Le taux de chômage chute à 6,1 % en mauricie

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L'économiste régional indépendant, Jules Bergeron, note une progression de l'emploi en région.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si le taux de chômage était au beau fixe à Trois-Rivières en juillet, à 7,1 %, la diminution de 0,9 point observée le mois dernier en Mauricie permet à la région d'afficher un résultat plutôt impressionnant de 6,1 pour cent.

«C'est un bas niveau rarement atteint par le passé», a d'ailleurs indiqué au Nouvelliste l'économiste régional indépendant, Jules Bergeron, qui rapporte une tendance à la baisse depuis le début de l'année, avec des taux successifs de 10,4 % en février, 8,1 % en avril et 7 % en juin.

Entre juin et juillet, l'emploi s'est accru de 1,6 %, ce qui correspond à une progression de 2000 personnes au travail, dont 1600 à temps plein. «C'est donc dire que l'effectif en emploi dans la région de la Mauricie se chiffrait à 127 500 personnes», fait-il savoir.

Et fait intéressant, le nombre de personnes en emploi ne cesse de progresser depuis le début de 2016. Par exemple, il s'affichait, sur une base désaisonnalisée, à 117 200 en février, puis à 119 800 en avril et à 125 500 en juin.

Que ce soit par rapport à juin 2016 ou à juillet 2015, la participation au marché du travail est en progression dans la région. Ainsi, le taux d'activité atteignait 60,2 % pour juillet en Mauricie, soit 0,3 point de plus qu'en juin, mais, surtout, une progression de 5,9 points depuis un an. Le taux d'emploi s'est amélioré de la même manière.

Comment peut-on expliquer cet afflux de participants sur le marché du travail? Il y a d'abord la nécessité de personnel saisonnier plus abondant, comme dans l'agriculture et au sein des activités reliées au tourisme.

«La tenue de plusieurs activités au chapitre des spectacles et des festivals attirent une clientèle à la fois locale, régionale et sans doute hors-Québec, compte tenu de la faible valeur du dollar canadien, du revenu plus limité des ménages et des familles qui décident de passer leurs vacances au Québec ainsi que l'effet des campagnes publicitaires et de marketing. De manière globale, c'est l'ensemble des activités de services qui en bénéficient», soutient le spécialiste.

Au chapitre industriel, la faible valeur du dollar canadien permet aux entreprises locales d'avoir un accès plus facile, du moins pour le moment, au marché américain. «Il n'y a pas nécessairement d'ajout d'emploi dans l'ensemble du secteur de la fabrication de la Mauricie, mais davantage une certaine stabilité, ce qui constitue en soi une amélioration», affirme M. Bergeron.

Selon lui, les entreprises manufacturières profitent de cette embellie pour d'abord et avant tout stabiliser leur niveau de personnel, accroître leur productivité, rogner sur les coûts et ce, avant d'embaucher de nouveaux travailleurs. «Ils veulent en plus s'assurer d'avoir un marché et une demande viable avant d'entrevoir la possibilité d'investir, car, rappelons-le, l'investissement manufacturier demeure faible dans la région», précise l'ancien professionnel chez Emploi-Québec.

Au pays, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour s'établir à 6,9 %, a fait savoir vendredi Statistique Canada. Après trois mois de peu de variation, l'emploi a diminué de 31 000 (-0,2 %) le mois dernier, a précisé l'agence fédérale.

L'emploi à temps plein a chuté de 71 000 de juin à juillet, alors que l'emploi à temps partiel a augmenté de 40 000. Comparativement à 12 mois plus tôt, l'emploi total a progressé de 71 000 ou de 0,4 %, et cette progression est entièrement attribuable au travail à temps partiel. Durant la même période, le nombre total d'heures travaillées s'est accru de 0,4 %. En juillet, l'emploi a baissé chez les jeunes de 15 à 24 ans, alors qu'il a peu varié dans les autres groupes démographiques.

Au Québec, l'emploi a peu varié et le taux de chômage était stable, se fixant à 7 %. Le niveau d'emploi dans la province est relativement stable depuis l'été 2015.

L'Alberta dépasse maintenant la Nouvelle-Écosse

Le taux de chômage en Alberta a atteint son sommet en 22 ans, dépassant même le taux de la Nouvelle-Écosse pour la toute première fois, selon les données de Statistique Canada dévoilées vendredi.

L'agence fédérale rapporte que le taux de chômage de l'Alberta s'est élevé à 8,6 % au cours du mois de juillet, son plus haut point depuis septembre 1994.

Il a même grimpé au-dessus du taux de chômage néo-écossais, qui se chiffre pour sa part à 8,4 %. Il s'agit d'une première depuis que Statistique Canada a commencé à compiler ces données, en 1976.

L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, soutient que le portrait de l'emploi en Alberta pourrait s'avérer encore plus sombre puisque les données récentes ne reflètent pas l'ensemble des répercussions de l'incendie de forêt de Fort McMurray.

À Calgary, le taux de chômage se situe également à 8,6 %, positionnant la capitale pétrolière du Canada au tout dernier rang des 33 villes sondées.

Du côté d'Edmonton, le taux de chômage est passé à 7,7 %, devenant le sixième plus élevé au pays.

L'Alberta a 49 000 emplois de moins qu'au même mois l'an dernier, lorsque le taux de chômage était estimé à 6,2 %.

Avec la collaboration de La Presse canadienne

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