Trois-Rivières en bonne santé

Les travaux de modernisation du port de Trois-Rivières... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Les travaux de modernisation du port de Trois-Rivières figurent sur la liste des bons coups relevés par le Conference Board du Canada.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après six années difficiles au cours desquelles le PIB réel de Trois-Rivières a diminué de 0,1 % en moyenne sur une base annuelle, la ville a enregistré en 2015 son meilleur rendement économique depuis 2008.

C'est ce qui ressort de la dernière Note de conjoncture métropolitaine du Conference Board du Canada.

Le secteur manufacturier, les services commerciaux et financiers de même que le secteur des assurances et de l'immobilier ont connu une forte activité, ce qui a entraîné une croissance de 1,5 % du PIB réel. Cette progression généralisée a été alimentée par une série de créations et d'agrandissements d'entreprises.

«Heureusement, l'économie locale devrait poursuivre sur cette lancée», peut-on lire dans le rapport. Selon les prévisions, le PIB réel augmentera de 1,3 % en 2016 et de 1,4 % en 2017. «Ces perspectives économiques auraient été encore meilleures si ce n'était des retards et possibles annulations de certains grands projets», a-t-on souligné, évoquant les cas d'IFFCO, de Stolt LNGaz et Quest, du côté du parc industriel de Bécancour.

D'ailleurs, la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 est encore prise en considération dans l'analyse du Conference Board. «La production primaire et celle des services publics continuent d'en vivre les conséquences alors que ces secteurs sont partis pour enregistrer une baisse pour une sixième année consécutive», fait-on remarquer.

Malgré tout, après avoir connu un déclin pendant sept années d'affilée, le secteur manufacturier local s'est ressaisi et a affiché une croissance durant trois années consécutives, comprenant l'essor de 5,3 % enregistré en 2015. Déjà, dans le rapport, on parle de l'acquisition de La Fernandière par Olymel. Or, c'est sans compter évidemment l'impact de l'annonce toute fraîche d'une usine de classe mondiale à Yamachiche qui entraînera la création de 350 emplois.

Autres bonnes nouvelles pour le secteur: l'agrandissement d'entreprises locales telles que Fromagerie L'Ancêtre, 1200 Degrés et Inter Clôtures. Enfin, la construction du pont Champlain à Montréal donnera un coup de pouce aux fabricants d'acier de Trois-Rivières.

Des entreprises comme Acier ATR et Marmen ont déjà reçu des contrats pour construire certains éléments du pont. Dans l'ensemble, l'activité manufacturière à Trois-Rivières devrait augmenter de 2,8 % en 2016 et de 2,3 % en 2017.

Selon le Conference Board, le marché du travail de Trois-Rivières a «le vent en poupe». Après avoir bondi de 4,2 % en 2014, l'emploi a augmenté d'un 3,3 % supplémentaire l'an dernier.

«Cependant, ce rythme de création d'emplois est insoutenable. Par conséquent, l'emploi devrait inscrire une progression plus modeste cette année, soit de 1,1 %, avant la baisse de 2,6 % prévue en 2017», prévient-on. Quant au taux de chômage, il devrait passer de 6,6 % en 2015 à 7,2 % en 2017.

Après une baisse abrupte du nombre de mises en chantier l'an dernier, la construction résidentielle se stabilisera cette année et croîtra lentement par la suite. Inquiets des stocks élevés de logements, les constructeurs ont limité leurs travaux à 500 unités en 2015, le plus bas niveau de mises en chantier depuis 2001.

Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le marché du logement à Trois-Rivières est en période d'adaptation et la demande s'oriente vers des unités déjà construites. «Nous anticipons donc que le nombre de mises en chantier demeurera relativement stable, soit à 505 unités cette année, avant de remonter à 600 l'an prochain», fait-on savoir.

Les pronostics concernant la construction non résidentielle demeurent positifs, malgré les retards des grands projets manufacturiers. La deuxième phase du plan de développement stratégique de l'Administration portuaire de Trois-Rivières, Cap sur 2020, est en bonne voie de réalisation et devrait être terminée avant son échéance de 2018. La construction d'un nouveau centre de congrès et d'un nouveau colisée est aussi mentionnée par le Conference Board.

«Dans l'ensemble, le secteur de la construction devrait avancer de 2,1 % cette année et de 1,1 % l'an prochain», a-t-on appris.

Finalement, le secteur des services de Trois-Rivières a fait preuve de résilience au cours des dernières années, aidant à neutraliser le ralentissement marqué du secteur de la production de biens de la région.

«Heureusement, les activités du secteur des services resteront stables alors que les industries productrices de biens enregistreront une progression. En réalité, de nombreuses firmes de services bénéficieront de la conjoncture positive dans la fabrication et la construction, vu l'augmentation de la demande relative à la consommation intermédiaire de services dans ces secteurs», retrouve-t-on dans le rapport.

Cette année, ce sont les services commerciaux et financiers, de même que les assurances et l'immobilier qui devraient être les moteurs de la croissance. À l'autre extrémité du spectre, les services non commerciaux - le plus important domaine de services à Trois-Rivières - ne connaîtront qu'une croissance modeste à court terme.

«Devenue un centre régional pour les soins de santé et de services éducatifs, la ville, qui a été touchée par les mesures d'austérité mises en oeuvre par le gouvernement de 2012 à 2015, connaîtra peu de répit à cet égard cette année. Dans l'ensemble, la production du secteur des services augmentera de 1,9 % cette année et de 1,5 % en 2017», a-t-on conclu.

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