• Le Nouvelliste > 
  • Affaires 
  • > Le centre de congrès de Shawinigan passe aux mains de l'Auberge Gouverneur 

Le centre de congrès de Shawinigan passe aux mains de l'Auberge Gouverneur

Avec l'Auberge Gouverneur, le restaurant Pacini et le... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Avec l'Auberge Gouverneur, le restaurant Pacini et le centre de congrès de Shawinigan, la femme d'affaires Sonia Tremblay possède un complexe qui emploie 145 personnes.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Lorsqu'il s'est déplacé à Shawinigan pour annoncer l'arrivée d'un restaurant Pacini à l'Auberge Gouverneur le 9 décembre, le président de la compagnie avait décrit ainsi Sonia Tremblay, après une négociation de 18 mois: performante, exigeante et centrée sur les détails.

Le maire, Michel Angers, était assis dans la salle et il hochait de la tête en signe d'approbation. Il en connaissait un bout sur les talents de négociatrice de la propriétaire de l'Auberge Gouverneur puisque au même moment, la Ville et la Société de développement de Shawinigan entraient dans le dernier droit des négociations pour lui céder le centre de congrès.

L'investissement de 1,2 million de dollars pour attirer Pacini a beaucoup retenu l'attention depuis le début de l'année, mais la coriace femme d'affaires a réalisé un autre grand coup dans la même période. Pour un montant à peu près équivalent, soit 1,250 million $, elle a acquis le centre de congrès, des stationnements et divers terrains autour de l'immeuble.

La Société de développement de Shawinigan avait cédé, par emphytéose, le contrat de gestion du centre de congrès à la compagnie à numéros propriétaire de l'établissement hôtelier, en 1997. Cette entente a été annulée à la suite de la vente, devenue officielle le 17 décembre dernier.

Ce n'est pas tout. Compte tenu de tout ce qui se brassait, Mme Tremblay souhaitait obtenir un contrat de travail à long terme avec ses employés qui venaient d'adhérer à une nouvelle accréditation, la Fédération indépendante des syndicats autonomes. Défi relevé pour ceux qui travaillent à la restauration, la priorité dans le contexte, puisque la nouvelle convention collective couvre la période du 18 mars 2016 au 31 mars 2021. Les négociations se poursuivent avec le secteur hébergement.

La femme d'affaires a pris le contrôle de la situation en devenant l'unique actionnaire de l'Auberge Gouverneur en juillet 2015. Au cours des dernières années, elle avait refusé trois offres d'achat. Également propriétaire de l'hôtel Le Vincent à Québec, elle a longtemps cru que son avenir fleurirait dans la Vieille capitale, où elle a bien failli acheter un deuxième établissement en 2014. Aujourd'hui, Shawinigan occupe pas mal plus de place que prévu.

«À Québec, si je crée 150 emplois, je ne fais pas la différence», réfléchit-elle. «Ici, je peux la faire. Je sentais que je pouvais devenir un employeur de marque.»

En fait, l'Auberge Gouverneur et Pacini emploient actuellement 145 personnes, le double par rapport à l'an dernier à pareille date. Au moins un quart de million de dollars ont aussi été investis en formation pour le personnel, en équipements et pour le rafraîchissement de l'entrée principale de l'hôtel.

Centre de congrès

La possibilité d'attirer Pacini à Shawinigan a constitué un élément déclencheur, mais le bail emphytéotique avec la SDS pour le centre de congrès représentait l'éléphant dans la pièce. 

L'entente de gestion, incluant un loyer sur le terrain et une ristourne sur le chiffre d'affaires, devait être revue en 2020 et ce point d'interrogation agaçait la femme d'affaires.

«Je devais négocier des frais pour le futur sans savoir si ce serait rentable!», résume Mme Tremblay. «On voulait aussi des titres clairs. Pour le stationnement par exemple, la Ville déneigeait une partie et je devais déneiger l'autre. J'étais mêlée et pourtant, j'étais chez nous!»

Exténuants, les derniers mois ont toutefois rassuré Mme Tremblay. Son engagement dans la communauté risque même de s'accentuer.

«Je suis maintenant prête à regarder d'autres investissements à Shawinigan...»

On ne s'attendait jamais à entendre cela de la bouche d'une femme très critique à l'endroit de l'hôtel de ville, du Centre local de développement ou de l'Office de tourisme, foires et congrès parce que les acteurs n'avançaient pas à sa vitesse ou qu'ils adoptaient des orientations contestables. Même Robert Trudel, à la Cité de l'énergie, a goûté à son bouillant caractère.

«Aujourd'hui, je n'attends plus après personne», sourit-elle. «Je fais mes affaires, je travaille avec mon équipe. En quinze ans, on prend de la maturité! Et puis, une vague d'amour, ça fait du bien. Les gens de Shawinigan ont apprécié que j'investisse. La réponse est rassurante et j'en suis hyper heureuse!»

«J'ai confiance. CGI, c'est gros et ça bouge avec Nemaska. Les fermetures d'usines sont derrière nous. J'en ai souffert comme tout le monde, comme j'ai souffert pendant les travaux au centre-ville. Le changement de restaurant m'a aussi privée de revenus pendant trois mois. Mais je pense que j'ai reculé pour mieux sauter. Je fais partie de ceux qui vont regarder en avant pour vivre l'effervescence qui nous attend.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer