Renouveau économique en Mauricie

Le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin,... (Francois Gervais, Le Nouvelliste)

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Le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin, voit d'un bon oeil l'évolution de la situation économique régionale.

Francois Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Il se passe vraiment quelque chose dans la transformation alimentaire en Mauricie. La croissance est plus forte que la moyenne du Québec.»

Voilà comment le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin, a accueilli l'annonce d'un investissement de 80 millions de dollars à Yamachiche, qui va créer 350 emplois sur le site de l'usine ATrahan.

Une bonne nouvelle qui, selon lui, s'inscrit dans le renouveau économique qu'il observe dans la région.

«Même si les gros projets n'ont pas l'air d'aboutir, l'emploi se maintient. Ça veut dire que ce sont les PME qui prennent le relais graduellement avec deux employés ici, cinq emplois là», croit-il.

Celui-ci se rappelle qu'à la fermeture de Gentilly-2, les gens disaient qu'il fallait trouver le moyen d'attirer une grande entreprise, une multinationale, pour compenser.

«Il n'y a plus personne qui est dans cette mentalité-là. On a des belles PME, on les développe. À Shawinigan, ils ont leur stratégie de diversification économique, un centre de l'entrepreneuriat. À Trois-Rivières, il y a tout ce qui touche au tourisme, l'Amphithéâtre. On travaille sur nos propres atouts. On veut aller de l'avant», affirme M. Laurin.

Pendant ce temps, dit-il, à Bécancour, le maire travaille aussi à développer l'esprit entrepreneurial même s'il peut toujours compter sur un parc industriel pour accueillir les grandes usines.

«Et cette entente avec Innovation et Développement économique Trois-Rivières est extraordinaire, car il s'agit vraiment d'une zone économique naturelle», tient-il à souligner tout en saluant l'implication des chambres de commerce dans le développement économique.

D'ailleurs, le chercheur à l'Institut de recherche sur les PME plaide depuis longtemps pour une cohérence régionale.

«On en a besoin, on la voit en train de se construire. Les élus régionaux parlent beaucoup de concertation régionale, ce qui n'était pas nécessairement le cas. Ça fait partie des choses positives», s'est-il plu à rapporter.

Le spécialiste trace un parallèle avec ce qui s'est passé au Centre-du-Québec. «Il y a une quinzaine d'années, ils ont goûté à ça, ils ont touché le fond et maintenant, c'est l'un des tissus entrepreneuriaux les plus dynamiques au Québec. Je pense que ça va être la même chose en Mauricie. On a touché le fond il y a à peu près deux, trois ans. Là, on voit nos forces et on remonte graduellement», confie M. Laurin.

Dans la foulée du partenariat économique Mauricie-Rive Sud créé l'an dernier, un diagnostic sectoriel de transformation alimentaire est en cours de réalisation. «Ça veut dire qu'on a suffisamment d'entreprises pour avoir des données nécessaires à un diagnostic», fait remarquer l'un des artisans de GROUPÉ.

Outre les abattoirs, cette filière regroupe «beaucoup de petites choses dans toutes sortes de secteurs qui sont, en apparence, très différentes», telles que des microbrasseries, des boulangeries industrielles et même des fabricants de bonbons.

«Le défi sera de voir sur quoi on peut travailler collectivement. Déjà, lors d'une rencontre préparatoire, des choses sur lesquelles on pouvait travailler ensemble ont émergé, comme réunir des microbrasseurs, notamment au niveau de la distribution», a confié M. Laurin.

Pour l'automne, GROUPÉ veut avoir six à sept tables sectorielles effectives, mais trois d'entre elles sont déjà fonctionnelles: la table des technologies de l'information, qui a tenu un événement, la table des arts et de la culture, qui a dévoilé une étude sur les impacts économiques, et la table transport-logistique-entreposage-aéronautique qui a déjà eu plusieurs rencontres. «On veut essayer de développer la Mauricie comme plate-forme multimodale», précise-t-il.

Outre la table de transformation alimentaire et celle relative au secteur métallique, il y a aussi la table énergie-énergie verte-technologie verte à laquelle se rattachent une entreprise comme Marmen, dans l'éolien, et les fabricants de bornes électriques.

«On a également deux projets transversaux, parce que ça touche tous les secteurs d'activités, soit un premier sur l'attractivité de la main-d'oeuvre et un second sur le développement de petits outils pour permettre aux chefs d'entreprise de présenter la région au hasard de leurs rencontres. Ce sont nos meilleurs ambassadeurs quand ils font des affaires à l'extérieur de la région», conclut celui pour qui GROUPÉ représente un modèle unique de mise en oeuvre de projets de développement économique pour les entreprises.

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