Marchés publics: la multiplication des pains

Les promoteurs des marchés publics de la région... (Sylvain Mayer)

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Les promoteurs des marchés publics de la région ont lancé leur saison vendredi matin, à Shawinigan. Il s'agit d'Alain Richard (Marché public de Shawinigan), Linda MacCulloch (Marché champêtre de Saint-Narcisse), Guy Fradette (Coopérative de solidarité agroalimentaire régionale de la MRC de Maskinongé), Élise Gauthier (Marché Mékinac) et Caroline Langlois (Marché public de Saint-Élie-de-Caxton).

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pourrait-il se créer, un jour, un circuit de marchés publics en Mauricie? Vendredi matin, les responsables de ces cinq entités dans la région ont procédé à un premier lancement collectif, à Shawinigan, dans un esprit de collaboration qui s'annonce fructueux.

L'événement rassemblait les responsables des marchés publics de Mékinac (Saint-Tite), Yamachiche, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Narcisse et évidemment, Shawinigan, le doyen du groupe avec l'amorce de sa 114e saison mais surtout, de sa 50e dans le quartier Saint-Marc.

Norman Houle, directeur régional du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, rayonnait en voyant cette moisson de marchés publics prendre leurs racines un peu partout dans la région.

«Je suis convaincu qu'il y a un paquet de gens qui vont apprendre qu'il existe cinq marchés publics en Mauricie», sourit-il. «Ensemble, ces marchés vont créer une dynamique et un achalandage positifs.»

M. Houle précise qu'au Québec, le nombre de marchés publics a doublé depuis 2007, passant de 65 à 130.

«Ce n'est pas une mode, mais bien une vague de fond», prédit-il. «À travers le monde, les sociétés cherchent à donner à leur population des produits dans lesquels elle se reconnaît.»

«J'ai commencé il y a 20 ans et à ce moment, il n'y avait pas de marché public dans la MRC de Maskinongé», explique Guy Fradette, président de la Coopérative de solidarité agroalimentaire régionale de la MRC de Maskinongé, qui regroupe les marchés Saint-Élie-de-Caxton et Yamachiche.

«La seule place où je pouvais aller, c'était au Marché Godefroy. Il n'acceptait que quelques marchands de la rive nord, ce qui était normal puisque ça avait été créé pour la rive sud. Aujourd'hui, en s'annonçant à cinq, ça montre aux gens qu'il y en a, des marchés publics en Mauricie!»

Chaque représentant a donné un aperçu des activités prévues au cours de la belle saison. Le marché public de Shawinigan demeure le seul du groupe ouvert à l'année. Celui de Yamachiche entreprendra ses activités ce 11 juin et enfilera tous les samedis jusqu'au 27 août. Le marché de Mékinac lancera ses activités le 25 juin et offrira ensuite ses produits un samedi sur deux, jusqu'au 1er octobre. Une activité spéciale est prévue le 4 septembre et l'endroit sera également ouvert durant le Festival western de Saint-Tite, du 9 au 18 septembre.

Saint-Élie-de-Caxton ouvrira son marché public tous les dimanches, à compter du 26 juin. Enfin, le Marché champêtre de Saint-Narcisse lancera sa toute première saison le 3 juillet.

Léger retard

Les producteurs acéricoles viennent de connaître une saison record en Mauricie, mais le printemps un peu tardif entraîne de légers retards chez certains producteurs. Rien de grave cependant, puisque pour le moment, tout indique que la qualité et la quantité seront au rendez-vous.

«Ça va relativement bien», observe Jean-Marie Giguère, président de l'Union des producteurs agricoles de la Mauricie. «Nous avons subi des baisses de températures au cours des derniers jours, mais ça n'a pas gelé. On touche du bois pour ne pas que ça se produise, parce que c'est l'élément mortel! Si ça ne gèle pas, des fraises de la région seront mises incessamment sur les tablettes.»

«Normalement, nos maraîchers arrivent vers la mi-juin, mais ils nous ont annoncé que ce serait une semaine plus tard, parce que la température n'a pas été clémente», confie Alain Richard, président du Marché public de Shawinigan.

«Si on se fie aux dernières années, la saison se prolonge», fait remarquer Linda MacCulloch, responsable du Marché champêtre de Saint-Narcisse. Dans ces circonstances, les départs tardifs se font moins ressentir.

«À Saint-Élie, nous n'avons aucune inquiétude, puisque les petits fruits sont sortis», fait remarquer Caroline Langlois, représentante du marché local.

Élise Gauthier, présidente du Marché Mékinac, se réjouit de constater que pas moins de 27 marchands se joindront au concept, après trois années exploratoires un peu partout sur le territoire. Saint-Tite s'est révélé l'endroit privilégié.

«Nous avons le devoir de faire découvrir nos producteurs, dont la vie n'arrête pas le 1er octobre, quand le marché ferme!», souligne Mme Gauthier.

Et Trois-Rivières?

Le directeur régional du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Norman Houle, souhaite vivement que dans un avenir pas si lointain, un promoteur de Trois-Rivières se joindra à ceux des marchés publics de la Mauricie pour le lancement d'une saison.

«On se parle régulièrement», sourit-il. «Parfois, j'entends des affaires et je texte à Yves (Lévesque). Il me parle de promoteurs... On sait qu'on va s'accrocher à un moment donné. On ne sait pas quand, ni vraiment où... La proposition du hangar no 1, ça me plaît. Quand on regarde les grandes villes du monde, on a été capable de prendre d'anciens bâtiments industriels, de les revamper et de les remettre à la population pour les utiliser dans la vie d'aujourd'hui. Je suis convaincu que l'agroalimentaire peut jouer un rôle là-dedans.»

M. Houle note qu'un marché à Trois-Rivières pourrait également être utilisé comme centre de distribution pour les producteurs locaux.

«Comme dans bien des régions, nous avons trop de camions sur l'autoroute», mentionne le directeur régional. «Nous avons un défi de distribution et de marché public d'envergure. À Trois-Rivières, nous avons des croisiéristes, un centre-ville qui a gagné des prix. Nous avons tout ce qu'il faut. De plus, je suis convaincu qu'un marché public à Trois-Rivières n'enlèverait absolument rien aux expériences des autres marchés.»

M. Houle convient toutefois qu'il faudrait établir un dialogue avec le Marché Godefroy, afin que les deux entités ne se nuisent pas trop. Mais auparavant, il faut trouver l'étincelle, résume-t-il.

«Ni le MAPAQ, ni la Ville ne sont des promoteurs», souligne M. Houle. «On veut qu'un promoteur arrive avec les bonnes idées, le bon endroit et le bon moment. Nous serons là!»

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