Croissance du chiffre d'affaires: les femmes moins performantes

De gauche à droite: Étienne St-Jean, professeur à... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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De gauche à droite: Étienne St-Jean, professeur à l'UQTR, Véronique Dargis, directrice régionale de Femmessor Mauricie, Véronique Perron, chargée de projet à la SADC Centre-de-la-Mauricie et Femmessor Mauricie et Sylvie Lavergne, directrice du développement et des communications à la SADC Centre-de-la-Mauricie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les femmes sont moins performantes que les hommes pour faire croître le chiffre d'affaires de leur entreprise. Elles passent en moyenne cinq heures de moins par semaine à travailler dans leur entreprise, ce qui a de l'influence sur les activités d'innovations qu'elles vont mener.

La cause de ce phénomène serait étroitement liée au fait qu'elles assument plus de tâches à la maison alors que les hommes entrepreneurs vont déléguer ces tâches à leur conjointe.

C'est ce qui ressort de deux études dévoilées mardi par la SADC Centre-de-la-Mauricie et Femmessor-Mauricie, la première ayant été menée conjointement avec le professeur Étienne St-Jean de l'Institut de recherche sur les PME de l'UQTR.

Ces deux études indiquent aussi que le facteur temps, le manque de liquidités et le manque de main-d'oeuvre qualifiée sont les principaux freins à la croissance pour les entrepreneurs, hommes et femmes, de la Mauricie. La peur de foncer s'ajoute à cette liste.

Le fait que les tâches ménagères puissent intervenir dans la performance entrepreneuriale des femmes, en 2016, a de quoi surprendre, à première vue.

«On a remarqué qu'il n'y avait pas un écart excessivement grand, au sens ou tout n'était pas délégué au conjoint et tout n'était pas assumé par les femmes», précise le professeur St-Jean. «C'est quand même près de l'équité, mais ce n'est pas l'équité et la différence est quand même significative», dit-il.

Le titulaire de la Chaire de recherche UQTR sur la carrière entrepreneuriale n'est pas surpris de ce résultat. «J'ai constaté que beaucoup de femmes en affaires démarraient justement pour avoir cette conciliation-là, pour avoir un équilibre de vie, en particulier lorsqu'elles ont des enfants. Le fait d'être en affaires, contrairement à avoir un emploi contraignant avec des horaires bien définis, leur donne cette flexibilité», analyse-t-il.

Toutefois «quand on leur demande si elles sont insatisfaites de leur situation, elles disent que non», précise Sylvie Lavergne, directrice du développement et des communications à la SADC Centre-de-la-Mauricie. «Et quand on leur demande si elles passeraient plus de temps dans leur entreprise, elles disent aussi non», ajoute-t-elle.

Il semble que les femmes souhaitent «s'occuper de leur famille, prendre un temps d'arrêt, avoir un meilleur équilibre et être plus performantes quand elles retournent dans leur entreprise», explique-t-elle.

Mme Lavergne croit que les femmes sont peut-être davantage en recherche d'équilibre que les hommes.

«On a contrôlé l'âge de l'entrepreneur, son niveau de scolarité, l'âge de l'entreprise, la taille de l'entreprise, le secteur d'activité et la forme légale de l'entreprise. Ce qui ressort, ce sont de légères différences sur certaines dimensions», explique le professeur St-Jean.

Pour Mme Lavergne, cinq heures de moins investis dans une entreprise, c'est beaucoup. «Travailler sur une stratégie d'innovation, une stratégie de croissance, ça n'a pas nécessairement d'impact dans ton entreprise maintenant, mais quand on a peu de temps, on gère le quotidien», signale-t-elle.

Maintenant que cette donnée est connue, la SADC Centre-de-la-Mauricie estime qu'elle est mieux positionnée pour orienter ses interventions, «par exemple, en développant une stratégie de croissance, en les accompagnant mieux», dit-elle.

Les femmes voient pourtant la croissance de leur entreprise de façon positive, «mais elles privilégient la stratégie du petit pas», explique Mme Lavergne.

«Les femmes vont se fixer des objectifs moins ambitieux», ajoute le professeur Saint-Jean, peut-être par intolérance au risque et à l'endettement, estime Mme Lavergne.

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