Des vêtements de la Garde côtière faits d'asclépiade

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L'entreprise Protec-Style a décroché un contrat de près de 500 000 $ pour l'essai de vêtements isolés à l'asclépiade.

Jardin botanique de Montréˆal

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(Trois-Rivières) La commercialisation de l'asclépiade poursuit son développement.

L'entreprise Protec-Style, une division de Fibre Monark, a décroché un contrat de près de 500 000 $ avec la Garde côtière canadienne pour l'essai l'hiver prochain de vêtements isolés avec les fibres de cette plante produite en grande partie dans la MRC de Mékinac.

Ce contrat de 507 000 $ permettra à l'entreprise basée en Estrie - mais qui utilise essentiellement les récoltes d'asclépiade de la région - de fournir 700 mitaines, 700 gants, 700 isolants pour coquilles (manteaux) et une centaine de combinaisons une pièce.

Il s'agit d'un contrat majeur qui permettra possiblement de lancer ce nouvel isolant, dont les premières récoltes à échelle industrielle auront lieu cet automne.

«C'est le démarrage, c'est le début de l'histoire. Ce contrat officialise la commercialisation du produit qui est prêt à être sur le marché», affirme en entrevue Nathalie Morier, directrice générale de l'entreprise Fibre Monark. «Il s'agit pour nous de notre plate-forme de départ.»

Les marins de la Garde côtière pourront par la suite donner leurs commentaires sur le produit. Ils auront la possibilité de dire à l'entreprise ce qu'ils ont apprécié dans l'isolant d'asclépiade et les points faibles de cette fibre.

Et Dieu sait que les marins de la Garde côtière canadienne sont confrontés à de rudes conditions météorologiques. L'essai de l'isolant à l'asclépiade dans ces conditions sera un bon laboratoire pour Protec-Style.

Si les essais sont probants, la commercialisation de l'asclépiade comme isolant thermique pourrait connaître un bel essor, notamment si la Garde côtière décide de l'utiliser davantage.

«Il pourrait y avoir une suite», se contente de dire Nathalie Morier.

Pour une première fois depuis le démarrage de cette filiale, on connaîtra cet automne la première production industrielle d'asclépiade dans la région.

Depuis cinq ans, les entreprises impliquées dans le développement de ce nouveau produit étaient en phase de recherche et de développement. Il faut dire que la plante prend trois ans avant d'atteindre une maturité et de produire ses premiers fruits. Jusqu'à maintenant, les évaluations des champs laissent présager une bonne première récolte industrielle.

Regroupés au sein de la Coopérative Monark, les quelque 80 producteurs d'asclépiade exploitent près de 2000 acres. Et le nombre de terres consacrées à cette culture, notamment dans Mékinac, est en augmentation constante. Chaque année, entre 400 à 500 acres supplémentaires sont consacrées à cette plante.

«Ce ne sont toutefois pas les 2000 acres qui seront prêtes à être récoltées cette année. Il y en a environ 1200 qui sont prêtes pour l'exploitation», précise la directrice générale de Fibre Monark. «Nous avons même une liste d'attente d'agriculteurs qui désirent démarrer la culture de l'asclépiade.»

Les producteurs de la Coopérative Monark envoient par la suite les récoltes à l'usine Encore 3 de Saint-Tite, où on développe également des produits absorbants à base d'asclépiade. Parallèlement, ces champs sont autant d'aires de reproduction du papillon monarque, dont la survie dépend de cette plante indigène.

La confiance du milieu politique et économique de la MRC de Mékinac favorise, selon Fibre Monark, le développement de cette fibre isolante.

Par ailleurs, l'appui de la Fondation David Suzuki avec sa campagne «L'effet papillon» qui encourage les plantations d'asclépiade pour la survie du monarque a donné beaucoup de visibilité à cette plante. «Il y a beaucoup d'intérêt sur l'asclépiade», se réjouit Nathalie Morier.

Jean-François Tardif, un alpiniste québécois, a récemment fait l'expérience de vêtements isolés avec de l'asclépiade lors d'une expédition sur le mont Everest le printemps dernier. Et l'expérience était concluante. L'alpiniste a eu, à certain moment, même trop chaud, tellement la fibre de l'asclépiade est un bon isolant.

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