De la bière dans le presbytère de Saint-Stanislas

Isabelle Dupuis et Francis Boisvert donnent un avant-goût... (Stéphane Lessard)

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Isabelle Dupuis et Francis Boisvert donnent un avant-goût de la décoration.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Stanislas) Quand il fait beau et chaud, les portes du presbytère de Saint-Stanislas sont grandes ouvertes. On entend des bruits d'outils électriques et des effluves de peinture s'en échappent. Sur la galerie, des retailles de bois se mêlent aux câbles électriques et à la poussière de sablage. Depuis des mois, Francis Boisvert et sa conjointe, Isabelle Dupuis, passent 45 heures par semaine à décorer le magnifique bâtiment qu'ils ont acheté en octobre dernier de la fabrique. Les travaux achèvent et bientôt, il y aura de la bière dans le presbytère.

Le couple est en train d'y aménager ce qu'il convient d'appeler une «nano-brasserie».

«On va brasser 150 ou 160 litres à la fois, 10 000 litres par année dans quatre petites cuves tout au plus. Notre bière se vendra en fût», explique M. Boisvert. Ce sera de la bière du terroir, précise le couple, faite à partir de produits locaux, si possible, ou à tout le moins de produits cultivés au Québec.

C'est à l'étage supérieur que ça se passera. Au rez-de-chaussée, Isabelle Dupuis va transférer son restaurant que la famille opère de l'autre côté du pont depuis 1987. C'est la construction prochaine du nouveau pont qui est la cause première de ce déménagement au presbytère. «Jamais on aurait pensé d'acheter cette bâtisse avant», confie-t-elle.

Elle voit déjà les menus qui y seront servis, comme des burgers à l'agneau ou des sandwiches au fromage grillé, «une bonne bouffe», promet son conjoint.

Et la bière y occupera une place de choix. Déjà, leur restaurant offrait une gamme impressionnante de bières de microbrasseries et d'importation. Au presbytère, «on va avoir un inventaire d'une vingtaine de sortes de bière et on va essayer d'avoir des nouveautés, dont la bière produite à La Tuque où une microbrasserie s'est ouverte», raconte Francis Boisvert.

Malgré la bière, la place sera aussi familiale qu'un simple restaurant avec son ambiance de bistro et sa vaste terrasse pouvant accueillir 80 convives.

Le couple n'a rien gâché du côté historique du presbytère. L'architecture extérieure demeurera la même. À l'intérieur, on a valorisé les plus beaux éléments d'architecture, dont les corniches et les moulures. Des murs de pierre ont été libérés du crépi qui les cachait et les couches superposées de tapis, de recouvrement de vinyle et de peinture qui recouvraient les planchers de bois ont été arrachés à coups de très longues heures de patience.

Isabelle Dupuis et Francis Boisvert assurent que l'aspect... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Isabelle Dupuis et Francis Boisvert assurent que l'aspect extérieur ne sera pas modifié.

Stéphane Lessard

Le presbytère de Saint-Stanislas n'est pas tombé entre les mains de n'importe qui. Francis Boisvert et Isabelle Dupuis ont tous les deux un baccalauréat en arts. Ils ont l'oeil pour les couleurs et les aménagements originaux qui permettent de garder un pied en 1872 et un autre en 2016.

Le comptoir du pub à lui seul vaut le détour. Le bas du comptoir est fabriqué à partir des anciennes portes d'armoires de la cuisine et le dessus est tapissé de centaines de sous noirs coulés dans de la résine et qui brillent sous l'éclat des luminaires, au-dessus, dont les abat-jour sont faits de pots de peinture recyclés. Les bancs, eux, proviennent d'anciennes poutres.

«On a travaillé beaucoup avec des matériaux réutilisés», indique Mme Dupuis. Dans la salle de toilette des dames, c'est un vieux baril de bois qui sert de meuble pour le lavabo.

Des heures interminables ont été passées, l'hiver dernier entre ces murs, pour arriver au résultat final à et une ouverture prochaine, cet été. «On se demande ce qu'on va faire après», racontent les bricoleurs en riant.

Parmi leurs éclats de génie créatif, ils ont ouvert le plafond pour créer une mezzanine, au deuxième. Un luminaire magistral fabriqué à partir d'une vieille porte de bois récupérée et de grosses bouteilles de bière offre un coup d'oeil spectaculaire. Mais ce sont certains murs qui feront le plus jaser la clientèle. Des centaines de bouteilles de bières importées y sont alignées et exposées comme de véritables objets de collection.

Le nouveau commerce entend s'animer de bien des façons et devenir un lieu de relaxation, notamment durant les périodes intenses des finales de hockey ou du Super Bowl, puisque les murs chastes et silencieux du presbytère porteront plusieurs écrans géants pour les télédiffusions des matches.

Le couple entend commencer son aventure tranquillement, dans ce lieu paisible flanqué par l'église du village. Il espère que ses trois enfants adolescents, qui donnent déjà un coup de main, seront un jour intéressés à y travailler.

Le nom du nouveau commerce ne sera dévoilé que lors de son ouverture.

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