Projet de Gaz Métro: un BAPE pour des réponses

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Le coordonnateur du Comité vigilance Hydrocarbures de Trois-Rivières, Marc Brullemans.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Questions qui sont demeurées sans réponse lors des séances d'information. Absence d'Hydro-Québec comme cliente et de TransCanada comme fournisseur. Droit à une information plus complète: voilà autant de raisons qui ont mené à l'audience publique du BAPE amorcée lundi soir sur le projet de Gaz Métro à Bécancour devant une centaine de personnes.

Le promoteur envisage de construire et d'exploiter un lieu de stockage et de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le parc industriel et portuaire afin d'alimenter la centrale de TransCanada Énergie Ltée pour une durée équivalent à 100 heures par année. Et Hydro-Québec compte utiliser l'énergie produite par cette centrale en période de pointe hivernale, de la mi-décembre à la mi-mars. Or, le GNL serait stocké dans un réservoir d'une capacité approximative de 20 000 mètres cubes.

Le projet représenterait un investissement de 45 millions de dollars. Entre 120 et 180 travailleurs seraient requis en période de pointe de construction. L'exploitation de l'usine créera une dizaine d'emplois directs, dont quatre à cinq permanents, et quatre à cinq saisonniers de décembre à mars.

Selon un citoyen de Bécancour, Jean-Pierre Leduc, la dernière soirée d'information avait laissé planer le doute sur la pertinence réelle du projet.

«Des périodes de pointe hivernales, il y en a depuis longtemps au Québec. TransCanada est raccordée au réseau de gaz depuis sa construction. Alors, pourquoi n'a-t-elle jamais été mise en opération?», a-t-il soulevé dans sa requête d'audience, évoquant au passage les surplus en électricité et la mise en opération graduelle de La Romaine.

Pour sa part, le coordonnateur du Comité vigilance Hydrocarbures de Trois-Rivières, Marc Brullemans, dit avoir appris le 13 avril dernier que les camions citernes transportant le GNL emprunteraient l'autoroute 40 et le pont Laviolette et «qu'il n'existe pas de scénario du pire ou de procédure d'urgence si d'aventure un accident se produisait à l'entrée nord du pont, où se trouve déjà des installations de Gaz Métro».

Son groupe aimerait aussi que le mandat des audiences soit élargi alors «qu'il nous est clairement apparu que le projet, dont le promoteur est officiellement Gaz Métro Solutions, semble être plutôt une commande de la Régie de l'Énergie du Québec impliquant deux autres joueurs majeurs, TransCanada et Hydro-Québec».

De son côté, une citoyenne de Bécancour, Nicole Racine, considère que «la preuve n'a pas été faite qu'Hydro-Québec ne peut se passer de ce projet».

«Tant qu'un plan de réduction de consommation ne sera pas en place, il serait plus justifié d'investir 45 millions de dollars dans ce que l'on appelle les néga-watts», a-t-elle proposé.

À son avis, un tel projet n'a pas sa place dans un plan provincial de réduction des gaz à effet de serre. «Avoir le nez collé sur 100 heures de production d'électricité pour ne pas voir les autres problèmes, c'est l'arbre qui cache la forêt», a lancé Mme Racine.

La première partie de l'audience publique du BAPE se poursuit mardi après-midi, à 13 h, au Centre culturel Larochelle (4000, boulevard de Port-Royal). Les séances de la Commission sont diffusées en mode audio en direct sur le site Web du BAPE à l'adresse www.bape.gouv.qc.ca.

L'audience publique se déroule en deux parties.

En présence du promoteur et des personnes-ressources convoquées dans le but de répondre aux questions des participants, la première partie permet à la population et à la commission de s'informer sur le projet afin d'en prendre connaissance et de mettre en lumière tous ses aspects.

À l'occasion de la deuxième partie de l'audience publique, qui débutera le mardi 12 juillet 2016, à l'église multifonctionnelle (3025, avenue Nicolas-Perrot), la Commission recueillera l'opinion et les suggestions du public.

Elle entendra alors toute personne, tout organisme, tout groupe ou toute municipalité qui désire s'exprimer sur le projet, que ce soit sous forme de mémoire ou de présentation verbale.

La Commission d'enquête dispose d'un délai maximal de quatre mois pour accomplir son mandat. Le rapport du BAPE sera remis au plus tard le 12 octobre 2016, au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.

Par la suite, le ministre dispose de 60 jours pour rendre public le rapport. Les documents relatifs au projet sont mis à la disposition de la population à la bibliothèque de Bécancour (1295, avenue Nicolas-Perrot).

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