Terrasse en porte-à-faux: des avis toujours divisés

Les travaux de construction de la terrasse en... (Olivier Croteau)

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Les travaux de construction de la terrasse en porte-à-faux à l'intersection des rues Des Forges et Notre-Dame au centre-ville de Trois-Rivières ont grandement fait réagir depuis les derniers jours.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Les travaux de construction de la terrasse en porte-à-faux du bar Le Manhattan, à l'intersection des rues Des Forges et Notre-Dame au centre-ville de Trois-Rivières, ont grandement fait réagir depuis les derniers jours, à la grande surprise du copropriétaire des cafés Morgane, Brian Illick. Celui dont le commerce se retrouvera désormais sous cette terrasse ne voit pas, pour sa part, d'un mauvais oeil la construction en cours.

D'ailleurs, dès que le chantier sera complété, M. Illick compte bien rouvrir la terrasse du Morgane situé à cette intersection, même si elle se retrouvera désormais sous cette nouvelle terrasse en construction. «Je trouve ça correct, la terrasse est très haute et on ne se sent pas encabanés en dessous. Par ailleurs, ça va protéger du soleil et des intempéries. Les clients, en général, finissent souvent par chercher l'ombre des parasols en bout de ligne», remarque-t-il.

Brian Illick ne cache pas que cet été de travaux n'aura pas été le meilleur au niveau des recettes de son café, d'autant plus que d'autres rénovations avaient été effectuées à l'intérieur avant. Mais il ne s'en formalise pas. «Nous avons connu ça à Shawinigan pendant deux étés avec les travaux sur la 5e Rue. Dans le commerce, il faut savoir qu'il y a des périodes creuses comme ça. Présentement, on ne fait pas nos meilleurs chiffres, mais ça va revenir. Si je n'étais pas prêt à faire face à ce genre de chose, je n'aurais jamais investi dans les cafés Morgane», confie-t-il.

Quant à l'esthétisme de la bâtisse ou à la conservation du patrimoine, un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre, M. Illick se dit un peu surpris de l'ampleur des réactions, lui qui considère aussi que le propriétaire de la bâtisse a réalisé un investissement qui permettra le progrès pour son commerce. «Chacun a droit à ses goûts. Personnellement, je trouve ça plutôt joli, d'autant plus qu'il va aussi refaire les vitrines et qu'esthétiquement, ce sera agréable. Maintenant, je pense qu'il faut aussi tenir compte de la réalité des commerçants qui cherchent à offrir un peu plus à leur clientèle. Un bâtiment totalement conservé qui est vide, ce n'est pas mieux. Ce n'est pas comme si le bâtiment était mis à terre, et plus de 75 % de la façade historique est encore bien visible, en plus qu'il y a un souci de ne pas avoir construit quelque chose de trop moderne. Je vois ça d'un bon oeil, et je serais très surpris que les gens boudent le Morgane à cause de ça», croit-il.

Patrimoine

De son côté, l'organisme Patrimoine Trois-Rivières, qui s'était prononcé contre le projet dans une lettre ouverte publiée au moment où le projet était soumis au conseil municipal l'an dernier, a réitéré sa position. Selon Philippe Charette, président de l'organisme, ce n'est pas tant l'allure visuelle de la construction qui pose problème, mais plutôt la façon dont on a choisi de modifier une réglementation existante qui vise à préserver le patrimoine.

«Le bâtiment n'est peut-être pas classé comme patrimonial, mais il faut voir plus loin que simplement la bâtisse. C'est un bien collectif que l'on choisit de préserver en se dotant de règles qui font que l'ensemble puisse se conserver et traverser les époques», constate M. Charette, qui ne cache pas son inquiétude face au précédent désormais créé.

Il a d'ailleurs sursauté en entendant certains élus municipaux vanter la qualité visuelle de l'aménagement, voulant que ce soit similaire à ce qui se fait à la Nouvelle-Orléans. «À La Nouvelle-Orléans, ces terrasses font justement partie du patrimoine, de la conservation du bien collectif. Nous ne sommes pas à La Nouvelle-Orléans, nous sommes à Trois-Rivières et nous avons notre style particulier pour se démarquer des autres. Si Trois-Rivières veut être audacieuse dans son développement, pourquoi devrait-elle ressentir le besoin de copier les autres», se demande Philippe Charette.

Loin de se positionner contre le développement économique, M. Charette estime plutôt qu'une telle décision doit faire l'objet d'une décision mûrement réfléchie et qui s'intégrera dans un ensemble, et non pas des décisions à la pièce au gré des besoins. «Personne ici n'est contre l'évolution, mais ça se passe dans un secteur patrimonial et historique. C'est très sensible et il importe que ce soit vu comme un ensemble», ajoute-t-il

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