Des drôles de dames

La représentation féminine lors de la première mission... (Guy Veillette, Le Nouvelliste)

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La représentation féminine lors de la première mission économique de l'UMQ, photographiée à l'aéroport international Griffiss de Rome: Marie-Josée Primeau, Nancy Déziel, Vicki May Hamm et Soledad Bourque.

Guy Veillette, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Rochester) Les cinq villes qui ont participé à la dernière mission de l'Union des municipalités du Québec dans l'État de New York avaient délégué 29 personnes, comprenant des maires, des responsables de développement économique et des dirigeants d'entreprises. Sur ce nombre, on retrouvait... quatre femmes.

Simple concours de circonstances? Pas du tout, observe Martin Dupont, directeur de la Société de développement économique de Drummondville, qui a vécu bien d'autres missions au cours de sa carrière qui s'étend sur 28 ans, dont 20 comme directeur général.

«Dans le développement manufacturier, il y a encore beaucoup d'hommes», convient-il. «J'estime qu'il doit y avoir entre 10 % et 15 % de femmes (qui dirigent). Mais si on regarde les statistiques dans les écoles de génie et de management, avec le temps, ça va se refléter quelque part!»

Shawinigan et Magog avaient délégué chacune deux femmes à cette première mission économique de l'UMQ. Gatineau, Alma et Drummondville étaient représentées uniquement par des hommes.

Vicki May Hamm était la seule mairesse du groupe. Drôle de hasard, elle a rencontré trois femmes à la tête des villes visitées dans l'État de New York.

La mairesse de Magog reconnaît que le développement économique des municipalités demeure un monde d'hommes.

«La politique aussi!», sourit-elle. «Je ne me sens pas comme si je n'étais pas la bienvenue, mais je sais bien que j'évolue dans un monde d'hommes. Dans mon caucus à l'Union des municipalités du Québec, je suis la seule femme sur 26 maires!»

Elle sent que les obligations familiales pèsent toujours sur les épaules pour accéder à des postes de pouvoir, mais elle voit que la pression est devenue pratiquement aussi forte sur les pères.

«Quand on embauche des jeunes hommes, on constate que la conciliation travail-famille est devenue un enjeu pour eux aussi», remarque-t-elle. «Mais j'ai observé un autre enjeu: les femmes s'occupent beaucoup de nos parents vieillissants. On a encore du travail à faire!»

Soledad Bourque, présidente et chef de la direction du groupe Ixtrom, représentait aussi Magog dans cette mission. D'origine espagnole, elle considère que la société nord-américaine laisse une grande place aux femmes, particulièrement au Québec. Mais elle avoue qu'elle s'attendait à en voir davantage lors de la mission économique de l'UMQ.

«Le monde de la technologie est un monde d'hommes», constate-t-elle. «Il faut écouter son instinct. Au début, j'ai fait des erreurs comme tout le monde. J'ai pensé que je n'étais pas assez bonne, pas assez expérimentée. J'ai appris à écouter mon guide!»

«Il faut simplement avoir le courage de le faire, avoir de la confiance et de la persévérance», précise Mme Bourque.

Du côté de Shawinigan, Nancy Déziel, directrice générale du Centre national en électrochimie et en technologies environnementales et Marie-Josée Primeau, vice-présidente, ventes internationales chez Cognibox, en connaissent un bout sur la représentation féminine dans les délégations économiques et politiques. Les deux femmes n'ont ressenti aucun malaise au cours de cette mission à forte empreinte masculine.

«Est-ce que je me sens mal à l'aise par rapport à ça? Non. Est-ce que j'aimerais que les femmes soient mieux représentées? Oui!», défile Mme Déziel.

«On est sous-représentées pour diverses raisons, mais je ne pense pas qu'il faille cibler un coupable. Ça ne m'a jamais dérangée, parce que 90 % du temps, les gars sont très respectueux, gentils, ils nous font de la place. Ils constatent qu'une femme, ça amène une dynamique différente. Parfois, on rencontre des misogynes. C'est plate quand ces gens-là ont des postes de pouvoir!»

Pas d'excuses

De son côté, Mme Primeau ne perd pas son temps à compter le nombre de femmes et d'hommes dans ce genre d'activités. Son expérience lui dicte que dès qu'on veut, on peut.

«Les femmes sont très fortes en médecine, en ingénierie, où elles sont en majorité sur les bancs d'école», rappelle-t-elle. «Sur le plan de l'économie, du développement des affaires, c'est une autre sorte de bibitte. Pour un homme ou une femme, ça prend un leadership et beaucoup de persévérance pour réussir. C'est dans ton ADN ou ça ne l'est pas!»

Mme Primeau considère que les rengaines de contraintes familiales ne tiennent plus la route.

«La femme a zéro barrière, aucune frontière dans le monde pour accéder à des postes de direction», considère-t-elle. «J'ai fait des affaires au Pakistan, jusqu'à Riyad même, l'endroit le plus difficile d'accès pour une femme et j'ai été bien accueillie. Ne venez donc pas me dire qu'il n'y a pas de possibilité pour les femmes au Canada! Je n'achète pas ça.»

«C'est notre responsabilité, comme femmes, de se positionner pour avoir accès à ces postes. Nous sommes les architectes de notre vie.»

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