche à ce sujet a accumulé 35 ans de données. Toutefois, comme le signale la chercheuse, le cycle de la forêt boréale est de 70 ans. Il faut donc demeurer vigilant.

Chose certaine, c'est que les scientifiques estiment en savoir assez pour affirmer que le respect des contraintes environnementales qui sont imposées dans la gestion de la biomasse forestière, au Québec, n'auront pas d'impacts catastrophiques sur les revenus des producteurs de biocarburants. La biomasse actuelle est rentable, malgré les contraintes environnementales, assure-t-elle, d'autant plus qu'elle n'est prélevée que très partiellement.

Quoi qu'il en soit, la biomasse forestière est une des approches fort intéressantes pour négocier la transition énergétique qui s'amorce. «L'idée, c'est de faire mieux que ce que l'on fait présentement», plaide-t-elle en faisant référence à nos émissions de CO2.

Le Québec, avec ses vastes forêts, est une mine pour la biomasse forestière, mais des avancées toutes aussi intéressantes se font aussi avec d'autres types d'énergies ici, notamment avec l'hydrogène et dans d'autres pays. Pouvoir partager les approches de chacun durant l'école d'été internationale «nous ouvre vraiment l'esprit et ça donne à réfléchir», estime le professeur Barnabé.

L'École internationale d'été sur les énergies renouvelables est soutenue par la Ville de Shawinigan, l'UQTR, le CNETE, BioFuelNet, BioÉnergie La Tuque et l'Institut de la francophonie pour le développement durable.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer