Métayer mycologue recherché

Louis Lessard, pdg du Baluchon, tient un plat... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Louis Lessard, pdg du Baluchon, tient un plat de produits réalisés à partir de champignons forestiers.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Paulin) La Filière mycologique de la Mauricie et Le Baluchon lancent conjointement un défi entrepreneurial grâce auquel ils espèrent dénicher un entrepreneur ou un groupe d'entrepreneurs pour faire la mise en valeur des champignons forestiers.

Il s'agit d'une première au Québec selon Patrick Lupien, coordonnateur de Champignons forestiers de la Mauricie.

Cette perle rare, qu'on appelle un métayer mycologue, devra notamment développer des forfaits mycotouristiques, comme des randonnées-cueillettes et des ateliers de cuisine avec un chef pour les touristes intéressés par les champignons forestiers.

Le gagnant du défi devra aussi développer la mise en marché du champignon forestier et donc mettre aussi en place un atelier de conditionnement de ces champignons pour toute la zone du sud-ouest de la Mauricie.

Le défi est ouvert à tous, partout au Canada. Les mises en candidature se terminent le 30 septembre.

La proposition gagnante remportera un partenariat d'affaires avec Le Baluchon.

«On a 1200 acres de terres, dont 70 % en forêts. On a développé beaucoup de partenariats pour créer de petites entreprises en écotourisme et en tourisme rural», rappelle Louis Lessard, pdg du Baluchon.

M. Lessard raconte qu'il y avait de la demande pour le tourisme mycologique, en particulier du côté des touristes européens, d'où l'idée de lancer ce concours afin de créer un service qui répondra à cette demande.

Les aspirants entrepreneurs devront répondre à des exigences multiples. Outre la création d'activités mycotouristiques, ils devront aussi commercialiser le bois ainsi que le bois de design, de même que d'autres produits forestiers non ligneux.

Les détails du concours, pour les intéressés, se trouvent au www.mycomauricie.com.

Laurier Mongrain, représentant du Syndicat des producteurs de bois, un des promoteurs du projet de mycologie forestière, indique que cette production est à l'état de «débroussaillage un peu partout au Québec. Ce qu'on tente de faire, c'est de créer un produit à grand échelle», dit-il.

«En Espagne, pour aller cueillir les champignons, il faut un permis et l'on se querelle pour avoir les territoires» alors qu'au Québec, dit-il, la mycologie est très peu connue.

«Nos parents nous disaient: "Ne touche pas à ça, ce n'est pas bon. Tu vas mourir". Donc, on a une culture de frayeur par rapport aux champignons alors qu'il y a de très bons produits en forêt», plaide-t-il.

Plusieurs intervenants régionaux, dont Louis Lessard, se sont rendus en Espagne pour y étudier le modèle de mycotourisme, dans ce pays.

«On a travaillé avec le Syndicat des producteurs de bois pour monter un modèle, ici au Québec, qui va nécessiter le premier centre de conditionnement en Mauricie», dit-il.

«Les cueilleurs, les marcheurs, vont pouvoir venir sur place et vendre leurs champignons ou faire un peu de formation pour être capables d'avoir la bonne identification des champignons», dit-il.

Contrairement aux petites entreprises qui ont germé au Québec pour cueillir et vendre les champignons forestiers, le projet du Baluchon vise une implication de tout le monde.

«Ce sont des touristes qui viennent cueillir les champignons. Ils pourront repartir avec une petite quantité et vendre le reste au centre de conditionnement qui peut alors les acheminer comme champignons frais dans les restaurants ou à des ateliers de transformation», explique M. Lessard.

Le Baluchon n'en sera pas à son premier partenariat entrepreneurial. On trouve déjà, sur ses vastes terres, un verger de noix et un producteur d'alpagas, par exemple, qui font partie de la Coopérative des fermes du voisinage du Baluchon.

Le candidat qui sera choisi sera entouré tant sur le plan financier que professionnel, promet M. Lessard.

«On va commencer par un projet pilote, avec une forêt pilote qui va être ici, mais par la suite, ce sera appelé à s'agrandir dans toute la Mauricie», dit-il.

Le défi entrepreneurial reçoit l'appui de plusieurs organisations, la MRC de Maskinongé y contribue pour 12 000 $, le gouvernement du Québec, pour 5430 $ et Tourisme Mauricie, pour 2000 $. La SADC accompagnera les équipes dans le développement de leur projet d'affaires.

Notons que cinq candidatures seront retenues par un jury composé d'experts qui évaluera les idées de chacun. La finale aura lieu le 6 octobre et le nom de l'équipe gagnante sera annoncé le 30 novembre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer