La SAQ n'en fait pas assez pour obtenir de meilleurs prix

Les façons de faire de la Société des alcools du Québec (SAQ) en matière... (La Presse)

Agrandir

La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Québec

Les façons de faire de la Société des alcools du Québec (SAQ) en matière d'achat font en sorte qu'elle n'a pas intérêt à négocier les meilleurs prix possibles avec ses fournisseurs, constate la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

La société d'État applique actuellement une politique de majoration - visant à couvrir ses frais et à verser des dividendes - dégressive. Dans certains cas, les majorations peuvent atteindre jusqu'à 131 pour cent, alors qu'en Ontario, les augmentations de la LCBO sont linéaires, à 71,5 pour cent.

Sans une augmentation des volumes de vente, la SAQ pourrait voir ses recettes diminuer de 215 millions $ en ajustant sa politique de majoration à celle de la LCBO, a souligné mercredi Mme Leclerc, en conférence de presse après avoir déposé son rapport 2016-2017. «Il y a un paradoxe et c'est pour cela que nous recommandons (à la SAQ) de revoir sa structure d'achat» a expliqué Mme Leclerc.

La vérificatrice générale a aussi pointé du doigt la politique d'achat de la société d'État qui, dans ses appels d'offres, ne détermine pas ses besoins en fonction du prix de départ chais - le prix d'origine - des bouteilles, mais plutôt avec une fourchette à l'intérieur de laquelle elle souhaite les vendre en magasin.

Ainsi, plus le prix d'une bouteille est élevé, plus le profit réalisé par la SAQ est important. En 2014-2015, la société d'État a versé dans les coffres de l'État 1,6 milliard $ en dividende et autres taxes. «C'est certain que c'est intéressant pour le gouvernement, a dit Mme Leclerc. On sait que le gouvernement a eu une augmentation des revenus de 64 pour cent de la SAQ au cours des 10 dernières années.»

La vérificatrice générale n'a pas voulu dire clairement si les demandes du gouvernement provincial pouvaient être à l'origine de cette situation et sur les moyens à mettre de l'avant par la SAQ pour changer ses façons de faire.

À son entrée au conseil des ministres, le ministre des Finances, Carlos Leitao, s'est montré étonné du constat de Mme Leclerc selon lequel le monopole d'État n'avait pas intérêt à négocier les meilleurs prix. «Ça serait une conclusion que j'aurais besoin (de me faire expliquer), a dit M. Leitao, sans même lire le rapport. Je ne suis pas son raisonnement.»

Pour sa part, le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, a accueilli favorablement les observations de Mme Leclerc, estimant qu'il était temps pour la SAQ de se pencher sur ses politiques d'achat. «Il y a moyen d'obtenir des prix plus faibles pour que cela se traduise à la fois par des prix plus faibles pour les consommateurs et des profits plus élevés», a-t-il dit.

La vérificatrice générale estime également qu'il y a matière à amélioration en ce qui a trait à l'obtention de rabais au chapitre du volume ou des revenus de positionnement en magasin. Mme Leclerc souligne également un déséquilibre entre l'achalandage dans les succursales de la SAQ et les heures travaillées par ses employés. Par exemple, les journées du lundi au mercredi représentaient 24 pour cent de l'achalandage de l'année, alors que les heures travaillées par le personnel pour la même période équivalaient à 37 pour cent.

Par ailleurs, la vérificatrice ne va pas jusqu'à remettre en question le monopole de la SAQ, contrairement à la Commission Robillard.

Questionné sur ce point, le ministre Leitao a simplement affirmé que la réflexion se poursuivait à ce sujet. «C'est un scénario qui est regardé bien sûr et qui nous avait déjà été suggéré par plusieurs personnes, a-t-il affirmé. Je ne peux pas et je ne vais pas m'engager à abolir ou ne pas abolir le monopole.»

Lacunes d'achats

Parmi ses autres constats, la vérificatrice générale pointe du doigt les contrats d'achats regroupés en technologies de l'information, qui ne donnent pas les résultats escomptés, soit les meilleurs prix possibles.

En se penchant sur deux contrats du Centre de services partagés de Québec (CSPQ), Mme Leclerc souligne que l'organisme a payé 60 $ de plus pour une tablette, soit 499 $, en février dernier, alors que le même produit était affiché à 439 $ sur le site Internet du fabricant en question.

De plus, le CSPQ n'a pas mis en place les mécanismes nécessaires pour s'assurer de l'absence de conflits d'intérêts de toutes les personnes concernées lorsque venait le temps de préparer des appels d'offres.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer