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Le vieillissement de la population influencera le marché de l'habitation

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Selon la SCHL, la construction d'habitations neuves est appelée à ralentir à Trois-Rivières, mais le marché de la rénovation, lui, se porte plutôt bien.

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est plus un secret pour personne: la population du Québec est vieillissante. Ce phénomène est encore plus vrai en Mauricie, où la moyenne d'âge excède les 48 ans. Évidemment, ce trait démographique a des conséquences sur le marché de l'habitation. À Trois-Rivières, la situation immobilière est appelée à changer.

Un rapport de la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) intitulé «Le marché de l'habitation trifluvien de demain: une question d'âge» est paru plus tôt ce mois-ci. Dans ce document, la société d'État dresse les prévisions pour le secteur immobilier de Trois-Rivières en fonction de l'accroissement de l'âge de la population.

Selon Tania Bourassa-Ochoa, analyste de marché à la SCHL et auteure du rapport, trois facteurs importants vont entraîner une mutation du marché au cours des prochaines années.

Le premier élément de changement est le fait que la construction d'habitations neuves va vraisemblablement ralentir. La population de Trois-Rivières enregistre une croissance très faible. En ajoutant à ce contexte une population vieillissante, il ne fait aucun doute que la ville offre des conditions peu propices aux nouvelles constructions.

«La création nette de ménages va en diminuant. Cela va avoir des répercussions sur le besoin en nouvelles unités. On s'attend donc à un régime de construction un peu plus faible», explique Mme Bourassa-Ochoa.

Par contre, le bilan de Trois-Rivières est des plus positifs en ce qui concerne les rénovations. Cet aspect de la construction immobilière est le second fait marquant qui ressort de l'analyse du marché. Selon les prévisions du rapport, les travaux d'amélioration vont d'ailleurs compenser la chute anticipée des nouvelles constructions.

À ce sujet, l'auteure du rapport ajoute qu'une part importante de la population âgée souhaite demeurer à domicile. Aussi, il est souvent nécessaire pour ces ménages d'adapter leur propriété.

«Une part importante des ménages sont âgés de plus de 55 ans. Cette catégorie a des besoins plus particuliers, que ce soit des unités moins spacieuses, des logements de plain-pied, une proximité avec les services ou des ascenseurs, dans le cas d'appartements. Ces nouveaux besoins vont engendrer des dépenses en rénovation», précise Mme Bourassa-Ochoa. Quand il est question de rénovations, il faut également tenir compte de l'âge du parc de logements. À l'image de la population, les propriétés de Trois-Rivières se font elles aussi vieillissantes, et leur entretien représente un autre filon pour le secteur de la construction.

Le troisième aspect notable du rapport de la SCHL concerne la migration. Il faut savoir que l'accroissement naturel est négatif à Trois-Rivières depuis l'an dernier; autrement dit, il y a davantage de décès que de naissances sur le territoire de la ville. Ceci dit, les flux migratoires permettent de maintenir une croissance de population. C'est là que la situation devient intéressante pour le marché immobilier. Le fait est que les migrants qui arrivent à Trois-Rivières doivent se loger.

«Quand on regarde qui vient s'installer dans la région, parmi les personnes qui viennent d'autres régions du Québec, une personne sur deux est un baby-boomer. Ce sont des personnes qui ont fait carrière ailleurs au Québec et qui reviennent s'installer dans la région. Ça va alimenter la demande sur le marché de l'habitation», affirme Mme Bourassa-Ochoa.

Il est à noter que le prix moyen très abordables (146 500 $) des propriétés a de quoi attirer les gens de l'extérieur. Il est aussi intéressant de savoir que parmi les migrants de plus de 55 ans qui ont acheté une propriété à Trois-Rivières en 2011, la moitié n'a pas eu besoin de recourir au crédit hypothécaire.

Par ailleurs, la population trifluvienne préfère de loin la maison unifamiliale au condominium, puisque celle-ci répond à ses préférences et à ses besoins. Néanmoins, le rapport prévoit un engouement pour les résidences pour les personnes âgées dans les années à venir.

Mme Bourassa-Ochoa a confié qu'une prochaine publication portant sur les aspects économique et financier du marché de l'habitation trifluvien paraîtra cet hiver, afin de donner suite au présent rapport.

«La création nette de ménages va en diminuant. Cela va avoir des répercussions sur le besoin en nouvelles unités. On s'attend donc à un régime de construction un peu plus faible»

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